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    Atlantic Free Zone/Usine PSA: Les toutes premières retombées à Kénitra

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5550 Le 05/07/2019 | Partager
    Les premiers effets tangibles de l’écosystème
    62 fournisseurs approvisionnent le constructeur français
    A terme, 30.000 emplois et autant de résidents: Une ville dans la ville!

    Des infrastructures, des usines, de la sous-traitance, des emplois par milliers, de l’export... Les toutes premières retombées de l’usine PSA se sont fait ressentir avant même le démarrage officiel du site. Premier acquis solide: l’aménagement-développement d’un parc industriel de dernière génération par MedZ (filiale de la CDG). Ce qui a permis l’implantation de 27 nouvelles usines de nationalités différentes. Au total, 62 unités industrielles et équipementiers fournissent le site de PSA. Le ministère de l’Industrie parle de l’entrée de 28 nouveaux investisseurs à la zone industrielle du Gharb et de 22 autres à la ZI de Tanger, soit 50 usines entre les deux pôles industriels. 
    A lui seul, l’écosystème PSA a permis de créer 25.300 emplois directs. A terme, l’objectif est de monter à quelque 30.000 postes, voire au-delà dans l’ensemble de la zone franche dédiée à l’automobile à Kénitra (Ameur Seflia). Le constructeur a investi 3 milliards de DH et prévoit d’injecter autant dans ses projets futurs (soit 6 milliards de DH). En tout et pour tout, Atlantic Free Zone absorbe 18 milliards de DH d’investissements. Aujourd’hui, la zone industrielle de Kénitra est occupée à hauteur de 92% par des équipementiers de renom, des greenfields, des usines opérationnelles ou encore des unités en cours de construction. Ce qui érige Kénitra en pôle industriel qui aura désormais son mot à dire sur l’échiquier international. Le Maroc est en passe de devenir une pièce maîtresse de la stratégie de croissance à l’échelle de la région. Selon Jean Christophe Quémard, vice-président exécutif de PSA en charge de la région Mena: «Cette usine est le coeur de l’écosystème PSA et de la stratégie de croissance de notre groupe au Maroc». Pour la 1re année, le constructeur table sur 100.000 voitures. Les capacités seront doublées (200.000 unités) dès fin 2020.

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    Une trentaine de groupes et greenfields.  Repérage des équipementiers implantés tout autour du chef de file et donneur d’ordre: Peugeot Citroën Automobiles Maroc (PCAM), filiale du constructeur français PSA

