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    Culture

    Le festival soufi de Fès au Sénat français

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5617 Le 18/10/2019 | Partager
    La 12e édition promue à Paris
    «Le Maroc, un exemple de multiculturalisme», témoigne Nathalie Goulet
    L’Andalousie à l’honneur du 19 au 26 octobre
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    Du beau monde pour célébrer la promotion du Festival de Fès de la culture soufie en France. Faouzi Skali, initiateur de l’événement, est entouré des amis du festival au Sénat à Paris, à l’invitation de Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne, présidente du Groupe interparlementaire d’amitié (GIA) France-Asie centrale (Ph. FS)

    Dernière ligne droite pour la promotion du Festival de Fès de la culture soufie (FFCS). L’événement qui démarre ce week-end vient d’être présenté au Sénat français, à Paris. Une rencontre que considère Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne, présidente du Groupe interparlementaire d’amitié (GIA) France-Asie centrale, comme «affirmation que l’islam  dans sa diversité- a toute sa place dans la République, que les musulmans de France -dans leurs diversités- sont des citoyens à part entière et non pas des citoyens à part». «Le culte musulman est parfaitement compatible avec la laïcité républicaine et peut s’inscrire sans difficulté dans le fonctionnement laïc des institutions», renchérit-elle.

    Intervenant dans une période particulièrement troublée de l’histoire de France, un moment où le choc des identités conduit à des chocs identitaires, ce festival, organisé en partenariat avec le groupe Eco-Médias, met en valeur la culture soufie. Et il est bon de rappeler l’importance des différences culturelles. Car celles-ci ne sont pas des disparités qui divisent mais au contraire des valeurs ajoutées qui rassemblent. De l’avis de la secrétaire de la Commission des finances, «le Maroc a toujours été un exemple en matière d’ouverture et de multiculturalisme».

    Un «précieux témoignage», selon Faouzi Skali, président du festival, pour qui la soirée du 11 octobre 2019 était aussi une occasion d’inviter le gotha français à venir découvrir l’âme de Fès et «célébrer un patrimoine vivant et matériel». Pour l’anthropologue, «le soufisme est sans doute l’un des patrimoines les plus riches et les plus diversifiés à travers le monde du Maroc jusqu’en Extrême-Orient, en Chine et dans le subcontinent indien». Il concerne des milliers de langues, d’expressions artistiques, littéraires, spirituelles et poétiques. Bien évidemment, un grand nombre de lieux, mausolées, zaouïa et ribats.

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    «Sa Majesté le Roi dans son discours introductif lors de la visite du Saint-Père le pape au Maroc a résumé une pensée profonde partagée par la majorité des musulmans de par le monde en s’exprimant ainsi contre l’extrémisme violent: “Ce que tous les terroristes ont en commun n’est pas la religion, c’est précisément l’ignorance de la religion”. La force du mot «ignorance» prend un sens particulier dans ce contexte. Luttons donc contre l’ignorance par l’éducation et la culture», a noté Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc en France (Ph. YSA)

    «On se souvient de la destruction il y a peu d’un grand nombre de mausolées de Tombouctou mais aussi au Mali de nombreux manuscrits, de traités qui sont de véritables objets d’art calligraphique, souvent uniques, dans les fameuses bibliothèques du désert», déplore le patron du FFCS. Et de tempérer: «Ce dont on prend à peine la mesure aujourd’hui c’est que le soufisme n’est pas seulement une mystique profonde et poétique exprimée par des œuvres universelles comme celles de Rumi ou Ibn Arabi, mais il est aussi un patrimoine universel de l’humanité, de toute l’humanité, quelles que soient ses convictions ou ses appartenances religieuses».

    De son côté, Chakib Benmoussa, l’ambassadeur du Maroc à Paris, a noté que «les traditions soufies font partie aux côtés de la Commanderie des croyants et du rite malékite des fondements du modèle cultuel au Maroc. «Ces piliers à caractère cultuel et culturel nous préservent des dérives des modèles importés», souligne le diplomate.

    Prévue du 19 au 26 octobre, la nouvelle version célébrera «La culture soufie, un humanisme spirituel pour notre temps». Elle promet des moments de créations musicales, réflexions et partage mémorables au fil des tables rondes à la médersa Boua’Inania et les nuits soufies des tariqas au jardin Jnane Sbill. L’essentiel est de montrer que «ce patrimoine d’une immense richesse, qui est porteur de valeurs d’humanité et de civilisation qu’il est important de faire valoir, constitue une sorte de matrice ou d’humus qui a irrigué l’âge d’or de l’Islam et qui peut encore beaucoup nous apporter aujourd’hui». «Il peut aussi nourrir une pensée et une créativité actuelles et c’est ce que s’efforce de démontrer dans ses différents programmes le FFCS», explique Skali.

    Côté programme, plusieurs axes ou valeurs reviennent d’une façon régulière, dont celui d’une valorisation de l’archétype du féminin, du comportement chevaleresque fait d’altruisme, de générosité et de solidarité, qui a inspiré pendant des siècles les corporations de métier. Il n’en reste pas moins que celle d’une sagesse pétrie de petites histoires et d’aphorismes qui sont aussi portés par une culture populaire, celle de l’art et de la quête du beau en général. Celui aussi du respect naturel de la diversité culturelle et religieuse de nos sociétés. «Je professe la religion de l’Amour», disait Ibn Arabi, en quelque direction que se tourne ses montures l’Amour est la religion et ma foi».

    Un humanisme spirituel pour notre temps

    Devant plusieurs médias, l’initiateur du FFCS a noté que «la richesse du soufisme débouche vers une certaine conception du vivre ensemble comme un art de vivre dont l’Andalousie ancienne, dont Fès est l’héritière, est le symbole magnifié». L’événement qui s’ouvre ce samedi «résonne aujourd’hui comme la quête d’un réenchantement de nos sociétés» ou, selon le mot du philosophe Edgar Morin, un ami fidèle du festival, «d’une poétique de société». La question qui traverse le programme cette année est la suivante: «La culture soufie peut-elle être porteuse d’un humanisme spirituel pour notre temps?».  Pour y répondre, le programme intellectuel et musical invite d’éminents intervenants mais aussi des artistes symbolisant le sacré et l’ouverture à l’instar de Marouane et Françoise Atlan. Lesquels tenteraient de ressusciter l’Andalousie.

    Youness SAAD ALAMI

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