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    Economie

    Changements climatiques: De lourdes menaces pour l’agriculture africaine

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5630 Le 07/11/2019 | Partager
    Le coût d’adaptation pourrait atteindre 200 milliards de dollars/an d’ici 2070
    L’initiative AAA souhaite porter les projets d’adaptation de l’agriculture au rang des priorités

    Ce n’est pas pour rien que l’agriculture en Afrique reste au cœur de toute action en faveur du climat. En effet, pour l’Afrique seule, le coût d’adaptation au changement climatique représente 7 à 15 milliards de dollars par an d’ici 2020 et pourrait atteindre 35 milliards de dollars d’ici 2050 et 200 milliards de dollars d’ici 2070, même en supposant un réchauffement stabilisé en dessous de 2°C.

    « Les effets néfastes du changement climatique  font peser de lourdes menaces sur la sécurité alimentaire déjà fragile en Afrique, et impactent en particulier la petite agriculture, l’agriculture vivrière et les populations les plus vulnérables», souligne Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts.

    L’occasion était la 2e Conférence ministérielle annuelle de l’Initiative africaine d’adaptation aux changements climatiques (Initiative AAA) organisé à Benguerir à laquelle ont participé 20 ministres africains. A quelques semaines de la COP25, les ministres africains souhaitent porter les projets d’adaptation de l’agriculture au rang des priorités. Historiquement, l’agriculture n’a pas été assez priorisée dans la mobilisation internationale, souffrant d’un manque de financement considérable.

    Pourtant,  les conséquences des changements climatiques peuvent être désastreuses pour sa sécurité alimentaire. Le secteur qui emploie 70% de la main-d’œuvre du continent représente plus de 25% du PIB, rappelle Akhannouch. Portée  par le Maroc, l’Initiative AAA a été lancée lors de la COP22 pour relever trois défis auxquels doit faire face le continent -le financement, l’augmentation de la productivité agricole et l’augmentation du pouvoir de séquestration du carbone dans les sols africains.

    En trois ans d’existence, elle a réussi à inscrire l’agriculture africaine dans les agendas mondiaux des négociations climat. 7 pays (Maroc, Côte d’Ivoire, Mali, Congo, Ghana, Burkina Faso, Cameroun) ont été accompagnés pour la réalisation de plans nationaux d’investissement pour l’identification de portefeuilles de projets bancables d’adaptation de l’agriculture au changement climatique.

    Au Maroc, deux projets sont en cours de mise en œuvre. Le premier concerne l’adaptation au changement climatique dans les zones oasiennes au profit de 40.000 bénéficiaires. Le 2e projet cible 26.000 bénéficiaires et porte sur le développement de la filière de l’arganier dans trois régions vulnérables du Maroc (Souss Massa, Marrakech Safi et Guelmim Oued Noun).

    Partenariats

    Depuis janvier 2019, une Fondation triple A a vu le jour sous les instructions du Roi Mohammed VI. Présidée par Aziz Akhannouch, elle a pour mission, entre autres, de défendre la cause de l’agriculture africaine et de constituer une force de proposition auprès des pouvoirs publics africains. La fondation vient de conclure plusieurs accords de coopération avec différents partenaires. Ainsi, la FAO va aider les pays africains à développer des outils pour l’agriculture digitale climato-intelligente et de la formation sur l’accès aux financements verts. La BAD apportera son assistance technique pour le renforcement des capacités pour élaborer des plans d’investissements sur la période 2020-2025. De son côté, l’Alliance for a Green Revolution in Africa va aider les pays africains à mettre en œuvre leurs contributions déterminées au niveau national. Enfin, l’Université Mohammed VI Polytechnique, les Centres internationaux de recherche agricole dans les zones arides, pour l’amélioration du maïs et du blé et l’Inra vont élaborer un programme de recherche qui atténuera les effets du changement climatique sur le petit agriculteur.

    Badra BERRISSOULE

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