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    Economie

    Saisonniers à Huelva: Les gouvernements veulent rassurer

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5576 Le 22/08/2019 | Partager
    Les conditions de travail auraient été «améliorées»
    Près de 15.000 marocains ont été employés pendant la campagne 2019
    Aucune mention sur les plaintes de harcèlement sexuel déposées par les travailleuses
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    En 2012, un rapport accablant avait pointé les conditions de travail des travailleuses à Huelva. En 2019, plusieurs saisonnières marocaines ont déposé plainte pour harcèlement sexuel (Ph L'Economiste)

    Ils ont été près de 14.583 ouvrières et ouvriers marocains à avoir ramassé des fraises dans les serres de Huelva, dans le sud de l’Espagne en 2019.  Ce programme qui a démarré il y a 10 ans fait appel chaque année à des saisonniers pour la cueillette des fraises et fruits rouges. Le Maroc et l’Espagne avaient scellé un engagement commun consistant à donner à cette opération du travail saisonnier «un aspect culturel, humain et éducatif». 

    C’est ainsi que les ouvrières et ouvriers agricoles sont sélectionnés dans plusieurs villes du Maroc et recrutés selon un contrat à durée déterminée (CDD). En 2012, un rapport accablant de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) avait indiqué que dans certaines fermes, les conditions de travail sont humiliantes et ne respectaient pas le cadre législatif (Cf. L’Economiste du 31 janvier 2012 n°3710).

    Parmi les failles que le rapport avait relevé, des jours travaillés non rémunérés, des employeurs qui  retiennent les passeports des saisonniers pendant leur séjour, une restriction à la liberté de mouvement qui est illégale et considérée par les organes internationaux comme contrevenant au droit à un travail librement choisi….

    Plus tard et après le mouvement we too, plusieurs saisonnières ont déposé plainte pour harcèlement sexuel. Elles ont été lâchées par leurs employeurs et aussi par les deux gouvernements. Les plaintes n’ont pas eu de suite.  Et c’est peut-être pour se dédouaner face à ces critiques que les deux gouvernements (Maroc et Espagne) ont tenu à publier un communiqué conjoint. Selon ce document, le processus de migration régulière, ordonnée et sûre, a été positif pour les pays d’origine et de destination, et pour les personnes qui ont participé à cette campagne de migration circulaire. Ainsi, la campagne agricole de Huelva 2019 aura permis cette année d’offrir  5 millions de jours de travail déclarés, peut-on lire dans le communiqué. Les travailleurs espagnols ont représenté 42.979, les communautaires 21.894 et les extracommunautaires 26.418.

    «Les personnes de nationalité espagnole ou étrangère résidant en Espagne représentent la grande majorité des ouvriers agricoles de Huelva alors que les personnes déplacées du Maroc constituent un complément migratoire indispensable compte-tenu du volume d'embauche», indique-t-on.

    Au cours de la campagne 2019, les deux gouvernements ont introduit des améliorations au niveau de la gestion et du suivi de la campagne, en augmentant le nombre de réunions et la fréquence des contacts. Ce qui a permis de mettre en place une organisation appropriée permettant l’arrivée progressive des personnes qui viennent travailler selon un calendrier établi en fonction des besoins exprimés par le secteur.

    Les autorités marocaines et espagnoles ont déployé des efforts très importants pour respecter des délais extrêmement courts. En amont et au Maroc, l’Anapec (Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences), a organisé des séances d’information sur les droits et les conditions de travail ainsi que sur la sécurité et la santé au travail.

    De son côté, l’Administration  espagnole en collaboration avec la Communauté autonome d’Andalousie, les entreprises participant à un Régime de responsabilité éthique, professionnel, social, les syndicats et les organisations non gouvernementales, ont coordonné leurs actions pour assurer une prise en charge et une protection sociale des travailleurs conformément à la réglementation, insistent les rédacteurs du bilan.

    L’Espagne prépare la campagne 2020

    Derrière ce bilan, il y a aussi les préparations des prochains recrutements. Les deux gouvernements promettent d’ailleurs des améliorations en cas de besoin de travailleurs dans la cueillette de fraises. «Les efforts visant à garantir les droits du travail des personnes déplacées et leur protection sociale seront redoublés, impliquant de plus en plus la participation déjà considérable des différentes administrations territoriales ainsi que des organisations professionnelles, syndicales et non gouvernementales». Par ailleurs, un accent particulier sera mis sur de nouvelles améliorations en matière de formation dont vont bénéficier les travailleurs pendant leur séjour pour ainsi développer des compétences professionnelles utiles en Espagne et dans leur pays d'origine.

    Badra BERRISSOULE

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