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    Digitalisation: Les actifs marocains n’y voient que du positif

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5629 Le 05/11/2019 | Partager
    Près des 2/3 sont optimistes quant à l’impact de la technologie sur leur travail
    83% sont prêts à se former pour améliorer leur employabilité
    Upskilling/reskilling, un enjeu majeur pour les prochaines années
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    Les travailleurs marocains semblent plus optimistes sur l’impact des évolutions technologiques sur leur emploi, comparativement à leurs homologues dans d’autres pays. Selon les experts de PWC, cela reflète un déficit d’information par rapport aux opportunités et risques de la digitalisation

    Intelligence artificielle, digitalisation, automatisation accrue des tâches… La révolution 4.0 est sans doute la plus rapide et la plus spectaculaire qu’à connue l’humanité. Les années à venir promettent des transformations profondes du marché du travail.

    De nouveaux types d’emploi (85% des métiers à l’horizon 2030 ne sont pas encore créés selon certaines études), d’autres détruits (les 2/3 sont menacés dans les pays en développement, selon la Banque mondiale), des postes réinventés… Les avis sont partagés entre enthousiasme et crainte quant aux conséquences de ces évolutions. Au Maroc, c’est plutôt l’enthousiasme qui l’emporte. C’est ce que révèle l’étude réalisée par PWC.

    Le cabinet de conseil en a livré les conclusions phares mercredi dernier à Casablanca, à l’occasion du lancement de son service «People & Organisation» au Maroc. L’étude a été menée auprès de 1.204 personnes au niveau local, et 22.094 à l’international (12 pays). 70% des sondés sont des hommes, 58% sont âgés entre 25 et 44 ans et 41% sont en situation d’emploi (20% sont étudiants, 36% sans emploi et 3% retraités).

    Selon les experts de PWC, 40% des travailleurs marocains pensent que leur travail sera impacté par les évolutions technologiques dans les 10 prochaines années. Tandis que la moitié (49%) estime qu’il ne changera pas. Néanmoins, la majorité (62%) perçoit l’effet des mutations technologiques sur son emploi comme étant positif. Seulement 4% se disent pessimistes.

    «Cette réaction est typique de pays en développement et émergents. En Europe, en revanche, uniquement 45 à 50% des sondés s’attendent à un impact positif, et 20% sont pessimistes», relève Karim Tazi, associé, leader People & Organisation Maghreb.

    Le niveau d’optimisme augmente avec le niveau d’instruction. Il est aussi plus marqué chez les employés de bureau (72%) et les managers et cadres (69%). Mieux encore, plus des trois quarts (77%) pensent que la technologie améliorera leurs perspectives d’emploi.

    Et ils sont prêts à se former pour acquérir les compétences leur permettant d’améliorer leur employabilité (83%). «Ils pensent majoritairement que le principal enjeu est celui des soft skills», précise Tazi. Cela dit, du côté des employés de bureau, 25% ne pensent pas avoir besoin de se former pour s’adapter aux changements technologiques.

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    58% des sondés marocains déclarent se former dans l’objectif d’améliorer leur maîtrise des outils technologiques. Mais peu peuvent compter sur leur employeur. Seuls 27% bénéficient d’opportunités de leur entreprise pour renforcer leurs compétences technologiques

     

    Les CEO préoccupés, mais…

    Dans un monde de disruption, la question des compétences devient plus que jamais centrale. Le upskilling (montée en compétence) et reskilling (requalification) deviennent essentiels. Les patrons en ont conscience. Ils s’inquiètent de plus en plus de la non-disponibilité des compétences clés. A l’échelle internationale, près de huit sur dix placent cette question parmi leurs trois sujets les plus préoccupants, selon PWC. Plus de la moitié sont persuadés qu’un déficit en compétences se traduira forcément par une incapacité à innover, un avantage concurrentiel décisif à l’ère de la 4e révolution industrielle. 46% des CEO sont aujourd’hui convaincus de la nécessité de mener des opérations de upskilling-reskilling.

    Au Maroc, même si les patrons sont plutôt conscients de tous ces enjeux, ils n’investissent pas suffisamment dans la montée en compétence de leurs collaborateurs. Selon l’étude PWC, seulement 27% des salariés bénéficient d’opportunités de leur employeur de renforcer leurs aptitudes (voir graphique). Les dirigeants semblent opter pour l’attentisme. Or, il est crucial d’agir en amont pour se préparer aux bouleversements qui arrivent à grands pas.

    Le changement, c’est d’abord une question de culture. «Auparavant, nous pensions qu’il suffisait de travailler sur la stratégie et le modèle opérationnel, mais ce n’est plus suffisant. Sans une culture de transformation, portée par le top management, aucun processus ne pourrait réussir», souligne Pierre-Antoine Balu, associé, leader People & Organisation. C’est donc d’abord aux dirigeants d’agir. 

    Ahlam NAZIH

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