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    Les FST veulent devenir des polytechniques

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5506 Le 30/04/2019 | Partager
    Les facultés des sciences et techniques ont préparé leur propre projet de réforme
    Afin de s’orienter vers un nouveau modèle d’enseignement
    Il sera débattu lors d’une prochaine conférence des présidents d’université
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    Ces trois dernières années, les établissements à accès régulé, y compris les FST, ont dû augmenter leurs effectifs de 50%, conformément aux orientations du ministère de l’Enseignement supérieur (jusqu’à +22% cette année). «Auparavant, nous inscrivions près de 600 étudiants à la 1re année. Actuellement, nous en recevons environ 1.400», précise Jamal Naja, doyen de la FST de Settat. Ces établissements forment plus d’étudiants, mais le surnombre n’est pas sans conséquences sur la qualité de l’offre de formation

    La réforme du bachelor, les facultés des sciences et techniques (FST) y adhèrent. Elles s’en réjouissent même. Pour ces établissements, qui jadis proposaient des maîtrises en 4 ans avant de passer, en 2003, à la licence en 3 ans, il s’agit d’une véritable aubaine.

    «Avec la maîtrise, nous produisions des lauréats bien qualifiés, qui s’intégraient beaucoup plus facilement dans le tissu socioéconomique», relève Jamal Naja, doyen de la FST de Settat.  «Etendre la durée du diplôme permettra de prendre du temps pour consolider les acquis scientifiques et techniques au niveau du secondaire, et de limiter la fracture linguistique. Avec la licence, nous manquons de temps pour délivrer le contenu que nous estimons nécessaire à la formation», souligne, pour sa part, Mustapha Lkhider, doyen de la FST de Mohammedia.

    Profitant de la dynamique de réforme enclenchée dans le supérieur, le réseau des FST, au nombre de huit, s’est réuni à quelque trois reprises pour formuler son propre projet. Un projet permettant à ces facultés à la fois de repréciser leur vocation et de se démarquer.

    «Notre souhait est de proposer un nouveau modèle d’enseignement», souligne Ahmed Nejmeddine, coordinateur du réseau national des FST, également président de l’université de Settat. «Nous prônons aujourd’hui la formation de profils avec une assise scientifique polyvalente et un réel savoir-faire technique», ajoute Lkhider.

    Plusieurs recommandations ont été formulées suite à ces rencontres. A la place de la licence en sciences et techniques (LST), un bachelor en sciences et ingénierie a été suggéré. Le réseau a, également, recommandé l’orientation des apprentissages davantage vers l’ingénierie, l’adoption d’un système de tutorat entre étudiants, des filières innovantes en concertation avec les enseignants-chercheurs… Et, pourquoi pas, changer de nom pour devenir des «facultés polytechniques».

    Avec des classes prépas, des DUT (diplôme universitaire technique), licences professionnelles, licences en sciences et techniques, masters, cycles ingénieurs et doctorat, les FST proposent une large offre de formation. Une diversité qui leur permettrait d’endosser la casquette d’établissements polytechniques.

    Le changement d’appellation pourrait aussi les aider à revaloriser leur image. Publiques, elles sont parfois confondues avec les facultés à accès ouverts, celles de droit, de sciences et de lettres, vers lesquelles s’orientent la majorité des nouveaux bacheliers. Or, leur modèle est différent.

    A accès régulé, elles opèrent une sélection sur dossier. L’accent y est mis sur les travaux pratiques. «Beaucoup de pays africains désirent aujourd’hui adopter le modèle de FST, car il conjugue formation fondamentale et technique», relève Mohamed Addou, doyen de la FST de Tanger.

    Leurs effectifs réduits leurs permettent d’oser des filières plus pointues. Elles tissent, par ailleurs, des liens plus étroits avec les employeurs. Leurs lauréats s’insèrent mieux sur le marché, avec des taux allant à 80%, voire à 100% pour certaines filières d’ingénieurs. Les grandes lignes de la réforme sont déjà tracées. Mais la réflexion est toujours en cours pour la validation d’un schéma final.

    Ces spécialités qui cartonnent

    Les FST sont pour l’heure implantées dans huit villes: Marrakech, Béni Mellal, Al Hoceïma, Errachidia, Tanger, Fès, Settat et Mohammedia. Certaines de leurs filières d’ingénieurs cartonnent. A Mohammedia, les élèves ingénieurs en développement informatique et logiciel sont recrutés avant même leur diplomation. Ceux du génie énergétique s’insèrent aussi à 100% dès la fin de leur cursus.
    A Settat, les filières de génie informatique, big data et systèmes d’information, aussi, son très prisées par les employeurs, de même que les masters en technologies biomédicales et agroalimentaire & production. Toutefois, comme les autres facultés publiques, les FST paient les frais de la fracture linguistique à la première année. A Mohammedia, à peine 30% des étudiants arrivent à achever le tronc commun dans le délai normal de 2 ans. Ils traînent, en outre, des lacunes en soft skills.

    Ahlam NAZIH

     

     

     

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