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    Médias

    Education, emploi, santé, politique… El Otmani dit tout ou presque

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5503 Le 25/04/2019 | Partager
    Invité de l'UPF Maroc, le chef du gouvernement s'est prêté au jeu des questions-réponses
    Ce vendredi, l'Exécutif boucle ses 2 ans d'investiture
    «Des défis multiples que le gouvernement traite à différents rythmes».
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    Dès le démarrage de son allocution, le chef du gouvernement a exprimé son satisfecit au terme des deux ans à la tête de l'Exécutif. Selon lui, plusieurs chantiers ont été ouverts et des réformes engagées (Ph. Jarfi)

    Ce vendredi 26 avril, le gouvernement El Otmani bouclera ses deux ans d'investiture. L'heure est ainsi au bilan de mi-mandat. Et c'est dans ce contexte que Saad Dine El Otmani a été l'invité, mardi 23 avril, du tea time organisé par l'Union de la presse francophone section Maroc (UPF Maroc). Un exercice auquel le chef de l'Exécutif s'est livré avec un franc-parler, arguments et chiffres à l'appui. Croissance, emploi, chômage, fiscalité, éducation, social, statut de la femme, réforme de la Constitution, IDE, industrie, climat des affaires, médias/presse, condamnations de journalistes, ou encore les divergences au sein de la majorité. Autant de sujets et de questions abordés, dans un cadre convivial, et en langue française pendant plus de deux heures et demie, dans une salle comble au Casablanca Hôtel. Il s'est même prêté, au cours d'intermèdes, au jeu et avec humour au commentaire des caricatures en temps réel signées par Rik (caricaturiste de L'Economiste).
    D'emblée, El Otmani a tenu à exprimer son satisfecit au terme de ces deux ans à la tête de son équipe. Selon lui, plusieurs chantiers ont été ouverts et des réformes engagées. Il cite la Charte de la déconcentration administrative adoptée en novembre 2018 et qui a mis 40 ans à sortir des tiroirs. «Il a fallu 17 discours royaux pour inciter les gouvernements à la voter». Viennent ensuite la réforme des CRI, le Registre social unifié, la protection sociale, l'élargissement des programmes sociaux tels que Tayssir. Ce programme de lutte contre l'abandon scolaire a bénéficié en 2018 à 700.000 enfants pour monter à 2 millions cette année.
    Très attendu, le Registre social unifié permettra aux plus démunis et couches défavorisées de bénéficie de plus 139 programmes sociaux via un soutien direct pour améliorer les conditions de vie. 
    «De nombreuses réalisations, mais aussi des chantiers ouverts et des attentes importantes, voire des défis... Nous avons un bilan avec de fortes réalisations, mais est-ce suffisant? Non», consent-il. Le gouvernement est conscient des défis et des difficultés, renchérit-il. De grands efforts doivent être déployés, notamment sur les disparités, l'enclavement, l'inclusion sociale, la répartition des richesses, le développement humain, l'éducation, la santé... «Des défis multiples que le gouvernement traite à différents rythmes».
     La mission n'est guère facile, il faut l'admettre. Il y a parfois, dit-il, «des moments de doutes, voire d'hésitations». El Otmani affirme aussi avoir connu des périodes difficiles marquées par des incompréhensions ou encore des malentendus.

    «Je ne laisserai pas les rivalités partisanes perturber le travail du gouvernement»

