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    Analyse

    Chimie & parachimie : Aller au-delà des objectifs fixés pour les écosystèmes

    Par Nadia DREF | Edition N°:5568 Le 02/08/2019 | Partager
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    Abdelkebir Moutawakkil, président de la Fédération de la chimie et de la parachimie (Ph. F. Alnasser)

    Le secteur de la chimie et de la parachimie est en quête d’un nouveau modèle de développement. Abdelkebir Moutawakkil, président de la Fédération de la chimie et de la parachimie revient sur les défis à relever pour améliorer la performance.

    - L’Economiste : Comment se porte l’industrie de la chimie et de la parachimie?
    - Abdelkebir Moutawakkil:
    Le secteur de la chimie et de la parachimie couvre un périmètre très étendu. Il est ainsi pourvoyeur de produits de consommation destinés au grand public (produits d’entretien, cosmétique…), fournisseur d’intrants pour d’autres branches de l’économie nationale (agriculture, automobile, plasturgie, pharmacie, bâtiment et construction…) et exportateur de biens. Il compte de grands groupes, à l’instar de l’OCP, l’un des leaders mondiaux sur le marché du phosphate et des produits dérivés et un acteur de référence incontournable sur le marché international depuis sa création en 1920. Il compte également un tissu formé de PME avec certaines limites par comparaison aux leaders à l’échelle mondiale. En conséquence, même si la progression suivie par le secteur est plus que positive, des défis demeurent posés pour bâtir une compétitivité structurelle et asseoir durablement la performance du secteur.

    - Les objectifs fixés pour les deux écosystèmes existants seront-ils atteints dans les temps ? Comment y parvenir?
    - Les réalisations enregistrées pour les deux écosystèmes en place, à savoir ceux de la chimie organique et de la chimie verte, d’une part, et le trend suivi depuis l’avènement du Plan d’accélération industrielle, d’autre part, nous confortent quant à la capacité d’atteindre les objectifs fixés. Nous pouvons même aller au-delà pour des volets comme l’investissement et la valeur ajoutée industrielle. La forte mobilisation de la Fédération de la chimie et de la parachimie et la collaboration active avec le ministère de l’Industrie y contribuent fortement.

    - Quels sont les points à améliorer?
    - D’importants enjeux continuent à être adressés. Il s’agit de la levée des freins à l’investissement et à la production industrielle dans le secteur (cadre juridique, foncier…), en capitalisant sur les meilleures pratiques à l’international et en tenant compte des mesures établies par des pays concurrents. Autres défis à relever: la garantie de la régularité de l’approvisionnement des entreprises de la chimie verte en ressources végétales et la réduction de leur dépendance aux importations. S’y ajoute l’optimisation de la structure des prix de revient des industriels en agissant sur les coûts des facteurs, dont certains restent pénalisants au niveau national telle que la composante énergétique. Autres chantiers: la régulation du marché local, la réalisation de transferts de technologie…

    - Les acteurs se concentrent au niveau de l’axe Casablanca-Rabat-Kénitra. Quelle place réservez-vous aux régions?
    - Les nouveaux écosystèmes s’inscrivent totalement dans le chantier stratégique national de la régionalisation avancée. Ainsi, en plus des hubs lancés par l’OCP (Safi Phosphate Hub, Jorf Phosphate Hub…), deux écosystèmes régionaux ont été priorisés. Le premier se situe aux environs de Casablanca. Sa vocation est de conforter la position de cette agglomération pour une totale intégration des filières, des économies d’échelle et le soutien à la taille critique requise pour un rayonnement mondial. De manière plus opérationnelle, il s’agit, en particulier, de sélectionner le site et le foncier devant accueillir l’écosystème projeté, de définir le concept et le phasage d’exécution, d’arrêter les montages juridique, institutionnel et financier de mise en œuvre et enfin d’élaborer la feuille de route pour l’opérationnalisation du projet.
    Le second écosystème poursuivi est celui prévu au niveau de la Région Souss Massa. Il œuvrera à valoriser davantage les atouts intrinsèques de la Région et à les transformer en investissements industriels. Ceci passe par une démarche ciblée qui allie la constitution d’une banque de projets d’investissement et d’une liste qualifiée d’investisseurs pouvant être intéressés par ces projets à une démarche soutenue de promotion des investissements.

    - Comment mettre à la disposition des investisseurs du foncier industriel abordable et bien situé ?
    - La disponibilité d’un foncier industriel adapté constitue un des pré-requis de taille aux nouveaux projets d’investissement et au développement du tissu industriel établi. Cependant, l’implantation des unités industrielles de première catégorie, dont une partie significative relève du secteur, est très pénalisée par la rareté d’un foncier industriel adéquat et par les lourdeurs imposées toujours en relation avec le cadre juridique des établissements classés. Ceci quand bien même notre secteur est particulièrement engagé dans les démarches de développement durable telles que la protection de l’environnement, la responsible care…
    Aussi, une offre foncière élargie et compétitive doit-elle être mise en place pour le renforcement des bassins de production existants et pour une meilleure couverture nationale. Ceci passe, notamment, par l’abolition des restrictions d’implantation et du système des dérogations au profit de l’application de cahiers des charges adaptés. Combiné aux réformes juridiques, le dispositif cible contribuera alors de manière forte à libérer le potentiel du secteur national de la chimie et de la parachimie.

    Et l’export?

    Pleinement intégré dans le commerce mondial, le secteur de la chimie et de la parachimie a toujours fait de l’export un levier pour assurer sa croissance et démontrer son savoir-faire. En plus des locomotives nationales et de multinationales du secteur, des PME structurées adressent des marchés internationaux, notamment, dans le cadre de niches. Toutefois, les principaux challenges posés par rapport au commerce extérieur tournent autour notamment de la réduction des besoins d’importation, en particulier, pour des matières premières, la substitution à l’importation et la diversification des marchés à l’export. S’ajoutent aussi les offres élargies et de produits à haute valeur ajoutée ainsi que la mise en place de mesures adaptées de l’Etat pour l’accompagnement de l’export, dont celles concernant les coûts logistiques, à l’instar des expériences internationales réussies dans ce domaine.

    Propos recueillis par Nadia DREF

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