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    Analyse

    Croissance: D’abord, bannir les réformes obsolètes

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5612 Le 11/10/2019 | Partager
    Finance, commerce, marché du travail, gouvernance… les pistes du FMI
    Protection de l’emploi et du social, lutte contre l’informel
    Le Maroc pourrait s’en inspirer
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    Aux rythmes de croissance actuels, un pays émergent moyen devra attendre plus de 50 ans, et un pays en développement moyen 90 ans, pour combler la moitié de leur écart de revenu. Si ces pays enregistrent une bonne croissance depuis une vingtaine d’années, la majorité ne parvient pas encore à rattraper le niveau de vie des pays avancés.

    En prélude des Assemblées annuelles organisées conjointement avec la Banque mondiale du 14 au 20 octobre 2019 à Washington, les experts du FMI se sont penchés sur la question(1) et proposent des réformes. En les appliquant, elles peuvent doubler la vitesse de convergence des revenus d’un pays émergent ou en développement moyen vers le niveau de vie d’un pays avancé.

    Cela pourrait relever les niveaux de production de plus de 7% sur une période de six ans. Le Maroc pourrait s’en inspirer pour raviver sa croissance (voir notre édition N° 5588 du 09/09/2019, «Emploi, dirham, croissance: Le bulletin de rentrée du FMI»).

    Les mesures qui modifient le mode de fonctionnement d’un Etat (appelées réformes structurelles) sont difficiles à mesurer. Car elles portent souvent sur des questions qui ne sont pas faciles à quantifier, comme les lois de protection de l’emploi ou la qualité du contrôle du système bancaire national.

    Pour y remédier, le Fonds monétaire international (où Kristalina Georgieva succède à Christine Lagarde au poste de DG) a récemment mis au point de nouvelles données. Elles sont relatives à la réglementation structurelle de la finance intérieure et extérieure, au commerce, au marché du travail et aux marchés de produits.

    S’y ajoute la qualité de la gouvernance (par exemple, comment les pays combattent la corruption). Ces nouveaux indicateurs ont révélé que le rythme des réformes a ralenti dans plusieurs pays. D’où la nécessité de leur insuffler un nouvel élan. Leur mise en œuvre se voit nécessaire notamment en Afrique subsaharienne et, dans une moindre mesure, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, ainsi que dans la région Asie et Pacifique.

    La réduction de l’activité informelle est l’une des manières dont les réformes accroissent la production. Par exemple, le fait d’abaisser les obstacles à l’entrée des entreprises dans le secteur formel encourage certaines firmes à rejoindre l’économie formelle.

    A son tour, l’entrée dans le secteur formel stimule la production en rehaussant la productivité et les investissements. C’est la raison pour laquelle les réformes tendent à porter davantage de fruits là où le secteur informel est fortement représenté.

    Le FMI recommande de bien choisir le moment, le cadre et l’enchaînement. Certaines réformes sont plus indiquées quand l’économie se porte bien. La réduction des coûts de licenciement fait que les employeurs sont plus disposés à embaucher pendant les périodes fastes.

    Tandis qu’elle les encourage à licencier en période difficile, amplifiant ainsi les effets d’un repli. De la même manière, accroître la concurrence dans le secteur financier lorsque la demande de crédit est faible peut pousser certains intermédiaires financiers à la faillite. Ce qui affaiblirait davantage l’économie.

    Dans les pays où l’économie est chancelante, les autorités peuvent accorder la priorité au renforcement de la concurrence sur le marché des produits. Elles peuvent en concevoir d’autres en vue d’alléger les coûts immédiats. Par exemple, adopter une réforme de protection de l’emploi avec une entrée en vigueur différée.

    Puis les accompagner, si possible, de mesures monétaires ou budgétaires. Enfin, pour tenir leur promesse d’améliorer les conditions de vie, les réformes doivent s’accompagner de mesures de redistribution qui étendront leurs effets à toute la population. Des dispositifs solides de protection sociale et des programmes aidant les travailleurs à changer d’emploi… sont fortement sollicités.

    Fatim-Zahra TOHRY

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    (1) Une étude a été publiée dans le chapitre 3 des Perspectives de l’économie mondiale (édition d’octobre 2019) disponible sur le site du FMI. Voir aussi «Comment relancer la croissance dans les pays émergents et les pays en développement» signée par les économistes Romain Duval et Davide Furceri.

     

     

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