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    Pêche, surf, parapente… Greenwave, l’écolodge orienté vers des produits de niche

    Par Jaouad MDIDECH | Edition N°:5528 Le 31/05/2019 | Partager
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    Depuis son ouverture en mai 2018, l'établissement propose un éventail d'activités (surf, pêche, randonnée pédestre, sport nautique…) auxquelles se sont rajoutées d'autres telles que les randonnées en quad, en VTT, l’équitation et la pratique du parapente (Ph. JM)

    Sur le littoral de Tiznit, quelques promoteurs ont choisi d’investir dans des lodges écolos et des produits de niche en tourisme sportif, tels que la pêche, les randonnées, le surf ou encore le parapente. C’est le cas de Greenwave, un écolodge, pied dans l’eau, entre Aglou et Mirleft. L’établissement, inauguré en 2018, séduit une clientèle étrangère friande de sports liés à la mer.

    Pied dans la vague, un «Greenwave» qui renvoie à la verdure, au respect de l’environnement et de la nature. Sur le littoral atlantique, province de Tiznit (région Souss Massa), il n’y a pas que des hôtels et résidences en béton, mais l’on peut croiser çà et là des deux côtés de la route côtière, allant du village Aglou à celui de Mirleft, des lodges dont les propriétaires se sont fait un devoir de construire en parfaite harmonie avec l’environnement marin.

    En symphonie avec les vagues de l’Atlantique, réfractaires au béton. C’est le cas de «Greenwave Ecolodge», à 5 km du port de pêche d’Aglou, à quelques encablures de Boulfdail, le site qui abritera le plus grand port de la province. Au bord de la route, juste après avoir longé l’imposant Club Evasion (un complexe de 220 villas bâti sur 14 ha), une affiche indique la direction du lodge, avec une flèche qui dirige le client vers une piste caillouteuse d’un kilomètre à parcourir pour l’atteindre.

    Le lieu, un havre de sérénité où le visiteur n’entend rien que le bruit de l'océan et des vagues. Le décor: des habitations écolos sur le sable. Mehdi Choufani, le propriétaire, 38 ans, l’a voulu ainsi, mais en avait-il vraiment le choix? Le terrain appartient au domaine maritime, et le cahier des charges imposé aux constructeurs est scrupuleux sur ce périmètre marin. Le promoteur en a acquis 2.300 m², il y a construit 12 bungalows, deux grands chalets, un restaurant, une école de surf, tout en bois, toit de chaume. L’ameublement, en bois aussi, jusqu’au lavabo et l’accroche serviettes de la salle de bain.

    De la finance au tourisme

    Mehdi Choufani est un homme bardé de diplômes, en finance, en ressources humaines et en management de tourisme et d’hôtellerie. Son choix d’investir dans le tourisme n’est donc pas dû au hasard. En 1997, alors qu’il était en pleines études à Paris, il est passé une fois par cette plage en se dirigeant vers Tan-Tan. C’était le coup de foudre.

    «J’ai emprunté cette même piste, pour me trouver devant ce rivage à couper le souffle, il n’y avait que des vagues, de l’eau, du poisson et du vent. Ce littoral était encore vierge, aucune construction ne perturbait encore sa sérénité. Sûrement l’idée de venir, un jour, y construire quelque chose germait en moi dès cette période», se souvient-il.

    Toujours est-il, il lui fallait d’abord achever son parcours universitaire et, surtout, travailler et accumuler un capital. C’est ce qu’il fait: des jobs d’abord en France et en Allemagne dans le domaine touristique, avant de faire son retour dans son pays, exactement à Agadir, pour prendre la direction de plusieurs établissements touristiques, dans le domaine de la restauration.

    Il finit par créer sa société de consulting, dans le même créneau. Nous sommes en 2010, la SMIT (Société marocaine d’ingénierie touristique) lance un appel d’offres pour les produits touristiques de niche (surf, pêche, randonnées, sport nautique…), avec obligation de construire écolo, en bois.

