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    Analyse

    Aquaculture: Un métier qui exige de la patience

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:5615 Le 16/10/2019 | Partager
    20 mois pour qu'un loup-bar atteigne une taille commerciali­sable
    Réduction des droits à l’impor­tation, exonération de TVA des intrants... un bol d’air frais pour l’activité
    L’assurance «cheptel» élargie aux fermes de poissons
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    Les chiffres le prouvent, l’aquaculture est sur un trend haussier. Elle est arrivée en moins de 70 ans à rivaliser avec la pêche traditionnelle et promet de devenir en peu de temps la princi-pale source de protéines marines de l’humanité (Source: FAO)

    Pour se lancer dans l’aquaculture il faut être un passionné de la mer et être armé de patience. Les cycles de l’aquacul­ture sont en général très longs, plus longs que ceux de l’agriculture. Pour faire pas­ser un alevin de loup-bar de 3 grammes à 350 grammes (la taille minimale pour sa commercialisation), il faut 20 mois d’attente avec une attention quotidienne.

    Chaque jour, il faut partir voir les cages, s’assurer de leur intégrité, alimenter les poissons, assure Housni Chadli, directeur général d’Aqua Mdiq, ferme aquacole située dans les environs de Mdiq. Elle ex­ploite huit cages d’une capacité chacune de 25 tonnes par an de poisson, chaque cage coûte plus de 150.000 DH.

    En plus, elle nécessite la mobilisation d’une dou­zaine d’employés aguerris aux métiers de la mer, incluant une équipe de sous-mari­niers pour ausculter et entretenir la partie immergée des cages, le gros de l’iceberg. Mais comme pour l’agriculture, la ‘récolte’ n’est jamais assurée dans le monde de l’aquaculture.

    Il suffit d’une tempête, de variations importantes de la température de l’eau pour que la croissance des pois­sons soit perturbée, assure Chadli. Dans le meilleur des scénarios, le taux de rende­ment ne dépasse pas les 85%, ce qui signi­fie que pour 100 kilos d’aliment fournis, un maximum de 85 kilos de poisson est «repêché» ensuite.

    Pour encourager la filière, une exoné­ration des droits de douane des intrants, essentiellement les aliments pour poisson, est entrée en vigueur depuis janvier 2018. Ces aliments constituaient en effet plus de 40% du total du coût de production.

    En effet, les aliments étaient taxés à 25% de droits de douane plus une taxe parafiscale de 0,25%. Actuellement, ils ne payent plus que 2,5% avec une exo­nération des droits de TVA. Une véri­table bouffée d’oxygène qui a permis aux investissements de devenir rentables et intéressants, selon Mustapha Amzough, chef de département à l’ANDA.

    Malgré tout, les aléas climatiques peuvent effacer d’un coup de tempête ou de variation de la température des eaux la croissance et l’engraissage des poissons. Pour ce, après un lobbying serré de l’AN­DA auprès des autorités, la possibilité a été accordée aux piscicultures de profiter de l’assurance «cheptel».

    C’est la Mamda qui a été la première à offrir des produits dédiés. Dès 2018, elle a élargi sa gamme de produits d’assurances pour le monde agricole à l’aquaculture et à la couverture du cheptel aquacole. Des­tinée aux éleveurs de poissons et aux pro­priétaires de fermes aquacoles, l’assurance multirisque aquaculture vise à couvrir la mortalité du cheptel aquacole suite aux événements pathologiques, météorologies et autres dommages causés aux installa­tions et équipements utilisés par ce genre d’activité.

    Ce nouveau produit répond non seu­lement aux enjeux importants portés par cette activité en raison du volume consé­quent des capitaux investis, mais répond également aux prérequis des institutions financières qui exigent de plus en plus de disposer de garanties adaptées. En effet, les établissements bancaires rechignent à financer de tels projets, très capitalis­tiques et qui exigent un fonds de roule­ment conséquent, surtout au démarrage.

    Mais le plus grand défi est celui de la protection de l’environnement. Les fermes d’aquaculture marine, en plein mer, sont très sensibles au milieu qui les entoure, la pollution du milieu marin, surtout près des côtes, se répercute de manière directe sur leur rendement et la qualité de leurs produits. D’où la nécessi­té d’un contrôle encore plus strict de tout type de rejet polluant.

    Une histoire qui vient de loin

    L’Aquaculturea démarré au Maroc dès les années 1950 dans la lagune de Oualidia. C’est là qu’ont été élevées les premières huîtres. Le relais a pris ensuite à Dakhla dans les années 1990. Mais c’est le plan Halieutis lancé en 2009 qui a permis de donner à l’aquaculture un coup d’accélérateur en montrant le potentiel de cette filière d’avenir. En 2012 fut créée l’Agence nationale de développement de l’aquaculture, le bras armé de la filière qui agit en tant que catalyseur pour son développement et son encouragement. C’est grâce à son lobbying que l’exonération touchant les intrants a pu être introduite dans la loi de finances 2018 et c’est elle, en concertation avec le ministère de l’Agriculture et des Pêches, qui a pu mettre la loi 59-19 dans le circuit législatif.

    Ali ABJIOU

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