×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Une agence de sécurité du médicament en route

    Par Nadia DREF | Edition N°:5553 Le 10/07/2019 | Partager
    Les pharmaciens pressent le gouvernement à revoir le décret de fixation des prix
    Les conclusions de l’OMS et du Conseil de la concurrence seront déterminantes
    agence_securite_medicament_5553.jpg
     

    Aux professionnels qui lui exposaient les difficultés de leur secteur au 20e forum pharmaceutique international tenu la semaine dernière à Marrakech, Anass Doukkali, ministre de la Santé, a répondu par la déclinaison des chantiers sur lesquels travaille son administration. Il a tenté de rassurer les praticiens en insistant sur le statut prioritaire du secteur de la pharmacie dans les réformes que prépare le gouvernement et d’y associer au maximum les professionnels. 
    Il s’est surtout engagé sur l’obligation de résultat. Les recommandations issues des travaux des comités mixtes seront déclinées en plans d’action concrets assortis d’échéanciers précis. Une des priorités sera la création de l'Agence marocaine pour la sécurité des médicaments et des produits de santé. «Ce projet avance à grands pas», lance le ministre aux congressistes. Les grandes lignes du projet de texte de loi seront prêtes avant le 31 juillet.
    Mais les pharmaciens ont une tout autre urgence. Ils pressent le gouvernement à accélérer la révision du décret de fixation des prix des médicaments. C’est la réforme la plus attendue par la profession. Le message s’adressait aussi au chef du gouvernement, El Othmani. «Ce texte doit être actualisé d’urgence. Il a été adopté sans étude d’impact et a été dévastateur pour le secteur sur tous les plans. Nous sommes pour la révision des prix mais nous restons intransigeants sur la qualité des médicaments», prévient le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens. Le ministre de la Santé lui s’en remettra aux conclusions d’une étude menée par l’OMS avant de se prononcer et aux travaux du Conseil de la concurrence qui se penche également sur le dossier des médicaments. Le rapport du Conseil est attendu très prochainement. Ses recommandations devraient nourrir la réflexion sur la mise à jour de la réglementation qui encadre la fixation des prix des médicaments.

    1/3 des pharmacies
    en difficultés financières

    Comme ses prédécesseurs, Hamza Guedira a brossé un tableau sombre de la situation économique des pharmacies d’officine. Il s’alarme de la chute de leur revenu, «entre 30 et 50%». Le chiffre d’affaires moyen d’une pharmacie d’officine s’élève à 750.000 DH/an. Selon le président de l’Ordre des pharmaciens, chaque semaine, 2 à 3 pharmacies baisseraient les rideaux quelque part au Maroc. Mais il n’a pas indiqué le nombre des ouvertures, qui se concentrent essentiellement dans les grands centres urbains. A ce rythme, 1/3 des 12.000 officines du pays serait condamné à terme, prévient-il. 
    Faute de demande solvable, les laboratoires pharmaceutiques manquent de visibilité. Certains se redéploient vers l’export ou redimensionnent, voire cèdent, leur activité industrielle locale pas assez rentable. 
    Rien n’est irréversible. L’augmentation récente du prix de 14 médicaments laisse entrevoir, peut-être, une inversion de la courbe. Cette hausse a agréablement surpris la profession sachant que les prix des médicaments sont bloqués depuis 1997. Sur les 6.500 références commercialisées, 3.000 ont connu d’importantes baisses tarifaires ces dernières années. Pour l’instant, les pharmaciens restent prudents. «Nous attendons des décisions  beaucoup plus importantes et en urgence», assure le président de leur instance ordinale. Mais l’équation à résoudre est moins le prix que le pouvoir d’achat des ménages et l’accès aux soins. Le médicament est certes important mais il n’est qu’un maillon de cette chaîne. 


    Quelques recommandations 

    LE Forum pharmaceutique international a été une occasion pour échanger sur les expériences et les problématiques liées à la santé pharmaceutique. Le thème retenu s’articulait autour de «la sécurité et la qualité de l’acte pharmaceutique et de biologie médicale». Environ 2.000 pharmaciens dont 600 provenant des pays africains. Y ont participé également des experts et chercheurs qui ont animé le volet scientifique du congrès. Plusieurs recommandations ont été formulées lors de ce forum. Il s’agit de l’harmonisation des textes régissant le secteur en perspective de la ratification de la création de l’Agence africaine des médicaments dont le siège permanent sera installé en Côte d’Ivoire. Autres recommandations: l’amélioration de la qualité de la formation en Afrique et l’instauration obligatoire de la formation continue. Les participants ont également insisté sur les actions à mettre en place pour éviter les ruptures des médicaments et assurer la sécurité du circuit des médicaments pour contrecarrer la falsification et la contrefaçon. Par ailleurs, deux réunions de l’Ordre africain des pharmaciens et de l’Ordre francophone des pharmaciens ont eu lieu en marge du forum. 

     

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc