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    Economie

    Comment l’usine PSA sera connectée au réseau ferroviaire

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5540 Le 21/06/2019 | Partager
    Des installations permettant de transférer en phase 1 sur Tanger Med 100.000 voitures par an
    Objectif: Atteindre à terme le double
    L’ONCF capitalise sur le partenariat réussi avec Renault

    Le lancement jeudi 20 juin de l’usine Peugeot de Kenitra remet la stratégie nationale de fret et logistique de l’ONCF au cœur de l’actualité économique. Aujourd’hui, le constructeur français s’appuie sur le dispositif ferroviaire pour réaliser le transport par trains de ses voitures (construites dans la région de Kénitra) vers le port de Tanger Med.

    La logistique que l’ONCF met à la disposition de PSA consiste à connecter l’usine au réseau ferré national par des installations ferroviaires performantes, permettant de transférer en phase 1 sur le port de Tanger Med un volume annuel de 100.000 voitures. Dans la phase 2, ce chiffre sera doublé pour atteindre 200.000 voitures, avec des cadences de 250 à 500 voitures par jour.

    Cette situation est aujourd’hui possible grâce aux investissements consentis par l’ONCF qui avait cherché à se positionner sur ce créneau. Ce qui fait dire à Mohamed Rabiî Khlie, en marge du démarrage officiel de l’usine, que «l’ONCF a capitalisé sur le partenariat réussi avec Renault pour accompagner PSA dans le développement de son business plan».

    Mais avant cette étape, l’Office avait entrepris d’autres opérations  «les installations ferroviaires de connexion ont été conçues et réalisées pour permettre à Peugeot de développer ses exports afin d’atteindre à terme un volume annuel de 200.000 voitures». Cette opération s’inscrit dans le cadre de la mise en place de plans logistiques sectoriels conclus avec ses gros clients. D’ailleurs, l’un d’entre eux concerne le transport des voitures.

    En effet, depuis l’installation en 2012 de l’usine Renault, le transport ferroviaire de voitures se développe dans des proportions très considérables. Ainsi, l’ONCF a pu transférer, en 2018 et à des cadences journalières de 1.500 voitures et par l’utilisation de 6 trains quotidiens transportant 240 voitures par train entre le port de Tanger Med et l’usine.

    Un volume de 340.000 voitures a été réalisé, confirmant ainsi sa pertinence et son adaptabilité à la logistique de voitures au Maroc. Concrètement et depuis la mise en service de l’usine Renault et sa connexion au réseau ferré national, le transport ferroviaire n’a cessé de se développer dans des proportions considérables. Ainsi, entre 2012 et 2017, l’ONCF a déjà dépassé le cumul de 1 million de voitures de l’usine Melloussa vers le port de Tanger Med.

    Ces performances ont encouragé des opérateurs de voitures à exprimer leurs souhaits de s’associer à l’ONCF pour «développer le transport sur d’autres axes et destinations». Ils veulent «étendre leur collaboration au-delà du transport, pour toucher d’autres créneaux d’activités logistiques», indique Mohamed Rabiî Khlie sans aller dans les détails. Cet accompagnement de PSA a été rendu possible grâce au projet de la grande vitesse qui a permis la libération de la capacité sur la ligne conventionnelle Tanger-Kénitra pour assurer le transport par train des voitures entre ces deux villes.

    Le DG est revenu sur l’implémentation de sa stratégie fret et logistique au profit des opérateurs économiques nationaux et internationaux. Ainsi, il leur propose des solutions logistiques globales et intégrées qui leur permettent d’optimiser les flux et les chaînes d’approvisionnement et de distribution de leurs marchandises, note Mohamed Rabiî Khlie.

    Pour le patron de l’Office, l’opérationnalisation de cette stratégie lui assure un positionnement déterminant sur le marché de la logistique au Maroc. Ce qui le conduirait, à horizon 2025, au doublement de l’activité du transport ferroviaire de marchandises.

    Par ailleurs, outre les céréales, la stratégie nationale fret de l’ONCF comporte un plan logistique des hydrocarbures qui fonctionne à plein régime. De l’avis du patron de l’ONCF, en s’appuyant sur les atouts intrinsèques du transport ferroviaire, «les distributeurs des produits pétroliers tirent une très grande satisfaction». Ce plan leur a permis d’améliorer leur capacité de stockage et de garantir la sécurité d’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.

    Les bacs de stockage construits par les distributeurs sur des terrains connectés à la voie ferrée sont alimentés régulièrement par des trains complets de 1.200 à 1.500 tonnes par train, ce qui constitue un atout de taille pour la sécurité des circulations, ajoute Mohamed Rabiî Khlie.

    Chaîne logistique intégrée

    Le transport du phosphate et des produits chimiques continue même si l’ONCF avait été traversé par des inquiétudes sur le sort de cette activité avec le projet de pipeline que l’OCP s’apprêtait à construire. En effet, les deux offices ont signé un accord dans la même lignée que le partenariat historique sur la période 2016-2021. Selon une note, ce sont 19 millions de tonnes de phosphates transportés en 2016, générant un chiffre d’affaire de 1,5 milliard de DH, en hausse de 8% par rapport aux prévisions initiales.  A cela s’ajoutent 4,2 millions de produits chimiques transportés la même année de l’usine vers le port, pour un chiffre d’affaires de 109 millions de DH (+ de 10%).
    Il est à préciser que le fret ferroviaire dispose d’atouts puisqu’il offre une capacité importante d’acheminement à hauteur de 4.000 tonnes par train, soit l’équivalent de 150 camions d’une capacité de 30 tonnes. Pour l’ONCF, le mode de transport ferroviaire ne doit plus être considéré isolément. L’avenir est à l’intégration. L’idée est de «ne plus raisonner en maillons de transport isolés ou en silo, mais en chaîne de logistique globale et intégrée».

    Mohamed CHAOUI

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