    Mehdi Choufani dépose son dossier, approuvé, un plan d’investissement de 6 millions de DH. La convention est signée avec les parties prenantes, le ministère du Tourisme, celui de l’Equipement, le wali d’Agadir et le gouverneur de la province de Tiznit. Cela a duré 8 ans, ce type d’investissement ne passe pas sans accrocs administratifs, sans ces fameux «bâtons dans les roues» de quelques fonctionnaires zélés qui avaient voulu subtiliser son dossier pour l'inscrire au nom d'un autre promoteur, un investisseur étranger.

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    Sur le site «Greenwave Ecolodge», à 5 km du port de pêche d’Aglou, à quelques encablures de Boulfdail, le visiteur n’entend rien d'autre que le bruit de l'océan et des vagues. Les clients viennent de Casablanca, Rabat, Marrakech, de France, d’Allemagne, du Canada, de Russie, voire de Slovénie (Ph. JM)

    La mer, mais aussi du vent et la montagne

    Qu’à cela ne tienne, Mehdi tient bon. Il finit son ouvrage, en conformité avec les normes exigées, et ouvre son établissement aux clients en mai 2018. Aux activités précitées, notre investisseur en ajoute d’autres: les randonnées en quad, en VTT, l’équitation et la pratique du parapente.

    Cette dernière niche n’entre pas dans sa gamme d’activités à proprement parler, particulièrement liées à la mer, or,nombre d’Européens venant s’installer chez lui souhaiteraient voler dans les airs du Maroc. Et dans cette région de Tiznit, il y a ce qu'il faut, du vent et de la montagne. Et une école de parapente à moins de 2 kilomètre de Greenwave Ecolodge, chez le Nid d’Aigle, une auberge située au sommet d’une montagne, qui fait de ce sport son activité principale.

    C’est vers cette dernière que notre promoteur dirige ses clients désireux de voler dans l’air. Pour les fans des randonnées à cheval, c’est vers «Le ranch Les 2 Gazelles» qu’il les oriente. Situé à 2 km de son établissement, ce dernier est riche d’une cavalerie de 20 chevaux, de guides chevronnés, et propose des formules adaptées à tous les niveaux, avec hébergement compris: ils y viennent du Maroc et d’Europe faire des balades à cheval sur le sable du littoral de Tiznit, ou en montagne.

    «Nous essayons de diversifier autant que faire se peut nos activités, l’essentiel pour nous est de satisfaire notre clientèle», estime notre interlocuteur. Et les commentaires dithyrambiques qui fusent sur son établissement, une note de 5/5 sur le site tripadviser.

    Une année jour pour jour après son inauguration officielle, Greenwave Ecolodge commence à être connu, le carnet d’adresses bien étoffé du propriétaire y est aussi pour quelque chose. «Cette première année d’exercice, bien que difficile, ne déçoit pas : mes clients viennent de Casablanca, Rabat, Marrakech, de France, d’Allemagne, du Canada, de Russie, voire de Slovénie», se réjouit Mehdi Choufani.

                                                                                    

    Du solaire pour s'éclairer et l'eau chaude

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    12 bungalows, 2 chalets, tout est en bois comme l'exige le cahier des charges. L’ameublement est également en bois jusqu’au lavabo et l’accroche serviettes de la salle de bain (Ph. J.M.)

    Pas de réseau d’eau liquide et d’électricité à Greenwave Ecolodge, que de l’énergie solaire pour l’éclairage et l’eau chaude. Quant à l’eau courante, c’est plus compliqué, le propriétaire s’approvisionne au Club Evasion, le complexe de villas le plus près de son établissement. «Cela nous revient trop cher. Nous sommes en train de négocier avec l’ONEP pour trouver une solution», espère Mehdi Choufani. Même chose au niveau des ordures et leur ramassage, il a rencontré le président de la commune rurale d’Arbaa Sahel dont son établissement relève, pour au moins mettre sur le littoral des corbeilles à ordures. Il attend toujours. Pour une plage propre, il entreprend avec ses clients des compagnes de ramassage d’ordures, surtout du plastique, éjectées par la mer lors de chaque marée haute.

    Jaouad MDIDECH

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