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    Politique

    Remaniement: Changement dans la continuité

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5611 Le 10/10/2019 | Partager
    Une équipe ramassée de 24 ministres
    Le RNI reste fort
    Seulement 4 femmes dans la nouvelle architecture
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    Avec 228 sièges sur 395, la nouvelle équipe d’El Othmani dispose d’une majorité confortable à la Chambre des représentants

    La composition du gouvernement El Othmani remanié est enfin connue. Les membres de la nouvelle équipe, formée de 23 ministres, ont été reçus hier en audience royale.

    Le premier constat: plusieurs noms de l’équipe précédente ont été maintenus à leur poste. D’autres anciens ministres ont hérité des portefeuilles de leurs ex-collèges, dans un jeu de chaises musicales. Les nouveaux profils restent une minorité. Le nombre des femmes ministres est également en recul, avec seulement 4 portefeuilles, notamment après la suppression de plusieurs secrétariats d’Etat, occupés essentiellement par des profils féminins lors du mandat précédent.

    Finalement, le renouvellement de l’équipe d’El Othmani s’est limité à quelques portefeuilles. Ce remaniement semble avoir porté essentiellement sur l’architecture du gouvernement, avec un nombre réduit de ministres. Cette nouvelle architecture est axée autour de pôles, notamment avec le rattachement de certains départements à de nouveaux ministères.

    Par exemple, la Réforme de l’administration sera gérée par Mohamed Benchaaboun, en plus de l’Economie et des Finances. Idem pour le ministère de l’Industrie et du Commerce, qui prendra également en charge l’Economie verte. Pour plusieurs observateurs, il s’agit d’un changement dans la continuité. Le département de la Culture a été rattaché à celui de la Jeunesse et des Sports.

    En dépit des promesses du chef du gouvernement, qui s’est engagé à introduire de nouveaux visages, la plupart des poids lourds ont préservé leur place au sein de l’exécutif. C’est le cas notamment des Pjdistes Mustapha Ramid, Aziz Rebbah et Abdelkader Amara, en plus de Nezha El Ouafi et Jamila El Moussali.

    Les deux dernières ministres prendront en charge respectivement les Affaires de la migration et des MRE, à la place de Abdelkrim Benatiq, et la Famille, la Solidarité et le Développement social, à la place de Bassima Hakkaoui. L’un des nouveaux profils du PJD au sein de la nouvelle équipe: Mohamed Amekraz, patron de la jeunesse du parti, qui succédera à Mohamed Yatim au ministère du Travail et de l’Insertion professionnelle.

    De son côté, Khaled Ait Taleb, sans étiquette politique, succédera à Anas Doukkali à la Santé. Durant la période des tractations pour le choix des ministrables, El Othmani a opté pour la discrétion, refusant de dévoiler les modalités de sélection des candidats de son parti. Traditionnellement, cela passe par une procédure interne à travers laquelle les membres élisent une liste de candidats parmi lesquels le secrétaire général choisit les futurs ministres.

    Pour ce qui est du RNI, son président Aziz Akhannouch a préservé le département de l’Agriculture, qu’il dirige depuis plusieurs mandats. Il est attendu sur la poursuite de la mise en œuvre des prochaines étapes du Plan Maroc Vert. Son parti a également gardé les départements du Commerce et de l’Industrie (Moulay Hafid El Alamy), de l’Economie et des Finances (Mohamed Benchaaboun).

    Le RNI a aussi récupéré le ministère du Tourisme, du Transport aérien, de l’Artisanat et de l’Economie sociale, dirigé jusque-là par Mohamed Sajid, patron de l’UC. Il sera géré par l’un des rares profils féminins dans ce gouvernement, Nadia Fettah Alaoui. Elle aura la lourde tâche de relancer le tourisme national, frappé de plein fouet par la conjoncture internationale et les transformations ayant marqué ce secteur durant les dernières années.

    Néanmoins, avec le départ de Rachid Talbi Alami, de Lamya Boutaleb et Mohamed Aujjar, le RNI perd ses ministres politiques, ayant une grande influence au sein du parti. Ce qui fera certainement des mécontents parmi leurs soutiens au sein de cette formation. L’UC a réussi à décrocher le portefeuille de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, avec Mohamed Abiaba, qui assurera également la fonction de porte-parole du gouvernement. 

    De son côté, le MP a gardé deux portefeuilles, avec Said Amzazi qui a été maintenu dans son poste. Il poursuivra la mise en œuvre de la réforme du système éducatif, après avoir réussi à faire adopter le projet de loi-cadre avant la clôture de la dernière session parlementaire.

    S’y ajoute Nezha Bouchareb, présidente de la structure féminine du parti. Elle a été chargée du département de l’Aménagement du territoire et de l’Habitat. Driss Ouaouicha, l’un des ministres sans étiquette politique, prendra en charge le département de l’Enseignement supérieur.

    L’USFP a hérité, de son côté, du département stratégique de la Justice. Mohamed Benabdelkader, dont le mandat au ministère de la Fonction publique a été marqué par le lancement d’une série de chantiers, dont la Charte des services publics, est attendu pour relancer certains dossiers à la Justice. L’un de ses premiers chantiers: relancer les discussions autour du code pénal à la Chambre des représentants.

    Majorité

    Finalement, le gouvernement sera appuyé par une majorité à 5 partis, suite au départ du PPS. Contrairement aux informations qui avaient circulé, ni l’UC, ni l’USFP n’ont quitté le navire. En fin de compte, la nouvelle version de la coalition gouvernementale dispose d’une majorité confortable à la Chambre des représentants, avec 228 sièges sur 395. En face, l’opposition semble avancer en rangs dispersés. Si l’Istiqlal continue de jouer son rôle en matière de critique des dysfonctionnements de l’exécutif, tout en se préparant aux prochaines élections, le PAM, l’une des principales forces de l’opposition, semble davantage affaibli par les tiraillements internes, dans le sillage de la préparation du prochain congrès prévu dans quelques mois. 

    Répartition des portefeuilles

    • 6 pour le PJD en plus du chef du gouvernement
    • 4 pour le RNI
    • 2 pour le MP
    • 1 pour l’USFP
    • 1 pour l’UC
    • 9 sans étiquette politique

                                                                           

    Ce qu’avait exigé le Roi

    Dans le discours du Trône, en juillet dernier, le Roi a été on ne peut plus clair, en fixant le cahier des charges de Saâdeddine El Othmani en matière de remaniement: «Nous chargeons le chef du gouvernement de soumettre à notre appréciation des propositions visant à renouveler et enrichir les postes de responsabilité, tant au sein du gouvernement que dans l’Administration, en les pourvoyant de profils de haut niveau, choisis selon les critères de compétence et de mérite».

    M.A.M.

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