    AGC Induver (vitrage), Faurecia (sièges et systèmes d’intérieur), Nexteer (systèmes de direction assistée, EPS), Lear (équipements intérieurs), Sumitomo, Delphi (faisceaux de câbles), Gestamp (design et fabrication de composants), Saint Gobain... sont autant de groupes de renom qui ont fait confiance à Kénitra (voir infographie). Le démarrage de l’usine PSA aura aussi permis le lancement de la production de trois nouvelles usines. Il s’agit de Dicastal (groupe chinois), numéro 1 mondial de la fabrication de jantes en aluminium. Un investissement de près de 4 milliards de DH qui s’étend sur une superficie de 24 ha. Cette unité produira 3 millions de jantes par an. Des capacités qui seront doublées dès l’extension du site Citic Dicastal. 
    Autre usine emblématique, celle du groupe marocain (le seul) Induver avec le japonais AGC (numéro 1 mondial de vitrage automobile). Il s’agit là d’une joint-venture qui s’étend sur 13 ha. Montant de l’investissement: 1,5 milliard de DH. Cette JV, qui repose sur des technologies pointues, produit déjà des pare-brise et vitrage de dernière génération. Faurecia est un autre symbole de fierté de l’écosystème PSA au Maroc. Ce groupe français est le numéro 1 mondial de l’intérieur de véhicules (habitacle). Il produira des planches de bord, des panneaux de portes et des lignes d’échappement pour le compte de PSA.  L’usine Faurecia s’étend sur 4 ha avec un investissement de 300 millions de DH.  Ces trois usines, en plus de celle de PSA, totalisent un investissement global de 8 milliards de DH. Fort de toutes ces implantations, l’écosystème PSA démarre avec 60% de composants fabriqués au Maroc (contenu local). Autre actualité et non des moindres, le lancement de Nexteer Automotive. Il s’agit là de la 1re usine du groupe éponyme en Afrique et 27e dans le monde. Un investissement global de 30 millions de dollars. 80% de la production de cette unité (spécialisée dans les systèmes de direction assistée -EPS- ainsi que les systèmes de transmission destinés aux groupes PSA, FCA, Renault-Nissan-Mitsubishi...) seront orientés à l’export, le reste ira à PSA Kénitra. L’usine Nexteer compte une centaine de salariés qui passeront à 500 dès 2020. Une seconde tranche de cette unité est programmée. 
    Plus encore, la zone franche est désormais connectée et reliée par un rail de l’ONCF qui permettra de développer le trafic de marchandises entre Kénitra et TangerMed. La ligne à grande vitesse (LGV) aura permis de libérer le rail et de développer le transport ferroviaire de marchandises de et vers la ville du détroit. Le lancement officiel de l’usine a aussi permis de donner le coup d’envoi à la Phase II de PSA qui permettra de doubler les capacités et monter à 200.000 véhicules et autant de moteurs dès 2021. Le site de construction automobile prévoit d’exporter 90% de la production vers 80 marchés. 
    Avant même le démarrage du constructeur français, les achats de PSA au Maroc se sont élevés à plus de 8 milliards de DH (sourcing local). L’objectif est d’arriver à 1 milliard d’euros avant même 2025. Le challenge consiste à doubler ce montant dans des délais assez courts.
    Atlantic Free Zone (AFZ) a été créée en 2010 sur une superficie globale de 345 ha (la 1re tranche est de 192 ha et 205 lots) à 12 km de la ville de Kénitra. Le site présente aux investisseurs, opérant notamment dans le secteur automobile, un environnement adéquat pour la réalisation de leurs projets, avec des infrastructures de qualité et de nombreux avantages, notamment le statut de zone franche, une offre commerciale diversifiée, un guichet unique et une connexion optimale à l’autoroute et au rail. AFZ abrite également une zone non franche dite généraliste. Ce pôle industriel comprend deux zones: une zone franche d’exportation (plus de 2 millions de m2) avec des avantages fiscaux et douaniers pour les entreprises qui s’installent dans le parc. Et une zone libre où toutes les entreprises peuvent s’installer sans aucune condition à l’export. La zone franche cible essentiellement les secteurs de l’industrie, notamment les équipementiers automobile, les activités connexes et d’export, la logistique industrielle ou encore les services support à l’industrie (maintenance, bureaux d’études, centres d’affaires...). A terme, cette zone sera dotée d’équipements publics et de proximité, de commerces et services, d’un hôtel, de restaurants, de centres d’expositions ainsi que des espaces verts et aires de repos. Près de 25.000 salariés sont actuellement employés dans cette zone. 

    Flambée de l’immobilier!

    Les retombées se font même ressentir au niveau du chef-lieu du Gharb. En effet, Kénitra accueille depuis des mois de nombreux projets immobiliers pour absorber la nouvelle demande de cadres, ingénieurs, expatriés, techniciens... Le défi est gigantesque: A terme, la ville devra absorber 30.000 personnes, des salariés de l’écosystème PSA. Ce qui représente l’équivalent d’une petite ville! D’ailleurs, bien avant même le lancement officiel de l’usine, ou encore l’effet TGV, les prix de l’immobilier résidentiel et des commerces ont enregistré des hausses substantielles. «Il y a une flambée des prix tous segments confondus», confirme un promoteur. Les fourchettes de prix du loyer sont également en train de monter en flèche. En plus du renchérissement de l’immobilier (résidentiel et commercial), les axes et les grandes artères de la ville sont déjà saturés.   Malgré les travaux d’élargissement des voiries et des boulevards, la mobilité et la circulation se compliquent dans une agglomération calme d’habitude. Autrement dit, l’urbanisme devra être repensé et anticiper la nouvelle donne.

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