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    Entreprises

    Amith: De grands enjeux pour la prochaine équipe

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5526 Le 29/05/2019 | Partager
    Les modes de consommation bouleversés par le e-commerce, selon le bureau actuel
    Plus de 480 milliards de dollars d'achat seront effectués sur les réseaux sociaux en 2022
    Supply chain, logistique, éco responsabilité... les défis
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    L’Amith tiendra son assemblée élective le 18 juin prochain à l’Esith de Casablanca. Outre les élections, le secteur vit des tensions face à l'informel et les importations massives, une situation concurrentielle de plus en plus difficile à gérer (Ph. L’Economiste)

    La course à la présidence de l'Association marocaine des industries du textile et de l'habillement (Amith) s'intensifie. Les binômes enchaînent les réunions avant l’assemblée élective le 18 juin prochain. Leurs programmes semblent similaires, mais pas tout à fait. L'équipe en place dispose d'un atout non négligeable, celui de la pratique et l'expertise du secteur, depuis de longues années.

    Pour rappel, c'est au cours de ces deux dernières décennies, que le secteur textile a complètement changé de visage, et de méthodologie. Les industriels, pilotés par leur association, ont modifié leur comportement pour devenir une force de proposition rompant avec leur ancien mindset.

    Un livre blanc lancé au cours du mandat de Salaheddine Mezouar (en 2002) a jeté les bases d'une nouvelle ère, que ses successeurs à aujourd'hui ont continué à défendre, améliorer, et adapter jusqu'à la mise en place du Plan d'accélération industrielle qui a complètement redynamisé le secteur.

    Une gouvernance nouvelle et fédératrice

    Aujourd'hui, grâce aux efforts conjugués de plusieurs administrations, à savoir la Douane, la CNSS, le ministère de l'Industrie, l'Ofppt, et le travail laborieux de l'Amith, l'écosystème textile et habillement a franchi de nouveaux caps et enregistré des scores inédits.

    Et les défis restent encore grands autant pour l'équipe actuelle que pour les nouveaux prétendants, dans un environnement en perpétuelle mutation. De son côté, le nouveau binôme composé de Mohammed Boubouh et Jalil Skali parie sur une «gouvernance nouvelle et fédératrice» pour se démarquer. Ce tandem supporté par quelque 25 industriels promet la mise en place d’une structure permanente pour renforcer la proximité et l’écoute des membres.

    Le binôme a pour ambition de fédérer l’ensemble des acteurs du secteur autour de l’Amith, afin d’en faire une association forte. Une ambition qui risque d'achopper, connaissant la frilosité des entreprises à s'acquitter de leurs cotisations annuelles. Le tandem souhaite également combattre la contrebande.

    «Il faut absolument mettre en place un mécanisme immédiat de contrôle et normalisation à Guerguerat, pour contrôler les marchandises qui entrent sur le territoire», soutient Mohammed Boubouh. L'autre axe de travail s'articule autour de l’investissement dans l’amont textile (filature, tissage, teinture), en encourageant des joint-ventures avec des partenaires étrangers ou des entreprises à capital marocain.

    Le duo Boubouh/Skali souhaite également, favoriser la création de plateformes de sourcing. Axer sa politique sur la formation, «en mettant en place une stratégie de formation claire pour avoir les compétences nécessaires pour combler le vide actuel, en matière de modélisme et de stylisme».

    Des chantiers déjà en cours, mais qui seront insuffisants pour contrer la nouvelle menace qui pèse sur l'industrie du textile et habillement mondiale. Et c'est, d'ailleurs, le combat de l'équipe actuelle. «Le monde sera confronté dans très peu de temps à un changement des modes de consommation, d'une violence insoupçonnée.

    Aujourd'hui, plus de 90 milliards de dollars d'achat de vêtements s'effectuent sur les réseaux sociaux. En 2022, ils dépasseront les 480 milliards de dollars», alerte Karim Tazi, président de l'Amith. Et qui dit changement de mode de consommation et de clientèle, dit changement de fournisseurs et de la chaîne de valeurs.

    Avec son binôme Abdelhaï Bessa, Tazi insiste sur le volet international qui déterminera l'avenir du secteur: «L'évolution est ultra-rapide aujourd'hui. Si les changements s'appelaient Primark, le fast-fashion Inditex et e-commerce, aujourd'hui il faut composer avec des  consomm-acteurs, qui consomment moins de textile, de nouveaux business modèles basés sur le digital et le e-commerce (Digitally Native Vertical Brands) ou encore la nouvelle route de la soie (TGV reliant l’Europe et la Chine en 4 jours) et des smig à 25$», fait observer le président de l'Amith.

    Pour sa part, le tandem actuellement au pouvoir brandit un bilan probant, notamment, le franchissement de la barre de 38 milliards DH à l’export, la redynamisation de l’investissement en le multipliant par 3, l’allègement de la pression fiscale, l’accès massif aux subventions du PAI et à de nouveaux marchés, ou encore la hausse des créations d’emplois après une décennie noire (-200.000 emplois depuis 2008) avec environ 80.000 emplois créés sur les 4 dernières années (dont 11.000 nets en 2018).

    Atteindre le seuil des 60 milliards DH de chiffre d’affaires

     «Les encouragements de nos confrères nous ont convaincus de la nécessité de parachever notre projet de développement pour le secteur», explique Karim Tazi, actuel président en poste qui rempile pour un second mandat. Pour les trois prochaines années, le tandem  affiche l’ambition d’atteindre le seuil des 60 milliards DH de chiffre d’affaires (export et marché local), à l’horizon 2025.

    Son programme s’articule autour de 4 piliers: «Transformer l’association pour que les membres se la réapproprient. Simplifier, clarifier et communiquer les mesures d’aide obtenues les 3 dernières années pour en faire bénéficier un maximum d’acteurs. Faire du Maroc une destination incontournable pour les donneurs d’ordre et attirer de nouveaux clients.

    Et enfin, défendre le marché local», annonce le président sortant. Ce dernier entend par transformation de l’Amith, l’association des acteurs et des régions pour assurer une meilleure représentativité. Pour ce faire, une direction autonome sera constituée pour répondre aux requêtes des membres dans les délais les plus courts: accès aux formations, participation aux actions de promotion, accès aux subventions…

    Cacophonie des chiffres

    Les deux binômes avancent des chiffres en dissonance quant aux nombres d'adhérents. L'équipe sortante revendique 537 adhérents à aujourd'hui, alors que le tandem Boubouh/Jalil Skali annonce 379 adhérents pour un potentiel de 1.600 entreprises. Une bagarre couve entre deux pôles: les industriels basés à Tanger et ceux de Casablanca.

    M.Ko.

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