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    Culture

    Musiques sacrées du monde: Les festivaliers en force même en semaine

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5538 Le 19/06/2019 | Partager
    Un quart de siècle déjà, une grande célébration «spirituelle»
    Préserver un événement fédérateur, une affaire de tous
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    La force magnétique de Michelle David, la puissance volcanique et la douceur spirituelle de son gospel profane au look rétro, amènent une dimension inédite au genre consacré et le subliment en prière chaloupée sur swing d’alléluia. C’est ce qui a marqué son spectacle, lundi soir, au Jardin Jnane Sbill… où tous les festivaliers se sont mis à danser (Ph. YSA)

    Grand rush pour le festival de Fès des musiques sacrées du monde (FFMSM), dont la 25e édition continue de livrer ses surprises. La journée du 17 juin était riche en activités musicales spirituelles et le public s’est rendu en masse sur tous les sites du festival pour profiter de cette programmation inédite. Beaucoup d’émotion, de nostalgie aussi, autour du charme ancestral de Fès, cette cité vieille de 12 siècles, marquée par une histoire commune rassemblant les trois religions monothéistes.

    Plusieurs juifs originaires de Fès sont venus en famille pour revivre «la vieille histoire et se ressourcer». Un retour aux sources qui se fait en toute quiétude grâce au renforcement des mesures de sécurité, à côté des hôtels, dans les sites du festival, et partout en médina. Unanimement, le FFMSM est actuellement le seul événement fédérateur, mobilisateur et de rayonnement international.

    Les professionnels du tourisme l’attestent. D’ailleurs, la machine «hôtelière» tourne à plein régime et «les gens sont contents». L’histoire retiendra que la manifestation initiée il y a plus d’un quart de siècle par Mohamed Kabbaj, alors conseiller royal, et Faouzi Skali, anthropologue, continue de vivre, grâce à l’appui des autorités locales et élues, les sponsors, et aujourd’hui Abderrafih Zouitene, qui préside à sa destinée.

    L’actuel président de la Fondation Esprit de Fès, organisatrice du FFMSM, est derrière l’embellie touristique actuelle grâce au désenclavement aérien assuré dans le cadre des contrats co-marketing. «Il faut continuer le matraquage médiatique et tout ira bien pour cette ville», confiait à L’Economiste Mohamed Drif, ancien wali de Fès. Il a assisté à la naissance du FFMSM, devenu aujourd’hui l’événement phare de la ville, porte drapeau de l’activité culturelle.

    D’où l’appel à sa préservation loin des querelles politiques et les crises d’ego. Hafid Ouchchak, ancien délégué du tourisme et actuel SG du CRT, se rappelle aussi de la naissance du festival et la ténacité de ses initiateurs à vouloir créer une «manifestation unique en son genre et comment l’idée avait séduit feu Hassan II». Aujourd’hui, le festival a mûri repositionnant la ville sur les radars mondiaux.

    Cette 25e édition est une célébration charnière qui rassemble des artistes ancrés dans le répertoire du sacré. Ce lundi, la performance musicale de la troupe Bahariyya d’Azerbaïdjan a résonné au jardin Jnane Sbill. L’idée du spectacle est de présenter un programme de concerts de mugam, dans lequel la musique traditionnelle rencontre celui des sons enregistrés et électroniques.

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    La performance musicale de la troupe Bahariyya a résonné au jardin Jnane Sbill. Ce spectacle est une rencontre entre la musique traditionnelle d’Azerbaïdjan et les sons enregistrés et électroniques… une véritable virtuosité (Ph YSA)

    Du choc à la symbiose – en passant par l’interaction – la confluence et la maîtrise des intensités, ces états sensitifs représentent en quelque sorte le concept soufi d’ascendance progressive vers la Vérité Divine, essence même de la structure du mugam. Pour leur part, les «Voix humaines» du Québec ont transcendé Dar Adyel (autre site du festival).

    Notons que «Les Voix Humaines» est la pièce la plus fameuse du Deuxième livre de pièces, composées par Marin Marais, illustre violiste et compositeur ayant largement enrichi, sous Louis XIV, le répertoire de la viole de gambe instrument de musique à cordes frottées, connut son apogée aux XVIIe et XVIIIe siècles en Europe).

    Cet instrument appartient à la famille des viola da gamba, autrement dit instrument que l’on tient entre les jambes. Détrônée par la famille des violons à la fin du XVIIIe siècle, la viole de gambe a su reconquérir son public grâce à l’atmosphère intimiste, calfeutrée, dans laquelle elle diffuse ses sonorités délicates.

    Mais, c’est Michelle David et The Gospel Sessions (USA-Pays) qui a clôturé la journée en apothéose au jardin mythique. Entourée de musiciens chevronnés maniant sensiblement les cuivres et les guitares, la diva Michelle David au jeu de scène époustouflant a aisément embarqué l’audience dans un voyage musical exceptionnel.

    Le Groupe a ainsi entonné ses plus fameuses compositions telles que «Soldier», «Taking it back», ou encore «Gonna be allright». Un gospel neuf et audacieux qui, conformément à l’esprit du festival, encourage l’auditoire à explorer le monde environnant et à affirmer ses propres valeurs dans le respect d’autrui.

    Le festival dans la ville remporte tous les suffrages

    Offert gracieusement à la population locale, le festival dans la ville attire quotidiennement des milliers de spectateurs à la place Bab Boujloud. Et c’est dans ce cadre que s’est produit le jeune artiste Zakaria El Ghafouli, lundi en soirée. Avec ses titres à succès «Bahra Bahra», «Hobino», «El Hob Zouine»…, ce dernier a conquis un public déchaîné, jusqu’à minuit. Au grand bonheur d’une population assoiffée de musique et de joie.

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    Youness SAAD ALAMI

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