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    Culture

    Montresso Marrakech: 4 femmes pour 4 regards sur le «précieux»

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5605 Le 02/10/2019 | Partager
    La Fondation présente «Tate» du 4 novembre au 3 décembre 2019
    Des artistes sur le devant de la scène ou en pleine ascension
    La photographe Mouna Saboni ouvre le bal avec «Traverser»
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    A travers ses compositions d’objets du quotidien, Maya-Inès Touam nous parle des femmes arabes (Ph. Montresso)

    Roxane Daumas, Tania Mouraud, Maya-Inès Touam et Fatiha Zemmouri sont bientôt à l’affiche de la Fondation Montresso. Une rentrée culturelle au féminin pour cette exposition, baptisée «There are treasures everywhere», TATE, qui explore dans un dialogue ouvert les territoires physiques et intimes de ces quatre artistes.

    Cette présentation, prévue du 4 novembre au 3 décembre 2019, offre un singulier voyage d’une rive à l’autre. Toutes ont sondé, pendant leur résidence à Jardin Rouge, leur propre rapport au précieux.

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    A chacune son interprétation et son langage. Pour la plasticienne Roxane Daumas, il s’agissait de poursuivre un travail démarré en Italie. Photographier puis dessiner à la pierre noire les architectures inachevées. Une sorte de mise en lumière de la démesure humaine qu’est la construction sans réflexion. «Ce qui m’a frappée, c’est qu’en regardant ces travaux inachevés en Italie et au Maroc, on sent la différence de territoire», confiait l’artiste dans L’Economiste du 23/05/2017.

    Avec elle, Tania Mouraud impose l’écriture comme élément plastique. Cette artiste, bien arrimée à son indépendance, s’est vu consacrer une rétrospective par le Centre Pompidou Metz en 2015. Depuis la fin des années 60, elle a tout essayé de la peinture à l’installation, en passant par la photographie, la performance, la vidéo et le son. Une seule constance: interroger les rapports entre l’art et les liens sociaux. La plasticienne marocaine, Fatiha Zemmouri, aime, elle aussi, l’exploration.

    De la matière surtout qu’elle transforme pour en faire des œuvres pleines de douceur et de poésie. Céramique sur bois, charbon, textile et résine… deviennent ses pinceaux. C’est à elle que l’on doit la sculpture en polystyrène «À l’abri... de rien», un bloc en suspension coincé entre les murailles du palais Badii à l’occasion de la 6e Biennale de Marrakech.

    Enfin, avec Maya-Inès Touam, l’entre-deux rives prend tout son sens. Née en France de parents algériens, elle navigue entre nos représentations des sociétés arabo-musulmanes et tourne les projecteurs vers le pouvoir féminin dans le monde arabe.

    A chaque saison culturelle, la Fondation Montresso invite les amateurs d’art à admirer des artistes de renommée internationale. Jusqu’au 15 octobre, l’exposition «Traverser» met à l’honneur Mouna Saboni au sein de la résidence Jardin Rouge. Photographe franco-marocaine, elle aussi voit son identité forgée par ses origines. Son travail interroge ainsi une mémoire personnelle, intimement liée au territoire.

    Cette année, ils seront plus de 30 artistes, venus de pays représentant tous les continents, à poser leurs médiums dans les inspirants et vastes espaces de la fondation.

    J.A.

                                                                                    

     «J’ai trouvé ma place entre cet entre-deux de l’Orient et l’Occident»

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    Maya-Inès Touam est l’une des quatre artistes à l’affiche de «There are treasures everywhere». Une exposition au programme de la Fondation Montresso, visible du 4 novembre au 3 décembre 2019 (Ph. Montresso)

    Parmi les 4 artistes à l’affiche de «TATE», Maya-Inès Touam nous parle des femmes arabes. Non pas celles vues par les «classiques» de l’orientalisme, ni les «oppressées» des coloniaux. A travers ses compositions d’objets du quotidien, des natures mortes débordant de vie, elle semble mettre en image un peu de son lien à elle entre l’Algérie de ses parents et la France où elle est née. De quoi faire valser les clichés.

    - L’Economiste: Comment est venue l’idée de ce travail présenté à Montresso?
    - Maya-Inès Touam:
    J’ai toujours été très proche de la culture arabe, orientale, maghrébine et algérienne, tout en me sentant parfaitement à l’aise dans la culture occidentale. Pour une jeune fille comme moi qui n’avait pas vécu l’Algérie française, il m’était difficile de comprendre et d’adhérer à l’image que l’on donnait des femmes arabes. Je n’entendais parler que d’orientalistes, alors que ce n’était pas mes références. Mon point de vue est autre, générationnel. J’ai donc commencé à aller en Algérie à partir de 2014, juste après mes études, pour rencontrer et parler avec elles.
    De tous bords et classes sociales, âgées de 18 à 88 ans, un peu comme une journaliste, je les ai accompagnées dans ce qu’elles avaient envie de dire sur leur vie, leurs envies, sur la question du voile notamment. Il s’agissait de montrer la multitude de «féminités». C’est là que j’ai commencé à amasser des objets de leur quotidien, qui sont au cœur de mon travail présenté à l’espace Montresso.

    - Pourquoi avoir choisi la nature morte pour les mettre en scène?
    - Tout le monde trouve ça poussiéreux, c’est vrai. Alors je joue avec les codes en mettant, dans une composition très classique, des objets qui ne le sont pas. Sans détourner ces codes, j’aurais vite fait le tour du sujet. J’ai très tôt su qu’autant je ne savais pas dessiner, autant je savais composer.  

    - Prochains challenges?
    - J’ai envie aujourd’hui de partir en résidence en Afrique subsaharienne pour y puiser d’autres réflexions et d’autres problématiques à relever. Plutôt que les objets, ce sont les étoffes que je souhaite mettre en scène.
    Là encore, ça parle de féminité. J’ai bien tenté de faire des compositions avec des objets plus masculins, mais je n’y arrive pas. L’image des femmes revient inévitablement.

    Propos recueillis par J.A.

     

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