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    Industrie 4.0: Comment rattraper le train

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5635 Le 15/11/2019 | Partager
    Education, R&D, foncier, technologie, infrastructures, 5G, IA... Des défis multiples
    Productivité, excellence industrielle, RH... Des enjeux majeurs

    La «révolution» de l’industrie 4.0 impose un changement de paradigmes chez les industriels marocains.  Dans un contexte de digitalisation tous azimuts, d’open innovation et de mutations des habitudes de consommation mondiale...  La notion de production industrielle a complètement changé.

    La profonde métamorphose des chaînes de production met en relief de nouveaux défis majeurs chez les opérateurs économiques et producteurs. A la veille de 2020, nos industriels sont-ils en phase avec les défis qu’impose cette révolution?

    «L’industrie 4.0  ne se limite pas qu’au digital. C’est également la supply chain 4.0, le service 4.0, une organisation 4.0...», martèle un expert. My  Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie Verte et Numérique n’a pas manqué de rappeler les enjeux, mercredi 13 novembre au Global Industry 4.0.: «Le concept d’industrie 4.0 reste flou pour certains... J’ai peur qu’il soit galvaudé ».

    Qui dit industrie 4.0 dit implémentation de technologies innovantes (impression 3D, fabrication additive...), mais aussi l’investissement dans les infrastructures et technologies comme la 5G, l’intelligence artificielle, l’internet des objets ou encore la réalité augmentée, notamment pour des applications dans la logistique, supply chain... Mais aussi le développement de nouvelles normes.

    Qui dit Industrie 4.0 dit aussi robotisation. «Contrairement à ce que l’on pense, l’humain est un capital-clé à valoriser. Un peintre industriel deviendra maître- peintre pour d’une part apprendre les gestes techniques au robot, mais aussi contrôler la qualité du rendu et la finition», explique un industriel. L’Onudi table sur un gain de productivité de 25%, une réduction de la pollution de 25%, mais aussi des gains en efficacité, souplesse...

    En effet, avec la révolution numérique, les frontières entre le monde physique et digital s’amenuisent pour donner place à une usine interconnectée, dans laquelle les collaborateurs, machines et produits interagissent. Des modèles d’usines 4.0 marocaines dans l’aéronautique ont été présentés.

    Pour être en phase avec les nouveaux enjeux, «il faut que le plan d’accélération industrielle se transforme en plan d’accélération 4.0.  Cela passe par une implication plus forte des régions», explique le ministre de tutelle. Pour sa part, Moncef Belkhayat, vice-président de la région Casablanca-Settat a présenté une initiative qui reposerait sur la création d’une société de développement régionale s’inspirant des SDL: Des modèles d’usines 4.0 marocaines dans l’aéronautique ont été présentés. La société développera un centre de compétences et d’expertise sur l’industrie et le digital, géré par les Universités Hassan II et de Settat».

    Elle sera gérée par les industriels, avec des administrateurs indépendants tels que l’Ofppt, le ministère du Commerce et de l’Industrie... Et disposerait d’un budget de R&D cofinancé par la région et le ministère de l’Industrie pour booster l’innovation digitale chez les startups ou encore renforcer leur écosystème (accélérateurs, incubateurs, ...). L’enjeu est de booster le développement économique sur le territoire.

    Le changement de paradigme qu’impose l’industrie 4.0 est une équation à plusieurs variables qui passe par la digitalisation des process, le développement de ressources humaines de qualité de concert avec les universités et établissements de formation professionnelle..., la R&D, le foncier et les startups.

    Mais aussi le renforcement de passerelles entre industriels et universitaires, ou encore une exploitation éthique des données personnelles. Pour avancer sur ces chantiers, il faudrait également davantage d’implication de la gouvernance locale et une prise de conscience de l’impact des choix politiques. 60% des emplois de 2030 n’existent pas encore. De plus, 85% des emplois actuels disparaîtront dans 10 ans.

    C’est dans ce contexte décisif pour l’économie marocaine et son secteur manufacturier qu’a eu lieu un débat au parlement sur la nécessité d’enseigner en langues arabe ou amazigh. «Quelle sera l’importance de la langue anglaise pour ces métiers de demain...», s’interroge Moncef Belkhayat, vice-président de la région Casa-Settat.

    Les challenges de la formation sont multiples, à commencer par une meilleure adéquation formation-emploi. Sur ce chantier, les synergies entre industriels, universités et l’Ofppt méritent d’être renforcées.

    Pour la petite histoire...

    L’Industrie a connu plusieurs révolutions, dont la plus importante est celle de la deuxième moitié du 18e siècle (charbon). La seconde révolution a été marquée par l’introduction de l’électricité et la mécanique. Une troisième révolution a eu lieu au milieu du 20e siècle grâce à l’électronique, les télécommunications ou encore l’informatique. Le terme industrie 4.0 est apparu la première fois en 2011 au Forum mondial de l’industrie de Hanovre.

    M.Ko.

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