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    Médias

    Contrer les contenus extrémistes, l'affaire de tous

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:5536 Le 17/06/2019 | Partager
    Les autorités de régulation ont un rôle à jouer, même sur le web
    La haine ne se limite pas au spectre religieux
    latifa-akharbach-036.jpg

    Pour Latifa Akharbach (au centre), les autorités de régulation ont leur mot à dire pour éviter la prolifération de contenus extrémistes et nuisibles dans les médias digitaux (Ph. Adam)

    «Nous sommes une partie de la solution», plaide d’emblée Latifa Akharbach, la présidente de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (Haca). Ancienne ambassadrice et spécialiste des médias, la responsable de la Haca intervenait lors du Cyfy Africa 2019, qui vient de se dérouler à Tanger.

    «Le renforcement des moyens, des prérogatives et de l’expertise des régulateurs des médias est désormais considéré, au plan international, comme partie importante de toute stratégie de lutte contre les discours de radicalisation et de haine», note Akharbach.

    Le problème, ce sont les dérapages et les contenus extrémistes et nuisibles qui prolifèrent sur le web et les réseaux sociaux. Les récents événements de Christ Church en Nouvelle Zélande avec l’odieux «Live» du massacre de plusieurs dizaines de fidèles dans une mosquée en est l’un des exemples les plus frappants. L’assassin s’était radicalisé sur les réseaux sociaux en partageant des contenus disponibles pour tous les publics que personne n’a réussi (ou voulu) traquer.

    En effet, les opérateurs des réseaux sociaux plaident souvent la non-ingérence même si des doutes persistent sur la «neutralité algorithmique» dont se prévalent la plupart d’entre eux. Cette neutralité a été largement entamée avec l’affaire Cambridge Analytica.

    D’ou la nécessité de renforcer les moyens et les prérogatives des régulateurs et de profiter de leur expertise en la matière, même si leur juridiction n’inclut pas le web. «Mais la porosité des frontières entre les médias rend nécessaire plus que jamais cette régulation», insiste Akharbach. «Sur le terrain, des groupuscules comme Daech ont peut-être perdu la guerre, mais leur propagande de haine est toujours là circulant sur le web», précise cette dernière et en plusieurs langues.

    Même si personne ne peut prétendre la panacée, il reste que la solution doit être globale, comme le précise la présidente de la Haca et émaner de l’ensemble des acteurs, créateurs de contenu mais aussi des journalistes, des éducateurs et des opérateurs eux-mêmes. «C’est le développement de l’esprit critique et la promotion d’une véritable éducation aux médias et à l’information qui sont susceptibles de renforcer l’immunité des individus», continue la responsable de la Haute autorité.

    Intervenant dans le cadre d’un panel consacré à la question de la lutte contre l’extrémisme violent, la présidente de la Haute autorité a relevé que le discours de radicalisation n’est pas uniquement en lien avec la religion et qu’aujourd’hui, la radicalité a conquis d’autres espaces, attiré de nombreux acteurs et s’est élargie à de nouvelles questions.

    «Les mouvements politiques d’extrême droite, les néo-nazis, les islamophobes ou les suprématistes, pour ne citer que ces exemples, utilisent les mêmes procédés de recrutement numérique», a-t-elle poursuivi. D’ou la nécessité de redoubler d’efforts pour les contrer.

    Ali ABJIOU

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