    Pour un travail gouvernemental cohérent et efficace, l'enjeu est, selon lui, d'assurer une homogénéité et surtout de la convergence entre les différents partis de la majorité. Autrement dit, séparer la vie partisane et le travail au gouvernement. Tout le défi est là!  «Il y a parfois des divergences et des difficultés certes, mais pas au point de faire l'objet de tensions au sein de la majorité. Je ne laisserai pas les rivalités partisanes perturber le travail du gouvernement».
    Et d'ajouter: l'Exécutif est lié par un programme qui est le socle d'un contrat moral et travaille selon une «vision globale, unifiée et partagée», en vue de faire aboutir les chantiers en cours et réfléchir aux différents défis.
    «L’aboutissement et le succès des stratégies mises en place requièrent l’adhésion de tous les partenaires. C'est un travail collégial qui implique la contribution de l'ensemble des parties prenantes de la société», insiste El Otmani. 
    Le programme du gouvernement s'articule autour de 5 axes avec des objectifs précis, des instances et des outils spécifiques. Cependant, la priorité va au triptyque éducation-santé-emploi. Pour preuve, poursuit le chef du gouvernement, le budget alloué à l’éducation a augmenté à hauteur de 25% en 2019 par apport à 2016. Plus encore, celui de la santé a connu une hausse de 16% tout en doublant les ressources humaines annuelles affectées... Saad Dine El Otmani met aussi l'accent sur l'importance cruciale accordée au social. Il cite à ce niveau les mesures et plans sectoriels mis en place pour désenclaver plusieurs régions (électrification, approvisionnement en eau potable...) et ce, avec des programmes précis. «On ne réussit pas toujours sur le terrain», reconnaît-t-il. 
    Sur la liste des réalisations, El Otmani rappelle le maintien des IDE dans une conjoncture internationale difficile et malgré une année 2018 marquée par le boycott. De même pour le climat des affaires, il insiste sur les avancées telles que le classement du Maroc au Doing Business (60e en 2018 selon la Banque mondiale). «Nous avons gagné 8 points. L'objectif du gouvernement est d'être dans le top 50 en 2021. Pour y arriver, il va falloir faire des efforts drastiques en termes de gouvernance, de simplification des procédures, de lutte contre la corruption...». Sur ce dernier point, la stratégie nationale aura permis un gain de 17 points entre 2018 et 2019, soutient El Otmani. «Tout cela s'est traduit par un impact positif sur les IDE qui ont augmenté de 28%». Sur une question liée à «la désaffection  des investissements industriels, voire une décélération industrielle ou encore la cacophonie entre les chiffres du ministère de l'Industrie et ceux du HCP autour de la création d'emplois industriels (ndlr: autour de 400.000 postes en 4 ans grâce au PAI selon le département de l'Industrie et du Commerce), El Otmani dit plutôt faire confiance à son ministre: «Il y aura toujours des polémiques autour des chiffres et statistiques parce que ce sont deux méthodologies de calcul différentes».  Pour les plus sceptiques, El Otmani les invite à faire un tour dans les zones industrielles et les usines à Tanger, Kénitra et Casablanca… pour s'enquérir des réalisations.

    Liberté de la presse, accès à l'information...

    «Nous sommes, dans la vie de tous les jours, des journalistes. Nous voulons accéder à l’information, la diffuser, interroger les acteurs économiques et politiques, poser des questions pertinentes, distinguer entre la polémique et les news, les vraies, pas les «fake news». Sans cela, nous ne saurons pas vivre et, si je peux dire, la démocratie ne pourra pas vivre», souligne dans son discours Meriem Oudghiri, présidente de l'UPF Maroc. Dans notre mission, «nous nous attachons à un fondamental, celui d’être au service de nos lecteurs et de défendre, quel qu’en soit le prix, la liberté d’opinion et la liberté d’expression», ajoute-t-elle. L'occasion pour amener le chef du gouvernement sur ce terrain de la liberté de presse, l'accès à l'information et les récentes condamnations «inquiétantes» de journalistes. Sur ce sujet précis, El Otmani insiste sur «l'indépendance de la justice au nom de la séparation des pouvoirs». En même temps, il se dit prêt à faire davantage d'efforts pour conforter les acquis, renforcer le rôle de la presse libre et le secteur des médias, surtout que celui-ci dispose désormais d’une instance élue, le Conseil national de la presse, qui «a le soutien de l’Etat et qui se veut une force de propositions et un organe d'accompagnement». Le chef de l'Exécutif est conscient de la nécessité du renforcement des organes de presse compte tenu de leur rôle et «leur contribution dans la conscientisation de l'opinion publique». 

     

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