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    International

    30 ans après Berlin, les murs se multiplient

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5629 Le 05/11/2019 | Partager
    Entre 70 et 75 barrières de barbelés dénombrés
    Pratiquement le tour de la terre: 40.000 km
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    Le mur de Berlin devait être le dernier mais, trente ans après sa chute, les barrières ne cessent de se dresser en réponse aux défis de la mondialisation (Ph. AFP)

    Mur de Trump avec le Mexique, barrière de sécurité entre Israël et la Cisjordanie… Et la prolifération des barbelés s’accélère encore partout dans le monde. Le mur de Berlin devait être le dernier mais, trente ans après sa chute, les barrières ne cessent de se dresser en réponse aux défis de la mon­dialisation.

    «Le 9 novembre 1989 a marqué ce que beaucoup espéraient être une nou­velle ère de coopération et d'ouverture transcendant les frontières», se sou­vient le Transnational Institute (TNI), un centre de réflexion basé à Amster­dam. «Trente ans plus tard, c'est l’inverse qui semble être survenu: le monde ré­pond aux problèmes de sécurité par des murs, la militarisation et l'isolement», renchérit l’institut danois dans son rap­port «Building Walls» (Construire des murs).

    «La vague d'optimisme a été de courte durée», confirme Alexandra No­vosseloff, chercheure senior à l'Inter­national Peace Institute de New York, relayée par l’AFP. «Les murs sont toujours là et se sont multipliés. Il y en a davantage au­jourd'hui qu'il y a 30 ans. J'ai décomp­té une vingtaine, soit le double qu'en 1989», précise Novosseloff. Elisabeth Vallet, politologue à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), en a, elle, dénombré entre 70 et 75 construits ou annoncés, contre 15 environ en 1989. Mis bout à bout, les murs existants s'étalent sur environ 40.000 kilomètres, soit la circonférence de la terre.

    Alors que la mondialisation avait fait espérer la disparition des frontières, elle a en fait suscité un choc de retour alimentant souverainisme et nationa­lisme qui affectionnent les barrières. C'est après le 11 septembre 2001 que les barrières se sont multipliées.

    «Les États membres de l'Union eu­ropéenne et de l'espace Schengen ont construit, depuis les années 90, près de 1.000 kilomètres de murs, soit six fois la longueur du mur de Berlin, afin d'empêcher l'entrée de populations déplacées», a évalué le TNI dans son rapport.

    Pourtant, les murs ne permettent pas d'enrayer les flux. Au contraire, ils contribuent à les rendre souterrains. Ils ne permettent pas d'enrayer le trafic, la majorité de la drogue entrant aux USA, par exemple, par des postes douaniers.

    Il ne faudrait ainsi pas confondre les actuels murs frontaliers destinés à contrôler les entrées, et l'ancien mur de Berlin, qui interdisait de sortir, d'où son nom de «mur de la honte», souligne Michael Rubin, chercheur à l'American Enterprise Institute, dans une déclara­tion à l’AFP.

    A.G.

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