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    Analyse

    Chimie & parachimie: Un nouveau business modèle

    Par Nadia DREF | Edition N°:5568 Le 02/08/2019 | Partager
    Foncier, formation, investissement… Les leviers
    Deux écosystèmes en cours de développement
    Le secteur réalise 63,5 milliards de DH de chiffre d’affaires
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    Le Maroc dispose déjà de locomotives nationales et internationales qui tirent vers le haut le secteur. D’autres investisseurs étrangers de rang 1 sont visés pour enrichir les deux écosystèmes de la chimie 

    Les industriels de la chimie et de la parachimie mettent le turbo pour la mise en œuvre des deux écosystèmes («chimie organique» et «chimie verte») signés en décembre 2015. Il ne leur reste que 18 mois pour atteindre les ambitieux objectifs fixés.

    Ceux-ci, qui n’englobent pas les activités de l’OCP, devront contribuer d’ici 2020 à créer 12.430 nouveaux emplois directs stables et 20.570 indirects, générer un chiffre d’affaires additionnel de 14,6 milliards de DH et une  valeur ajoutée supplémentaire de 3,8 milliards de DH. S’ajoute un volume à l’export additionnel de 9,8 milliards de DH.

    Selon Abdelkebir Moutawakkil, président de la fédération de la chimie et de la parachimie (FCP): «le patriotisme économique, associé à des réformes ciblées, rapides et concertées et à une collaboration rapprochée et pérenne entre les pouvoirs publics et la fédération constituent la meilleure réponse attendue pour développer l’industrie chimique nationale.

    Cela lui permettra de jouer pleinement son rôle dans la création des emplois stables et de la valeur ajoutée économique et sociale». Dans la foulée, plusieurs actions ont été menées. La fédération s’est réunie le 25 juillet dernier avec la tutelle pour faire le point sur l’état d’avancement de ces chantiers.

    A fin juin, 42% des objectifs ont été réalisés et 31 projets ont été retenus mobilisant 1,7 milliard de DH d’investissements (Cf. L’Economiste du 18/07/2019). Après plusieurs rencontres entre le ministère, la FCP et la cellule animation, des appels d’offres ont été lancés pour la réalisation de quatre études visant à dépasser plusieurs dysfonctionnements.

    La première concerne l’établissement de la monographie du secteur. Il s’agit de mettre à jour plusieurs indicateurs (inventaire des entreprises selon les filières, agrégats macroéconomiques…) et d’analyser l’évolution du secteur. Les résultats sont attendus pour la fin du troisième trimestre 2019.

    La deuxième étude vise à identifier et caractériser une zone industrielle de 1re classe dans les environs  du Grand Casablanca. La région souffre d’un manque chronique de terrains industriels de première et deuxième classe. La fédération a mis en place une commission spéciale pour chercher le foncier pouvant être transformé pour abriter des terrains industriels  et établissements classés. Le choix a été porté sur la zone rurale de la commune rurale de Sidi El Mekki à Berrechid.

    La troisième étude servira à identifier des projets d’investissements dans la région Souss Massa. Elle devra établir une première liste qualifiée d’opérateurs à démarcher et élaborer la feuille de route pour la poursuite de la promotion de la région.

    Face au manque de disponibilité du foncier industriel, les professionnels ne veulent plus s’installer uniquement à Jorf Lasfar. Ils demandent l’ouverture de nouvelles zones. Ils sont déjà en discussion avec les départements concernés dont celui de l’Equipement.

    Le quatrième appel d’offres consiste à réaliser une étude d’appui à la réforme du cadre juridique des établissements classés dangereux, incommodes et insalubres.  Un projet de refonte du Dahir de 1914 est en cours de discussion avec le ministère de l’Industrie et du Commerce.

    La FCP a également tenu une réunion avec les représentants du patronat à la chambre des conseillers en vue d’amender ce texte de loi. Les opérateurs pointent du doigt la multitude des textes en vigueur posant un problème de complexité dans leur application et n’encadrant pas le pouvoir discrétionnaire de l’administration avec tous les risques et dérives associés, souligne la fédération.

    Les professionnels se plaignent également de la lourdeur des démarches administratives et de la démultiplication des autorisations, agréments et autres formalités à mener auprès des administrations. Autre frein : le retard des dispositions préétablies, aussi bien par rapport à l’évolution de la législation nationale qu’au regard des réglementations similaires établies à l’étranger. C’est ce qui ressort du bilan fourni par le cabinet Etic Consult retenu par les industriels de la chimie et de la parachimie pour accompagner la mise en œuvre des écosystèmes durant la période 2018-2020.

    Pour booster les investissements, les professionnels travaillent avec la direction du Budget depuis mai dernier sur la révision à la baisse du seuil au niveau du contrat-programme. En matière d’IDE, l’accent sera mis sur l’attraction de nouveaux investisseurs étrangers de rang 1, mais «en complémentarité avec les entreprises du secteur, notamment celles proposant les équipements et les services», précise le président de la fédération.

    Afin de doter les deux écosystèmes chimie de compétences qualifiées, la FCP a établi un inventaire de tous les besoins en techniciens, ingénieurs, cadres administratifs… Les besoins en main d’œuvre s’élèvent à 1.762 personnes en 2019 et 2.282 en 2020. Par ailleurs, la fédération a également participé avec l’OFPPT à la refonte du programme de formation des techniciens en chimie industrielle.

    10% des emplois industriels

    Les activités liées à la chimie et la parachimie sont très capitalistiques. Le secteur réalise un chiffre d’affaires annuel de 63,5 milliards de DH. Il absorbe 10% des emplois industriels. Il compte 950 entreprises soit 12,5% du tissu industriel. Les principales entreprises du secteur sont: OCP, SCE, Société nationale d’électrolyse et de pétrochimie (Snep), Procter & Gamble, International Paper, Atlas Peintures, GPC, Sevam… Le secteur de la chimie et de la parachimie fabrique 16,1% de la production industrielle. A fin mai, le taux d’utilisation des capacités a augmenté de 3,8 points, précise la note de conjoncture éditée par la Direction du Trésor et des Finances Extérieures. Au niveau de la bourse, la chimie est l’un des secteurs cotés qui aurait tiré le marché des actions vers le bas avec -34,9%, avec ceux des ingénieries et des biens d’équipement industriels (- 47%), de la promotion immobilière (-42,2%), des mines (-40,3%), des services aux collectivités (-24,8%) et des assurances (15,3%), confirme le HCP.

    Nadia DREF

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