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    Dossier Spécial

    Enfant vulnérable cherche famille d’accueil

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5575 Le 16/08/2019 | Partager
    Himaya, un programme pour mineur en contact avec la loi
    Difficultés de placement: La Fondation Amane témoigne
    Des enquêtes sociales pour éviter les mauvaises expériences
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    Mettre un enfant dans une famille d’accueil doit nécessairement être validé par la justice. De 2017 à ce jour, la Fondation Amane a pu placer 6 mineurs sur les 32 dont elle a la charge. Associé au projet Himaya, celui-ci cible des enfants ayant entre 3 et 18 ans qui sont en conflit avec la loi, victimes ou témoins ou en situation difficile. Ces enfants dits «en contact avec la loi»  relèvent des centres de sauvegarde de l’enfance et des foyers d’action sociale de Taroudant, Inezgane et Agadir (Ph. Fondation Amane)  

    Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a initié le projet «Himaya, pour un meilleur accès des enfants à la justice». Ce programme d’une durée de trois ans, de 2016 à 2019, est financé par l’Union européenne.

    Plusieurs acteurs y sont associés: ministères de la Jeunesse et des Sports, celui de la Justice, présidence du ministère public et des associations comme Bayti. Le projet Himaya vise à amener le système judiciaire à répondre aux besoins des enfants en conflit avec la loi et à faire bénéficier victimes et témoins d’une protection conforme à la Convention internationale des droits de l’enfant.

    La Fondation Amane pour la protection de l’enfance (FAPE) est l’une des associations partenaires. Elle s’active plus particulièrement dans la composante «familles d’accueil» du projet. Depuis le lancement de «Osar Al Himaya» en septembre 2017 à ce jour, l’association  basée à Taroudant a reçu 90 demandes de familles d’accueil et en a validé 11.

    Est-ce si difficile de trouver des familles éligibles? «Certaines familles sont plus intéressées par le régime juridique de  la Kafala. D’autres ne se montrent pas très engagées après avoir déposé leurs demandes d’accueil», explique Mattie Khoory. Cette jeune Britannique est chef de projet  «Osar Al Himaya» et coordinatrice de l’ONG Moroccan Children’s Trust, partenaire de la Fondation Amane.

    «Depuis le lancement du programme en septembre 2017 à ce jour, nos campagnes de sensibilisation sur les familles d’accueil ont touché 2.697 personnes via 65 ateliers dans la région Souss Massa», précise le directeur exécutif, Slimane Amansag.
    Par ailleurs, les difficultés de recrutement des familles d’accueil ont aussi «pour cause la faible compréhension du public sur le rôle de ce type de structure sociale et le refus d’accueillir certaines catégories: garçons, préadolescents...».

    «Les plus prisés sont ceux ayant moins de 5 ans», relève Abdlellah Soussi, président de la fondation créée en 2014. Raison pour laquelle ses représentants font valoir l’importance de l’enquête préalable au placement: «Le projet Himaya adhère au système international du Gatekeeping. Sa mise en œuvre se base sur l’idée selon laquelle les familles d’accueil devraient faire partie d’un continuum d’options de soins alternatifs pour les enfants privés de la protection parentale... Et ce, pour déterminer si le placement en famille d’accueil est dans l’intérêt supérieur de l’enfant».

    Mattie Khoory revient à ce titre sur les procédures appliquées par la Fondation Amane. Il y a d’abord «une évaluation initiale de sa situation: scolarité, santé, comportement...». S’ensuit une enquête sociale sur sa famille biologique. «Ce processus est clôturé par une évaluation approfondie de l’enfant à placer en famille d’accueil», insiste l’association. Pour les familles intéressées, la visite de leurs domiciles et l’enquête de moralité s’insèrent dans l’évaluation des demandes d’accueil... 

    Après la validation d’une demande d’accueil, la famille candidate passe par l’étape du «Matching».  Celle-ci vise le meilleur placement possible. «Les mineurs sont ainsi placés avec les tuteurs d’accueil. Ce sont des familles qui agissent sur la base d’évaluations écrites et un programme. Les opinions de l’enfant sont également pris en compte selon leur âge et leur stade de développement», d’après la présidence de la fondation. «Un Matching adéquat dépend d’une bonne compréhension des besoins ainsi que des compétences, des connaissances et de l’expertise des tuteurs d’accueil», poursuit la chef du projet, Mattie Khoory.

    Les assistants sociaux impliqués dans ce projet ont effectué des études en sociologie notamment. Ils ont bénéficié aussi d’une formation tout en ayant à leur actif une expérience dans le travail social. «L’on compte trois assistants pour 32 enfants en contact avec la loi. C’est à dire ceux qui sont en situation difficile ou en conflit avec la loi. La norme internationale prévoit un assistant pour 10 à 15 personnes au maximum. Nous sommes donc en conformité. Il va falloir augmenter nos effectifs pour anticiper sur le futur», indique la Fondation Amane. Nos interlocuteurs s’attendent à une hausse du nombre des enfants qui seront pris en charge. Pour l’heure, 6 enfants sur 32 ont rejoint des familles d’accueil.

    F. F.

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