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    Analyse

    Transport urbain: Comment la confiance s’est rétablie à Rabat

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5610 Le 09/10/2019 | Partager
    Plus de 300 véhicules neufs mobilisés pour répondre aux besoins réels de l’agglomération
    Une gestion professionnelle des ressources humaines et de maintenance du parc
    Des mesures pour lutter contre les actes de vandalisme et la fraude
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    Pour Alberto Pérez, directeur général d’Alsa Maroc: «Nous allons mettre toute notre expertise en oeuvre pour développer un réseau de bus moderne avec un tarif abordable pour la majorité des habitants de l’agglomération de Rabat»  (Ph. NEA)

    - L’Economiste: Dans quelles conditions le groupe Alsa a-t-il repris le flambeau au niveau de l’agglomération de Rabat?

    - Alberto Pérez: Le démarrage s’est passé dans de bonnes conditions avec une satisfaction confirmée par les usagers qui ont souffert durant plusieurs années de la crise des bus avec Stareo. Notre premier objectif était d’assurer une transition douce permettant de regagner la confiance des habitants de l’agglomération. Nous leur avons démontré que nous pouvions trouver une solution satisfaisante au problème du transport, grâce à plus de professionnalisme, de compétence et en injectant dans ce projet les moyens nécessaires. Le premier jour, nous avons démarré avec 150 bus contre seulement une cinquantaine pour Stareo, à la fin de son mandat. Aujourd’hui, notre parc dépasse les 300 véhicules.

    - Comment avez-vous géré l’épineux dossier social?
    - Les choses se sont bien passées et ce, conformément à nos engagements prévus dans le contrat. Nous avons accordé à l’autorité délégante un montant de 20 millions de DH pour contribuer au financement de l’opération de départ volontaire au profit du personnel de Stareo notamment la catégorie des receveurs. Nous avons également intégré dans notre giron 1.500 agents de la société Stareo, un effectif certes inférieur à celui prévu par le contrat, soit 1.600 employés. Cet écart est principalement dû aux départs à la retraite normale de certains chauffeurs. En ce qui nous concerne, cela a constitué un déficit au niveau de cette catégorie par rapport à nos perspectives d’évolution. Pour la phase de démarrage, nous tablions sur un effectif de 900 chauffeurs, et nous nous sommes retrouvés avec seulement 650 conducteurs. Dès octobre prochain, notre parc va atteindre 350 bus, ce qui va nécessiter le recrutement de 250 chauffeurs supplémentaires. L’effectif de la société s’établirait ainsi à 1.750 employés. Nous avons déjà lancé une opération de recrutement de chauffeurs assortie d’un programme de formation. 

    - Les actes de sabotage et la défaillance de maintenance du parc des bus figurent parmi les principaux facteurs qui ont conduit à la crise de Stareo. Quelles erreurs ne reproduiriez-vous pas?
    - En matière de vandalisme, comprenez qu’il ne s’agit pas d’un problème uniquement spécifique à Rabat mais qu’il touche également d’autres grandes villes marocaines. Toutefois, depuis le démarrage de l’activité, nous avons constaté un environnement propice marqué par deux faits. A travers les réseaux sociaux, nous avons remarqué une prise de conscience de la part des usagers qui réclament la mobilisation pour la sauvegarde des bus contre les actes de vandalisme. Cela nous évitera le calvaire vécu par l’ancien délégataire.
    Un autre point encourageant, l’appui fort des autorités contre les auteurs de ces actes. Cela a été démontré avec les deux actes de sabotage enregistrés jusqu’à présent. Je souligne et précise que nos véhicules sont équipés de caméras de surveillance qui permettent d’identifier les auteurs des actes de malveillance et les usagers qui refusent de payer leur ticket. Nous disposons également d’une «brigade» de 400 contrôleurs.
    De plus, nous travaillons actuellement sur un partenariat avec la Sûreté nationale pour mettre à notre disposition une équipe de police spécifique aux bus dont les moyens d’intervention seront mobilisés par notre société.

    - La question de la maintenance est éminemment centrale. Quelles sont vos dispositions à cet égard?
    - Effectivement. La maintenance figure parmi les priorités de notre stratégie, car les véhicules en mauvais état deviennent non seulement très coûteux mais représentent aussi une menace en matière de disponibilité. L’impact serait impitoyable sur nos recettes. Encore une fois, c’est le mauvais scénario vécu par l’ancien délégataire qui s’est retrouvé en bout de course avec un parc totalement obsolète. Par exemple, à Marrakech, où nous sommes également présents, nous sommes en fin de contrat et nos bus se trouvent encore en bon état alors qu’ils ont une vingtaine d’années... Il n’y pas de formule magique: Un bon état nécessite une maintenance régulière et un professionnalisme.

    Grands taxis, les grands perdants

    Le malheur des uns a fait le bonheur des autres... mais pas pour longtemps. La crise des bus de Stareo a été une véritable aubaine pour les transporteurs clandestins et les grands taxis. Mais l’arrivée du groupe Alsa a renversé la vapeur, les habitants reprenant confiance dans le transport urbain. «En plus de l’attente, il me fallait au moins 40 DH par jour pour me déplacer en taxi à Rabat où je travaille, contre seulement 10 DH actuellement par bus», explique un habitant de la ville de Tamesna située à plus de 15 km de la capitale. 

    Propos recueillis par Noureddine EL AISSI

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