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    Analyse

    La fonction publique continue de grever le budget

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5619 Le 22/10/2019 | Partager
    Le PLF 2020 prévoit la création de 23.112 postes budgétaires
    La masse salariale en hausse par rapport à l’année dernière
    L’Intérieur capte plus de 9.100 postes
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    Au cours de la période 2009-2019, la priorité a été accordée aux départements sociaux et de sécurité en matière de création de postes budgétaires. En effet, 71% des postes créés au cours de cette période ont été affectés aux ministères de l’Education nationale, de l’Intérieur et de la Santé

    La masse salariale continue de progresser. Pour 2020, les dépenses de personnel devront atteindre 119,68 milliards de DH contre 112,16 milliards de DH au cours de cette année, soit une progression de 6,7%. Cette enveloppe représente 9,88% du PIB, selon la note de présentation.

    En dépit de cette progression, le gouvernement continue d’embaucher. Ainsi, le PLF 2020 prévoit la création de 23.112 postes budgétaires, en plus des 15.000 enseignants que les Académies régionales d’éducation-formation comptent recruter au cours de l’année prochaine.

    Ces effectifs seront répartis sur les différents ministères et les institutions publiques. Toutefois, c’est le département de l’Intérieur qui se taille la part du lion en raflant 9.104 postes. Ce n’est pas la première fois qu’il arrive en tête dans ce palmarès.

    Défense, Santé, Education nationale...

    Depuis plus d’une dizaine d’années, les efforts de recrutements ont été concentrés notamment sur les services de sécurité. En effet, avec les attentats terroristes de 2003, les pouvoirs publics ont pris conscience de la nécessité de renforcer les ressources humaines dans ce secteur.

    Mais de manière générale, en termes de création de postes budgétaires au cours de la période de 2009-2019, la priorité a été accordée aux départements sociaux et de sécurité. En effet, 71% de ces postes ont été affectés aux ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, de l’Intérieur et de la Santé.

    Dans le détail, la structure de la répartition de ces créations fait apparaître le ministère de l’Intérieur avec 31,6% de postes créés au cours de cette période, soient 76.080 postes qui ont été affectés au ministère de l’Intérieur. Le but est de doter les différents services de sécurité de moyens humains nécessaires pour le maintien de l’ordre public et la sécurité des citoyens. Il est talonné par le ministère de l’Education nationale, qui accapare 28,8% des postes budgétaires créés, soient 69.364 postes affectés à ce département sans compter les recrutements des AREF. Le ministère de la Santé a également bénéficié de 25.800 postes, soit près de 10,7% du total au cours de cette période.

    L’Administration pénitentiaire et le département de l’Economie et des Finances ont été pourvus respectivement de 7.850 et 7.005 postes.Dans ce classement, l’Intérieur est suivi par le département de l’Administration de la défense nationale qui canalise 5.000 postes budgétaires. Vient tout de suite après, le ministère de la Santé avec 4.000 postes.

    Le ministère de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique aura droit à 1.069 postes budgétaires. A cette dotation en ressources humaines pour le ministère, les AREF vont embwaucher 15.000 enseignants. Cet effectif s’ajoute aux 70.000 recrutés au cours de ces dernières années (11.000 en 2016, 24.000 en 2017, 20.000 en 2018 et 15.000 en 2019).

    Les autres ministères sont mal lotis: les Finances à peine 750 postes, l’Administration pénitentiaire 500, l’Equipement 400 et autant pour les Habous et Affaires islamiques. Si le département de la Justice aura 250, la Cour royale 200, le CNDH 172, le reste des postes budgétaires est réparti sur les autres départements ministériels et institutions publiques.

    Toutefois, le chef du gouvernement est habilité à répartir 50 postes budgétaires entre les différents départements et institutions. En outre, à compter du 1er janvier 2020, il sera créé auprès du ministère de l’Intérieur 5.564 postes budgétaires pour les fonctionnaires relevant du budget des assemblées préfectorales et provinciales. Ils seront transférés au cours de l’année prochaine dans le cadre de l’opération de redéploiement desdits fonctionnaires au service de l’administration territoriale du ministère de l’Intérieur.

    Outre les postes mentionnés, 700 autres seront créés auprès de l’Education nationale, à partir du 1er janvier 2020, et destinés à la régularisation de la situation des fonctionnaires titulaires du diplôme de doctorat qui sont recrutés par voie de concours, en qualité de professeur-assistant conformément à la réglementation en vigueur. Seront supprimés, à la même date, les postes budgétaires occupés par les intéressés dans les départements ministériels ou institutions auquels ils appartiennent.

    Malgré ces efforts de l’Etat, la machine ne fonctionne pas très bien. L’un des problèmes rencontrés par l’administration est l’impossibilité d’organiser un seul concours pour les candidats de l’ensemble des ministères. Même s’il ne doit recruter que 15 personnes, chaque département organise son propre concours, avec la participation de plusieurs milliers de candidats.

    Imaginez le gaspillage au niveau de la surveillance, de la correction alors que l’idée est de mutualiser ces épreuves en organisant un concours unique pour chaque type de poste. Cette responsabilité peut être confiée à un seul ministère. Cela permettra de réaliser des économies et de gagner du temps. L’idée avait germé mais il a été impossible de la mettre en œuvre.

    Personnes en situation de handicap

    Il a fallu des pressions de toute part pour que le gouvernement commence à se réveiller. En effet, il a finalement décidé de mettre en application le quota de 7% en postes budgétaires qui sont dédiés aux personnes en situation de handicap. Celles-ci ont également droit au recrutement dans la fonction publique. Au titre de la loi de finances de 2019, en plus de ce quota, un geste a été fait en leur direction en leur consacrant 200 postes supplémentaires. Il faut reconnaître qu’un concours unifié pour le recrutement dans la fonction publique, tous secteurs confondus, a été organisé pour la première fois en décembre 2018. Cette opération s’était déroulée sous la supervision du département de la Fonction publique, aujourd’hui rattaché au ministère de l’Economie et des Finances. Pour pourvoir 50 postes d’administrateurs, ce sont pas moins de 1.012 candidats qui avaient postulé. Après étude des dossiers, 944 ont été acceptés pour le concours. Si 70% de ces personnes sont des femmes, 53% ont une déficience motrice, 44% visuelle et 2% auditive.

    Mohamed CHAOUI

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