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    Culture

    Expo: Une ode à l’amour

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5554 Le 11/07/2019 | Partager
    Quatre artistes et autant de visions sur la question
    Une exposition en marge de l’évènement panafricain «Prête-moi ton rêve»
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    Mohamed El Baz présente, entre autres, une série de portraits d’hommes de tout âge, plongés «au fond de la piscine», pleurant jusqu’à faire couler le Rimmel sur leurs rouges à lèvres (Ph. Fouad Maazouz/FDCCA)

    «L’amour est enfant de bohème, il n’a jamais, jamais  connu de loi…»,  disait Carmen dans l’opéra de Bizet, auquel répond le critique et théoricien d’art Simon Njami: «Cet obscur objet (l’amour) est frivole, versatile. L’humain ne saura jamais à quel instant il connaîtra le bonheur d’en être visité». Une conversation que rejoint Qaïs le fou de Leïla : «Je subis sans répit la troupe des censeurs/ Au chagrin, par ma vie! Nul ne peut rien entendre/«Force ton cœur, dit-on, et il va se reprendre/Je réponds, moi: «Aimer vous laisse-t-il un cœur?». Vous l’aurez compris, c’est d’amour intense, inconditionnel, qu’il s’agit dans cet exposition qui dure jusqu’au 17 juillet à Casablanca. Intitulée, à juste titre, «Vertiges de l’Amour», commissariée par Syham Weigant, l’exposition se tient dans le tout nouvel espace d’art «Rue de Tanger», au cœur de la médina de Casablanca, sis dans la rue éponyme. Elle est organisée dans le cadre de l’exposition panafricaine «Prête-moi ton rêve» (cf. L’Economiste N° 5499),  qui a donné 
    L «Carte Blanche» à la curatrice. Syham Veigant  s’est alors inspirée des grands mouvements romantiques de l’art,  en proposant comme l’écrit Musset que si «la vie est un sommeil, l’amour en est le rêve». Au milieu des rêves que l’Afrique peut nourrir et loin des passages obligés, l’exposition d’amour dans tout ses états. Elle réunit les travaux  de quatre artistes marocains contemporains: Yassine Balbzioui, Hicham Berrada, M’barek Bouhchichi et Mohamed El Baz. L’exposition est accompagnée d’un très beau catalogue rehaussé de textes poétiques et philosophiques sur l’amour. «Il ne s’agit en aucun cas d’un dialogue entre les artistes», précise la curatrice. Dans ce nouveau lieu tout en verticalité, chaque artiste  a son propre espace pour y exprimé sa conception. Yassine Balbzioui use, comme à son habitude, de personnages maqués, symbole du travestissement des sentiments. Dans «Vertiges de l’Amour», il va encore plus loin en  proposant une installation faite de sculptures  acidulées et multicolores d’armes factices servant de jeux d’enfants.  «Des enfants qui grandiront et dont  les jeux seront aussi ambigus que dans la supposée innocence des jeunes années».  Hicham Berrada, grand adepte du mélange de la science pure et de la création artistique, réussit, grâce à d’étranges procédés, à nous plonger dans un univers de nuit, usuellement invisible, qui  nous plonge dans un univers poétique et onirique. Une nuit qui n’est pas sans rappeler  plusieurs scènes mythiques et romanesques «que l’on retrouve autant chez Shakespeare dans Roméo et Juliette  que déclamée par un Cyrano que cette nuit protège et libère, à sa Roxane». L’œuvre de M’barek Bouhchichi, rejoint la réflexion de Simon Njami dans le texte, dans le fait que «l’amour» et le «chagrin d’amour» sont deux notions indissociables.  Les deux sont intimement liés à l’ «Amarg», la poésie amazighe. Les œuvres de Bouhchichi sont un hommage à un poète, M’barek Ben Zida,  auquel l’artiste se sent «ferré». «La première chose qui m’a ‘ferré’ à ce poète  et à sa poésie est le fait qu’il s’est affilié au lignage maternel plutôt qu’au lignage paternel. En se détachant de son vrai patronyme (M’barek O’Messoud) à l’avantage de M’barek ben Zida (le prénom de sa mère), le poète entend rompre définitivement avec  un passé fait d’esclavagisme, ses ancêtres étant soumis à ce système. Un amour chanté pour sa mère», précise Bouhchichi. Pour Mohamed El Baz, c’est une version bien fragile de l’homme, qu’il est question. En présentant une série de portraits d’hommes de tout âge, plongés «au fond de la piscine», comme le faisant chanter Gainsbourg à Adjani, pleurant jusqu’à faire couler le Rimmel sur leurs rouges à lèvres, l’artiste se demande: «Clowns tristes, derrière le rideau, pleurant leurs maquillages quand la scène ne les éclaire plus? Larmes de passion ou de Visitation? Peut-être aussi une plénitude ou de la nostalgie, leurs mystères sont un écho à nos profondeurs». 

     

     

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