×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    Région Moanap: Dette, pétrole, tensions sociales… bombes à retardement

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5506 Le 30/04/2019 | Partager
    Des réformes plus profondes s’imposent pour relancer la croissance
    Des recommandations pour le Maroc aussi
    Le FMI publie ses perspectives
    region_monap_006.jpg

    Le niveau élevé de la dette publique dans de nombreux pays limite l’espace budgétaire nécessaire pour des dépenses sociales et infrastructurelles clés. Il expose l’économie des pays à la dégradation des conditions financières

    Certains pays souffrent du bas niveau et de la volatilité des prix du pétrole, tandis que d’autres font face à une hausse de la dette publique. C’est le constat du FMI qui a publié, le 29 avril 2019, la dernière mise à jour des Perspectives économiques des pays de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP). Elles étaient présentées par Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale.

    Dans l’ensemble de la région, les inquiétudes grandissent sur le plan budgétaire. La hausse de la dette publique empêche de plus en plus les pays de répondre à des besoins structurels pressants. Les tensions sociales constituent en outre une préoccupation de plus en plus forte. Et il est difficile pour les dirigeants de trouver un compromis entre la nécessité de garantir la stabilité macroéconomique et celle de s’attaquer aux obstacles à la croissance à moyen terme, constate l’équipe du FMI.

    La conjoncture économique mondiale difficile et les tensions géopolitiques assombrissent les perspectives. L’incertitude entourant les conditions financières mondiales est également source de préoccupation. Et ce, en particulier pour les pays importateurs de pétrole dont d’importantes émissions obligataires en monnaies étrangères arriveront bientôt à échéance.

    Les fluctuations des prix pétroliers sont à des niveaux jamais atteints depuis les chocs de 2014-2015. Dans ce contexte, la reprise de l’ajustement budgétaire aiderait les pays exportateurs de pétrole à atteindre progressivement des niveaux de dépenses viables qui contribueraient à protéger leur économie des effets néfastes de la volatilité des prix pétroliers. Ces derniers ont reculé hier lundi dans la matinée en cours d'échanges européens.

    La forte croissance des derniers mois étant freinée par les récentes déclarations du président américain Donald Trump affirmant que l'Opep allait augmenter sa production. Le baril de Brent valait 71,47 dollars et le baril américain de WTI a atteint 62,86 dollars. Depuis le début de l'année, le Brent s'affichait en hausse de 30,9% et le WTI de 33,9%, même si les cours s'éloignaient de leurs records en près de six mois atteints la semaine dernière (environ 75 dollars).

    Dans les pays importateurs de pétrole, il convient de poursuivre l’assainissement des finances publiques pour reconstituer une marge de manœuvre et renforcer la résilience. Toutefois, il convient de veiller à ce que les ajustements soient propices à la croissance, notamment en engageant les dépenses publiques nécessaires pour la santé, l’éducation et les dispositifs de protection sociale. Ce qui pourrait contribuer à apaiser les tensions sociales.

    Une intensification des réformes structurelles visera à stimuler l’activité du secteur privé. La création d’emplois favorisera la diversification des économies dans l’ensemble de la région ainsi qu’une croissance à moyen terme plus forte et plus inclusive.

    A cet égard, il est essentiel de promouvoir le développement des petites et moyennes entreprises, notamment celles qui permettent d’accroître l’accès au crédit. Il incombe aux pays d’instaurer un climat plus propice à l’investissement privé en réduisant la corruption et en renforçant les institutions. L’investissement dans l’éducation et les technologies est prioritaire.

    Tous ces efforts contribueraient à la mise en place de secteurs privés dynamiques qui peuvent créer des emplois pour les millions de jeunes arrivant sur le marché du travail.

    Une analyse du FMI indique que le renforcement de l’intégration dans les pays du Maghreb déboucherait sur un marché régional de près de 100 millions de personnes avec un revenu annuel moyen d’environ 4.000 dollars par habitant en termes nominaux (FMI, 2019). L’intégration du Maghreb pourrait contribuer à relever la croissance d’un point de pourcentage en moyenne dans chaque pays de la région sur le long terme.

                                                                  

    Des gains pour le Maroc

    Pour les pays importateurs de pétrole de la région (dont le Maroc en fait partie, voir aussi «Croissance: Le FMI prévoit une accélération en 2020» dans notre édition N°5492 du 10/04/2019), la croissance devrait ralentir, passant de 4,2% en 2018 à 3,6% cette année. Elle devrait toutefois rebondir à 4,2% à partir de la période 2020-2023. La tendance à la baisse en 2019 s’explique par le ralentissement de l’économie mondiale, même si on constate de fortes variations dans la région. Le Maroc fait partie des pays où les déficits courants devraient baisser à environ 2% du PIB d’ici à 2020 et figure parmi ceux où les envois de fonds contribuent à créer un matelas pour les déficits courants. Aussi, les projections font état d’une inflation inférieure à 3%. En ce qui concerne l’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance, le Maroc est cité dans la liste de ceux qui ont adopté des lois qui facilitent la création et l’exploitation d’entreprises.

    Fatim-Zahra TOHRY

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc