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    Economie

    Les Bourses africaines déconnectées de la conjoncture

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5522 Le 23/05/2019 | Partager
    Excepté Johannesburg, elles ne réagissent pas immédiatement aux chocs financiers
    Mais cela peut représenter une opportunité de diversification pour les investisseurs étrangers
    Les interactions entre les places africaines très faibles
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    Les Bourses africaines réagissent tardivement aux chocs mondiaux. Cela s’explique par la faible intégration des économies et le caractère peu liquide et peu profond de ces marchés. Même, entre eux, les interactions sont limitées. L’African Securities Exchange Association, présidée par le Maroc, pilote actuellement un projet d’intégration de six places africaines (Casablanca, Lagos, Nairobi, Abidjan, île Maurice, Johannesburg)

    Alors que le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine, l’escalade des tensions au Moyen-Orient ou encore le dossier Huawei agitent les principales Bourses mondiales, les places africaines, elles, restent impassibles. La faible intégration des économies du continent et leurs places financières dans les chaînes de valeur mondiales expliquent leur manque de réactivité face à l’actualité internationale.

    L’Afrique du Sud fait exception dans ce tableau. Même durant les périodes de fortes turbulences (crises des subprimes et de la dette souveraine européenne), les effets ont été ressentis après plusieurs mois sur les places financières africaines. «Les marchés boursiers africains, à l’exception de l’Afrique du Sud, ne réagissent pas immédiatement aux chocs financiers mondiaux».

    C’est l’une des conclusions à laquelle sont parvenus trois chercheurs(1)  des Universités Jean Lorougnon Guédé et Felix Houphouet Boigny en Côte d’Ivoire et Cheikh Anta Diop au Sénégal. Ils se sont basés sur le comportement des sept principales Bourses africaines entre 2005 et 2018, les connexions avec les marchés développés et émergents et entre eux.

    «L’intégration à long terme pourrait s’expliquer par l’étroitesse des canaux de transmission du flux d’informations financières entre les marchés boursiers africains et extérieurs et la faible capitalisation des Bourses africaines», relèvent les auteurs de l’étude.

    Le manque de profondeur et la faible liquidité sont d’autres caractéristiques que partagent plusieurs marchés financiers du continent. Néanmoins, leur intégration à long terme (8 à 16 semaines) peut donner lieu à des stratégies de diversification opportunistes pour les investisseurs étrangers. Les arbitrages profiteraient davantage aux marchés dont la croissance de la capitalisation est la plus dynamique.

    En dehors de l’Afrique du Sud, le Kenya est le pays qui reçoit à moyen et long terme plus de retombées des marchés développés, relèvent les chercheurs. Mais, les Bourses africaines ne peuvent être uniquement cantonnées dans la catégorie de places de refuge pour les investisseurs étrangers en cas de crise.

    Certaines émergent et deviennent de plus en plus attractives. «Les retombées importantes en provenance des marchés boursiers émergents et en développement montrent que les marchés financiers africains deviennent de plus en plus attrayants, même en l’absence de crise», assurent les universitaires. Ces interactions pourraient se renforcer si les liaisons entre les Bourses africaines elles-mêmes étaient bien meilleures.

    «Comparées aux marchés financiers mondiaux, les retombées entre les marchés boursiers africains restent faibles en dépit de leur évolution récente». Il existe un projet d’intégration de six places africaines (Casablanca, Lagos, Nairobi, Abidjan, île Maurice, Johannesburg) pour en faire des outils plus efficaces dans le financement des économies du continent.

    La connectivité contribuerait aussi à corriger le problème de liquidité et d’améliorer la profondeur des marchés. Le projet de connexion des Bourses africaines est piloté par la présidence marocaine de l’African Securities Exchange Association (Asea).

    Même le pétrole ne les ébranle pas

    Un baril de pétrole à 100 dollars aura des effets divers sur les finances publiques des Etats (importateur ou exportateur). En revanche, les répercussions sur les marchés financiers seront limitées et décalées dans le temps, observent les chercheurs. La Bourse de Johannesburg est plus sensible aux fluctuations des cours du pétrole à court terme (2 à 4 semaines) que celle de Lagos, même si le Nigéria est un grand producteur et exportateur de pétrole. «Les effets des variations des prix du pétrole sont significatifs à court terme sur le marché sud-africain alors qu’ils sont pratiquement inexistants sur l’indice nigérian. En revanche, ils ont tendance à augmenter à long terme». Parmi les marchés financiers étudiés, la Bourse de Tunis est la place sur laquelle les effets de contagion des variations des prix du pétrole est le plus significatif à long terme.

    F. Fa.

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     (1) Multiple time-scales analysis of global stock markets spillovers effects in African stock markets. Grakolet Arnold Z. Gourène, Pierre Mendy, Gilbert Marie N’gbo Ake.

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