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    International

    Conférence de Bahreïn: L’illusion du «plan de paix»

    Par L'Economiste | Edition N°:5542 Le 25/06/2019 | Partager
    Washington veut rapprocher Israël et les pays du Golfe
    La Palestine ne sera pas présente

    La conférence sur le développement palestinien, co-organisée par les Etats-Unis, débutera ce mardi 25 juin à Bahreïn. Elle pourrait permettre à Washington de rapprocher ses alliés du Golfe et Israël au moment où montent les tensions avec leur ennemi commun, l'Iran.
    L'Autorité palestinienne boycotte cette réunion, baptisée «De la paix à la prospérité», à laquelle participent en revanche les puissances régionales du Golfe, l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis.  Les Etats-Unis présenteront au cours de cette conférence le volet économique de leur plan de paix pour le Proche-Orient, attendu depuis longtemps. Les Israéliens ont annoncé leur participation mais n'ont pas précisé s'ils allaient envoyer une délégation officielle ou simplement des hommes d'affaires à Bahreïn, pays avec lequel ils n'ont pas de relations diplomatiques.
    Pour Hussein Ibish, chercheur à l'Arab Gulf States Institute de Washington, les pays du Golfe «ont bien conscience qu'une conférence sur le développement palestinien sans les Palestiniens et sans participation officielle d'Israël est ridicule».
    «Je pense qu'ils veulent surtout obtenir des bons points de la part de l'administration Trump, spécialement en ces temps de tension avec l'Iran», a-t-il assuré.   L'équipe américaine, emmenée par le conseiller du président américain Jared Kushner, va révéler les détails de son plan économique. L'administration Trump a indiqué samedi qu'elle espérait lever plus de 50 milliards de dollars et créer un million d'emplois pour les Palestiniens en dix ans. Les dirigeants palestiniens sont néanmoins extrêmement suspicieux à l'égard de Jared Kushner, un ami de la famille Netanyahu, qui a reconnu Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu.
    Ainsi, en l'absence des principaux intéressés, la conférence ne devrait pas parvenir à des résultats tangibles, estiment les experts. Cela permettra à l'administration américaine de tenter de rapprocher les Etats du Golfe de leur allié principal dans la région, Israël, dans le cadre d'une alliance anti-iranienne. «Si vous voulez unir tout le monde contre l'Iran, vous devez faire avancer le processus de paix entre Israël et les Palestiniens», estime pour sa part Yoel Guzansky, ancien directeur de la section «pays du Golfe» au Conseil national de sécurité israélien.
    Israël a intensifié l'an dernier ses efforts en vue de resserrer ses liens avec les pays du Golfe, sans toutefois l'admettre officiellement. En octobre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait sa première visite à Oman. Quelques jours plus tard, la ministre israélienne des Sports Miri Regev a visité la fameuse mosquée Cheikh Zayed à Abou Dhabi, alors que le ministre israélien des Communications, Ayoub Kara, prononçait un discours à une conférence à Dubaï.
    Le prince héritier d'Arabie Saoudite Mohammed ben Salmane avait quant à lui déclaré lors d’un entretien avec un journal américain que les Israéliens, tout comme les Palestiniens, «ont le droit de posséder leur propre terre»
    Des responsables américains ont laissé entendre que le plan de paix final, qui ne devrait pas être révélé avant le mois de novembre, pourrait ne pas mentionner la création d'un Etat palestinien indépendant. Cela rompt avec la ligne suivie par la diplomatie américaine ces dernières décennies. Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré que «la situation économique ne doit pas être débattue  avant qu'il y ait une discussion sur  la situation politique».

    Des manifestations contre le  «congrès de la honte» à Rabat

    Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche 23 juin à Rabat pour protester contre la conférence de Bahreïn. La «Marche du peuple marocain contre le congrès de la honte» était organisée à l'appel de l'Association marocaine de soutien au peuple palestinien avec des appuis divers, tels qu’Al adl wal Ihsane au PJD, en passant par la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et l'Istiqlal. Des slogans visaient les «régimes arabes traitres», décrits comme «des alliés du sionisme», tandis que des banderoles affirmaient: «Le peuple marocain refuse toute participation au congrès de Bahreïn». La Maison Blanche a indiqué la semaine dernière que le Maroc serait présent à la conférence. Mais, jusque-là, le Royaume n'a rien confirmé.

    Sami ANOUAR

     

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