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    Politique

    PAM: Les dissidents reportent le congrès

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5594 Le 17/09/2019 | Partager
    Une décision sous la pression du procès en cours
    Les partisans de Benchamach font croire à l’absence d’une autorisation de l’Intérieur
    Il pourrait être tenu en décembre prochain

    A moins de 15 jours de la date du 4e congrès du PAM, prévu pour le 27 septembre, le clan «Avenir», qui conteste le secrétaire général, a décidé de jeter l’éponge. Ses animateurs, des dissidents de la ligne Benchamach, ont finalement opté pour le report de ce grand rendez-vous. Ils veulent attendre que la justice se prononce sur la plainte déposée par le secrétaire général, contre Samir Koudar, président de la Commission préparatoire.

    En effet, Hakim Benchamach considère que son élection à la tête de cette instance était illégale. Il l’a donc exclu du parti et engagé une procédure judiciaire au niveau du tribunal de première instance de Rabat dont la première audience a eu lieu le 11 septembre, suivi d’un report. Une autre audience est prévue pour demain 18 septembre. Les partisans de Benchamach font savoir que l’ajournement du congrès décidé par leurs adversaires n’était pas un choix.

    Pour convaincre, ils font valoir l’idée que «le ministère de l’Intérieur ne leur a pas accordé l’autorisation pour organiser le 4e congrès les 27-28-29 septembre».  Pour l’un d’entre eux, qui fait valoir la loi sur les partis politiques, la demande pour la tenue d’un congrès doit émaner du secrétaire général du PAM. Or, il n’en a rien fait. En outre, le SG a saisi, par courrier, le ministère de l’Intérieur pour lui endosser la responsabilité de toute tentative d’organiser un congrès du PAM.

    5 secrétaires généraux en moins de 10 ans

    En tout cas, rien qu’à l’évocation de l’absence d’autorisation des pouvoirs publics, les cheveux se dressent dans le camp Avenir. «C’est faux! s’exclame ainsi Samir Koudar. Nous n’avons pas demandé d’autorisation pour la tenue du congrès. Nous n’en avons pas besoin puisque la réglementation est claire. Il suffit d’informer les autorités 48 heures à l’avance. Par contre, nous avons obtenu l’autorisation pour bénéficier de la salle», affirme-t-il.

    Selon le président de la Commission préparatoire, le report du congrès a été décidé pour une raison simple. La fixation de sa date a été antérieure au dépôt de la plainte du secrétaire général. Du coup, il est hors de question d’aller au congrès, plombé par une procédure judiciaire.

    Aujourd'hui, la volonté est d’apurer ce volet avant de sauter le pas et élire un nouveau secrétaire général. Mais les choses vont se décanter prochainement, note un responsable du parti, qui considère qu’il s’agit d’attendre l’issue de l’audience du 18 septembre avant de se prononcer sur un autre rendez-vous pour l’organisation du congrès.

    En tout état de cause, le clan Avenir est déterminé. «Même si nous retardons encore l’échéance d’un mois ou deux, le prochain congrès se tiendra avant la fin de l’année. Certains avancent la dernière semaine de décembre», souligne-t-il.

    Rappelons que le clan Avenir est composé notamment de Ahmed Akhchichène, ancien ministre et président de la région Marrakech-Safi, Fatima Zahra Mansouri, ex-maire de Marrakech et actuel présidente du conseil national du PAM. Le député Abdelattif Ouahbi est également de la partie.

    Cet ancien chef du groupe parlementaire à la Chambre des représentants ne cache pas son ambition d’être porté à la tête de la formation qui vient de souffler ses dix bougies. Ce parti affiche la particularité d’avoir consommé 5 secrétaires généraux en moins de dix ans, soit un mandat tous les deux ans.

    D’ailleurs, souvent, le secrétaire général ne conduit pas sa mission jusqu’à terme. Ce qui donne l’impression que le PAM n’a pas développé de structure organisationnelle solide en mesure de résister aux assauts des ambitions personnelles des uns et des autres. Avec ces caractéristiques, le PAM a involontairement cassé l’image de la fonction de secrétaire général qui ne bénéficie plus de la confiance des militants.

    Hakim Benchamach est l’exemple le plus récent. En effet, quelques mois après son élection à la tête du PAM, il essuya des vagues de contestations et un mouvement de rénovation qui cherche à lui imposer des décisions qui ne figurent pas dans les statuts du parti.

    Ainsi, il a accepté de nommer Ahmed Akhchichène secrétaire général adjoint, un poste qui n’existe sur aucun document du PAM, comme le rappelle un de ses anciens patrons. Il désigne également un de ses anciens compagnons du Rif Mohamed Hammouti à la présidence du bureau fédéral. Quelques mois après, Benchamach fait marche arrière et annule toutes ces deux décisions, tout en prononçant l’exclusion de plusieurs responsables régionaux du parti.

    Soulagement

    Certains militants du parti ont vécu ce report comme un soulagement. Ils pensaient que des initiatives de médiation de haut niveau visant à rapprocher les points de vue, avaient abouti. Car plusieurs d’entre eux souhaitent éviter l’implosion de leur parti, la 2e force de l’échiquier politique, avec 102 sièges à la Chambre des représentants, la présidence de trois régions et plusieurs villes du Maroc. Autre élément de taille: le PAM reste la première formation d’opposition. Finalement, la fièvre est retombée. C’était une fausse alerte et chaque clan campe sur ses positions. Sur la médiation, les partisans d’Avenir n’y voient aucun inconvénient. «Si le secrétaire général annule l’exclusion des secrétaires généraux régionaux, ils sont prêts à jouer le jeu. Aller ensemble au congrès et que le meilleur gagne», dit l’un d’entre eux. Sauf qu’il parle du congrès organisé par le clan Avenir. Ce courant contestataire avait mis en place une commission préparatoire pour organiser le congrès, souhaitant chasser l’actuel secrétaire général pour en placer un nouveau. Face à ces calculs, Benchamach joue la légalité. Il a déjà mis en place une commission préparatoire pour son congrès.

    M.C.

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