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    Fès: Non, les lustres d’Al Quaraouiyine ne sont pas à vendre

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5590 Le 11/09/2019 | Partager
    Leur transfert du musée Batha à la mosquée sera assuré par une entreprise spécialisée
    Un chef-d’œuvre de l’art islamique qui a marqué les siècles derniers
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    Les lustres de la mosquée fondée par Fatima Al Fihria font partie du patrimoine historique de la capitale spirituelle. Le plus grand, commandé au XIIIe siècle par le calife Almohade Muhammad An-Nâsir, fils et successeur d’Abû Yûsuf Ya’qûb Al-Mansûr, pèse 1,75 tonne pour 2,25 mètres de diamètre (Ph.YSA)

    Créée il y a plus de onze siècles et demi, la mosquée Al Quaraouiyine est victime de fake news largement relayées. Tout a récemment commencé par une image montrant le grand lustre de la mosquée Al Quaraouiyine au Louvre. Cette photo a été prise à l’occasion de l’exposition «Le Maroc Médiéval», organisée entre 2014 et 2015 à Paris. Les sources de l’intox, qui l’ont présentée comme récente, ont affirmé que le lustre a été vendu au musée parisien. Ce qui est totalement faux.

    Contacté par L’Economiste, Mohamed Bahaja a mis fin aux rumeurs: Le grand lustre et le lustre-cloche, tous deux exposés au Louvre, ont été bel et bien rapatriés au Maroc. Selon le délégué du ministère des Affaires islamiques et des Habous à Fès, «les deux lustres ont été exposés au musée français en 2015, à l’occasion de l’année du Maroc».

    Après cet événement, les deux Tourayas antiques ont été remises à la Fondation Mohammed VI des musées pour une exposition à Rabat, puis transférées au musée Batha à Fès. «Etant donné qu’il s’agit d’objets de valeurs patrimoniale et historique, ceux-ci nécessitent une manutention professionnelle à chaque démontage et déplacement. Nous n’attendons que l’entreprise en charge de cette manutention pour les réceptionner à la Quaraouiyine», précise Bahaja.

    Même son de cloche auprès de Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées (FNM), pour qui «les lustres sont au musée Al-Batha…Un musée qui appartient à l’Etat marocain, tout comme la mosquée Al Quaraouiyine». «J’ai contacté le wali de la région le 9 septembre. Il m’a confirmé qu’une entreprise spécialisée est désignée pour déplacer ces lustres à la mosquée Al Quaraouiyine», rajoute Qotbi.

    Vu leur poids, les difficultés que pose leur manutention, et l’exiguïté des ruelles de l’ancienne Fès, ces œuvres ne pourraient être déplacées facilement. Mais, tout porte à croire qu’elles retrouveront bientôt leur place à la mosquée emblématique de la vieille médina.

    Considéré comme un chef-d’œuvre de l’art islamique, le grand lustre de la mosquée fondée par Fatima Al Fihria a durablement marqué les dinandiers des siècles suivants. Réalisé entre 1202 et 1213 sur ordre du calife Almohade Muhammad an-Nâsir, fils et successeur d’Abû Yûsuf Ya’qûb al-Mansûr, le lustre de 2,25 mètres de diamètre et d’un poids estimé à près de 1,75 tonne, a coûté entre 717 dinars et un cinquième de dinar.

    En outre, ledit lustre dispose de plus de 500 godets, échelonnés sur une plateforme de neuf gradins. Le remplissage de ces godets nécessitait une quantité conséquente d’huile, extraite des oliviers faisant partie du domaine waqf de la mosquée.

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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