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    Société

    Prisons: Un code pour encadrer le travail des fonctionnaires

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5608 Le 07/10/2019 | Partager
    Il fixe les règles et les devoirs au sein des pénitenciers
    Objectif: renforcer le respect de la dignité humaine
    Maîtrise de soi, calme et équilibre dans l’exécution des règlements
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    Le code de déontologie pour le personnel des prisons est une première dans les annales de cette institution (Ph. L’Economiste)

    Après l’externalisation de la restauration, les tournois de football, l’université dans les prisons,… Mohamed Saleh Tamek frappe un nouveau coup. En effet, le patron de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) vient d’élaborer un code de déontologie et des devoirs professionnels de ses fonctionnaires.

    Une première dans les annales de cette institution qui avait fait l’objet de critiques de la part des associations qui opèrent dans le secteur. Ce texte, composé de 50 articles, vise à introduire du changement dans les comportements et dans les mentalités dans cette administration publique, pour qu’elle soit au service des citoyens.

    Il s’agit d’un ensemble de mesures et de principes qui fixent les règles et les devoirs devant encadrer le comportement du fonctionnaire dans ses relations professionnelles. Vu le cachet semi-militaire du secteur, la discipline, le secret professionnel, avec une interdiction de toute activité syndicale.

    C’est du pain béni pour une population carcérale, évaluée, à fin décembre 2018, à 83.732 personnes. Sur ce total, 32.732 sont au titre de la détention provisoire, soit 39,08%. L’administration pénitentiaire compte près de 11.000 employés. Selon les statistiques en cours, il faut compter un fonctionnaire pour 11 prisonniers alors que la moyenne dans les pays développés est de un pour 4 détenus.

    En tout cas, l’article 42 de ce code aborde directement le respect de la dignité humaine des détenus, et ordonne aux fonctionnaires de s’abstenir de les interpeller par des expressions déplacées. Il les engage à respecter les droits de cette population, tout en faisant preuve de neutralité dans les rapports qu’ils entretiennent avec elle.

    Ce code de déontologie interdit à tout fonctionnaire de menacer, de terroriser ou d’inciter à des actes de violence, de torture ou autres traitements répressifs, inhumains et humiliants. Le code recommande d’éviter de recourir à la force sauf dans les situations prévues, conformément aux procédures et aux dispositions légales et réglementaires, lit-on dans le document. Il impose aussi de veiller à l’application de la loi dans les situations où les détenus ont commis des infractions.

    Au sein de l’établissement, le fonctionnaire est tenu de jouer le rôle d’éducateur, avec l’objectif de faire preuve d’un comportement exemplaire dans l’exécution des programmes de mise à niveau et de réinsertion. Le code focalise sur le fonctionnaire qui est tenu de présenter de l’aide aux prisonniers, protéger leur vie et leur santé. Il est également tenu d’apporter le soutien social et psychologique, de les orienter, tout en accordant une attention particulière aux détenus ayant des besoins spécifiques et aux catégories les plus démunies.

    Le fonctionnaire est tenu de veiller à la sécurité  et au respect de la dignité des prisonniers. Il doit faire preuve de maîtrise de soi, d’une attitude de sagesse, de calme et d’équilibre. Dans les opérations d’intervention pour garantir la sécurité, il doit veiller à l’exécution des dispositions légales et réglementaires. Il doit faire preuve de vigilance et de détermination dans l’application de la loi, avec équité, dans ses relations avec l’ensemble des prisonniers. Il faut qu’il soit prêt à affronter toute atteinte à la sécurité des biens et des personnes. Les prisonniers doivent faire l’objet de fouilles corporelles à chaque fois que le service l’impose.

    Dans le cadre de la mise à niveau et de la modernisation du secteur pénitentiaire, l’un des axes de la stratégie porte sur le renforcement des droits de l’homme en matière de conditions de détention. Cela se fera à travers notamment la construction de nouvelles prisons.

    Ainsi, au cours de la période 2019-2023, il est prévu la délocalisation du complexe pénitentiaire Ain Sebaâ, d’une capacité de 1.100 détenus, en plus de la construction de quatre nouveaux établissements. Il s’agit des prisons locales d’Al Hoceïma et Laâyoune et deux centres de réforme et de rééducation de Tanger et de Tamesna.

    En outre, cette administration compte améliorer la prise en charge médicale à travers la généralisation des infirmeries et des pharmacies dans les prisons. L’autre point focal porte sur la préparation des prisonniers à la réinsertion à travers l’extension de l’offre de formation professionnelle dans les milieux carcéraux. Il s’agit d’offrir 10.015 places pédagogiques dans 54 centres de formation. Selon les statistiques, 7.949 stagiaires ont bénéficié d’une formation en 2017-2018 et 6.291 une année auparavant.

    A cela s’ajoute le lancement d’un programme d’appui aux microprojets et à l’auto-emploi consistant à apporter un appui financier et en équipement au profit de 170 ex-détenus porteurs d’un projet de vie personnel. Ce programme se prépare sur la base d’un diagnostic réalisé avec les détenus pendant leur période de détention sous l’encadrement du service de préparation à la réinsertion qui prend en considération la formation et l’expérience des bénéficiaires ainsi que les besoins du marché de l’emploi.

    La délégation «connectée»

    Dans son rapport d’activité, la Délégation générale fait valoir son implication dans les médias sociaux, en plus de sa page officielle sur Facebook, suivie par 24.480 fans, et de la chaîne YouTube, qui affiche 1.814 abonnés. En outre, deux comptes ont été créés en octobre 2018 respectivement sur Instagram, suivi par 249 personnes, et Twitter, qui compte 110 abonnés. Selon les prévisions de la Direction générale,  le nombre des personnes qui suivent ces comptes va augmente au cours des années à venir.

    Mohamed CHAOUI

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