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    Entreprises

    Automobile: BASF s’offre un gros marché chez PSA

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5596 Le 19/09/2019 | Partager
    L’allemand fournira toutes les couches de revêtement à l’usine de Kénitra
    De l’ED-Coat jusqu’à la couche de base ainsi que les pare-chocs

    Le groupe de chimie allemand BASF fournira l’usine PSA de Kénitra. Il vient de sceller un accord exclusif avec le groupe français pour fournir des technologies de revêtement par électrodéposition (e-coating) pour toutes les couches de peinture, ainsi que la solution Cellasto pour les pare-chocs.

    Le chimiste allemand fournira le revêtement allant de l’ED-Coat (revêtement déposé électroniquement pour assurer la protection), jusqu’à la couche de base (qui donne les couleurs et les effets) au vernis (brillant, protection et «effet voiture neuve» de longue durée) à la nouvelle usine, située dans la zone franche de Kénitra. Pour l’heure, rien ne filtre sur les implications financières du deal.

    «La désignation de BASF est fondée sur l’engagement d’assembler au Maroc le nombre de véhicules réservé à PSA Kénitra aux mêmes conditions que FCA Lemförde», précise le fournisseur allemand. Selon les termes de l’accord, les parties s’engagent à équiper les bains de cataphorèse de la nouvelle usine avec le CathoGuard, une technologie de revêtement par électrodéposition (Electro Deposit-Coat).

    La protection anticorrosion sera appliquée sur la carrosserie métallique de tous les véhicules produits, dont la nouvelle Peugeot 208. Rappelons que le groupe PSA vient de lancer son site de Kénitra, dont le démarrage de la production a eu lieu en juillet 2019. La capacité de production initiale est fixée à 100.000 véhicules par an, et 200.000 à partir de 2020.

    «Grâce à leur qualité élevée de revêtement, leur protection optimale des bords et leur pouvoir de pénétration, les produits e-coatings de BASF assurent à des millions de voitures une meilleure durabilité», fait valoir le groupe allemand. Cellasto est une autre réalisation à succès de BASF qui a été désignée pour la toute première fois au Maroc pour fournir les pare-chocs avant et arrière pour la (nouvelle plateforme de véhicules de classe B).

    «En matière de produits durables et innovants, nous misons sur la collaboration avec des partenaires comme BASF avec lequel nous partageons nos ambitions», se félicite Jose Ignacio Lopez, responsable de l’atelier de peinture PSA, qui confirme l’objectif commun aux deux multinationales.

    Le lancement du projet au Maroc ouvre un nouveau débouché et des gisements d’opportunités en Afrique du Nord pour le chimiste allemand, qui réalise 9% de son chiffre d’affaires 2018 (62,67 millions d’euros) dans la zone Amérique du Sud, Afrique et Moyen-Orient.

    Les ventes du groupe se ventilent entre produits chimiques et plastiques (plus de 20%), les biens de consommation et le transport (10-20%), l’agriculture, la construction et l’énergie (5-10%) et la santé, la nutrition ainsi que l’électronique (moins de 5%).

    Par ailleurs, l’accord contribue à l’intégration locale du constructeur français au Maroc. PSA revendique un taux d’intégration locale de 60% (pièces fabriquées sur place). L’implantation du groupe français a permis l’ouverture d’une soixantaine d’entreprises dans l’écosystème, dont 27 greenfields.

                                                                                   

    Intégration des TPE locales: Des cas d’école à Tanger et Kénitra

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    Source: Ministère de l’Industrie et du Commerce, 2018
    Le Maroc se positionne sur la production de véhicules à moteur diesel pendant que les moteurs électriques gagnent du terrain. Quelles sont les limites de ce positionnement? Et pour combien de temps?

    Les industriels de l’automobile sont en train de dupliquer dans la zone franche de Kénitra un modèle de mentoring qui a fait ses preuves dans la zone franche de Tanger. Celui-ci consiste pour des patrons de multinationales de prendre de leur temps une fois par semaine et le consacrer à des techniciens d’usines qui se lancent à leur propre compte, certains maîtrisent la maintenance des robots, d’autres l’outillage...

    Les dirigeants retroussent les manches et les aident à structurer une comptabilité, former des ressources, mettre en place une administration, un outil de production… L’enjeu est de les accompagner pour servir d’autres entreprises, croître très vite et livrer dans les délais, «parce qu’il ne suffit pas de leur donner un marché. Nous avons fait émerger ainsi 24 TPE en 1 an. L’une d’entre elles a réalisé un chiffre d’affaires de 50 millions de DH au bout d’une année d’exercice. Nous sommes en train de construire le même modèle à Kénitra où il est possible de constituer un important tissu de PME», explique Hakim Abdelmoumen, président de la Fédération marocaine de l’automobile et président de l’association de la zone franche de Kénitra, lors de la plénière de clôture de l’Université d’été de la CGEM.

    «Dans le secteur de l’automobile, j’ai connu des multinationales qui s’implantaient au Maroc et qui perdaient de l’argent parce qu’au début elles importaient tout. Lorsqu’elles ont commencé à intégrer leur chaîne de valeur, en quelques années, elles ont commencé à gagner de l’argent, et même beaucoup», poursuit Abdelmoumen. C’est l’un des facteurs clés de l’automobile et de l’aéronautique. Le site Maroc compte aujourd’hui plus de 140 équipementiers installés et affiche un taux d’intégration autour de 60%.

    M.Ko.

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