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    Economie

    Campagne agricole: Les céréales limitent la casse

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5505 Le 29/04/2019 | Partager
    En dépit d’un déficit pluviométrique, une campagne finalement moyenne
    Bon comportement de l’arboriculture et de la betterave
    Une croissance agricole résiliente
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    Pour les céréales, ce sera juste une campagne moyenne. On s’attend à une récolte de 61 millions de quintaux, soit une baisse substantielle de 19% (Ph. Bziouat)

    C’est officiel. Les chiffres du département de l’Agriculture viennent de tomber. Les prévisions font état d’une «bonne campagne agricole» en général pour l’année 2018-2019. Mais, pour les céréales, ce sera juste une campagne moyenne.

    En effet, l’on s’attend à une récolte de seulement 61 millions de quintaux. Soit une baisse substantielle de 19% par rapport à la production moyenne enregistrée entre les années 2009 et 2018. Et, encore une fois, c’est la faute au ciel.

    Selon le département de l’Agriculture, les précipitations, au 24 avril courant, ont atteint en moyenne 290,5 mm enregistrant ainsi une baisse de 11% par rapport à la moyenne (326,3 mm) observée au cours des 30 dernières années. La campagne précédente a connu une bien meilleure pluviométrie avec une moyenne annuelle de 375,3 mm (+ 23% par rapport à l’année en cours).

    La pluviométrie a été non seulement déficitaire mais aussi caractérisée par une «mauvaise répartition temporelle» des pluies. Les plus importantes et fortes précipitations se concentrant sur les trois premiers mois du démarrage de la campagne (en octobre 2018) et jusqu’à janvier 2019.

    Au vu de climat capricieux, les prévisions tablent pour cette année sur une production céréalière de seulement 61 millions de quintaux. On est donc loin de la moyenne des 75 millions de quintaux enregistrée au cours des années du Plan Maroc vert. Toutefois, l’optimisme reste de rigueur auprès du département de l’Agriculture qui n’exclut pas une révision de ses prévisions.

    Tout dépendra, du dernier feuilleton de la saison, celui des cultures de printemps et aussi des conditions climatiques qui prévaudront dans les prochaines semaines. Selon un agronome-chercheur de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA-Settat), «il y aura certainement une amélioration de ce chiffre, mais il ne faut pas s’attendre à une plus grande production étant donné que le plus gros des récoltes a été réalisé en automne». «C’est déjà pas mal que l’on atteigne 61 millions de quintaux vu la faible pluviométrie et son irrégularité qui ont caractérisé la campagne en cours», ajoute-t-il.

    Par type de céréales, les prévisions tablent pour le blé tendre sur une production de 35 millions de quintaux, pour le blé dur sur 13,3 millions de quintaux et pour l’orge sur 12,5 millions de quintaux. La superficie céréalière semée au titre de cette campagne est de 4,7 millions d’hectares dont 3,5 millions d’hectares affichent un état végétatif moyen à bon.

    S’agissant des scores de la campagne céréalière par région, 65% de la production prévisionnelle est assurée par les régions de Casablanca-Settat, Fès-Meknès et Rabat-Salé-Kénitra. En gros, la campagne céréalière 2018-2019 peut être ainsi qualifiée de moyenne à bonne dans les régions du nord et de modeste à faible dans le reste du pays.

    Contrairement aux céréales, l’arboriculture fruitière, l’élevage et les parcours, affichent bonne mine «les précipitations du mois d’avril dans plusieurs régions du Royaume ayant permis une bonne amélioration du couvert végétal des parcours en particulier les parcours de montagne, les parcours du Sud de l’Atlas et du Moyen Atlas». Le même optimisme est relevé pour la production d’olives, d’agrumes et de palmier dattier.

    Là aussi la campagne a profité de «la situation pluviométrique du mois d’avril en zone de montagne notamment dans le Saiss, le Moyen Atlas et le pré-Rif ainsi que le taux de remplissage des barrages à usage agricole (60% actuellement)». 

    Pour la betterave à sucre, cultivée cette année sur une superficie de près de 60.000 hectares, le ministère table sur des rendements prévisionnels de 70 tonnes/Ha pour la betterave à sucre. Un résultat qui est attribué notamment aux progrès technique et technologique enregistrés dans la filière et pour l’ensemble des bassins de production (99% semés mécaniquement en mono germe). A noter que les récoltes de betterave sont particulièrement précoces cette année et ont, déjà, commencé à partir du 12 avril. Pour la canne à sucre, dont l’usinage a démarré en février, les rendements ont été de l’ordre de 68 T/ha.

    Concernant l’élevage, le ministère de tutelle précise que «l’actuelle campagne a la particularité de venir après deux bonnes campagnes céréalières successives (2016-2017 et 2017-2018), ce qui a permis au secteur de l’élevage de profiter des disponibilités de stocks de paille et d’orge comme en témoigne le niveau des prix de ces aliments qui affichent des niveaux normaux et raisonnables». Ce qui a permis d’assurer une stabilité des prix des animaux vivants.

    L’effet Maroc vert

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    «Grâce aux progrès graduels réalisés campagne après campagne par le Plan Maroc vert, l’économie du secteur agricole confirme sa résilience face à la variabilité climatique, ce qui fait que la croissance du secteur dépend, de moins en moins, de la campagne céréalière», souligne le département de l’Agriculture. Cette résilience permet de «maintenir une stabilité des revenus dans le monde rural et de préserver la durabilité de l’activité des agriculteurs». En dépit d’une production en baisse pour les céréales, les prévisions du PIB agricole tablent ainsi sur près de 125 milliards de DH, soit une quasi stabilité de la croissance agricole (+1,2 %). Ces résultats réalisés durant les dernières années grâce au Plan Maroc vert ont permis à l’agriculture marocaine de «pérenniser un palier d’excellence».

    Jamal Eddine HERRADI

     

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