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Economie

Une inflation basse, tout sauf une bonne nouvelle

Par Franck FAGNON | Edition N°:5541 Le 24/06/2019 | Partager
-0,1% en moyenne sur les cinq premiers mois de l'année
Cela refroidit la consommation des ménages plus qu'elle ne l'encourage
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Idéalement, la banque centrale vise une inflation aux alentours de 2%, ce qui théoriquement encouragerait la consommation des ménages et l'investissement des entreprises

Le comportement des prix à la consommation fait dire aux autorités monétaires que les craintes liées au pouvoir d'achat à l'approche de la mise en œuvre de la réforme du régime de change étaient injustifiées. En moyenne sur les cinq premiers mois de l'année, les prix ont reculé de 0,1% (source: HCP). Après 1,9% en 2018, l'inflation ralentirait à 0,6% en 2019 selon les dernières prévisions de la banque centrale. L'inflation sous-jacente, qui exclut les prix des produits volatils et ceux des produits réglementés, ne dépasserait pas 0,8%. 
Ce régime n'est bon pour personne (Etat, ménages, entreprises...). Le gain de pouvoir d'achat pour les ménages consécutif à la baisse des prix est relatif puisque, dans le même temps, les entreprises, elles aussi, procèdent à des ajustements qui peuvent toucher les salaires. Si les prix ne progressent pas beaucoup, c'est aussi parce que l'activité ralentit et les ménages ont tendance à freiner leur consommation. Le niveau du chômage et la précarité de nombreux emplois pèsent sur leurs achats. Au premier trimestre, la consommation des ménages n'a progressé que de 2,8%. Cela veut dire une demande moins robuste adressée aux entreprises et a priori une atténuation des rentrées fiscales pour l'Etat. L'impact du ralentissement de la consommation des ménages est plus visible sur les recettes de TVA. Sans compter la fraude qui pèse lourd sur le rendement de cet impôt.  Idéalement, la banque centrale vise une inflation aux alentours de 2%, ce qui théoriquement encouragerait la consommation des ménages et l'investissement des entreprises. En se projetant jusqu'en 2021, la banque centrale prévoit une hausse moyenne de 1,1% des prix à la consommation. Cette prévision peut évoluer à la hausse comme à la baisse, les prix du carburant à la pompe, l'évolution des salaires ou encore les décisions de politique monétaire étant susceptibles d'influencer le niveau des prix sur cette période.
Parmi les composantes de l'inflation, la surchauffe sur les frais de scolarité se poursuit. Ils ont augmenté de 3,4% sur les cinq premiers mois de l'année contre un renchérissement de 1,4% des tarifs dans la restauration et l'hôtellerie. En revanche, les prix des produits alimentaires ont enregistré une baisse de 2,2%. Les prix ont stagné ou baissé dans 15 villes sur les cinq premiers mois.
 

 

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