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    Médias

    Fake news, manipulations... Alerte sur la presse électronique

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5501 Le 23/04/2019 | Partager
    Elle est confrontée aux difficultés de la véracité des informations
    L’urgence d’un arsenal juridique approprié
    L’opinion publique malmenée

    Mohamed Aujjar est formel: «La garantie de la liberté dans la presse électronique est un choix stratégique et courageux. Nous le vivons au quotidien. Nous réalisons des acquis et nous espérons faire mieux». Cet ancien journaliste est toutefois conscient de la nécessité d’accompagner ce choix, particulièrement avec l’émergence de la presse numérique,  par la  mise en place d’un dispositif de protection juridique de la vie privée.

    Cette affirmation a été faite lors d’une table ronde consacrée aux défis de la presse électronique, organisée vendredi dernier par le think tank Achourouk pour la démocratie et les droits humains et présidée par le ministre de la Justice, en partenariat avec le Centre des Nations unies de la formation du sud-est d’Asie et des pays arabes.

    Pour lui, les nouveaux médias, qui comprennent les journaux électroniques et les réseaux sociaux, ayant émergé avec le développement rapide des TIC, ont inversé la notion de la presse classique. Malgré ses volets positifs, la presse numérique soulève de multiples défis représentés principalement dans l’exploitation des TIC et des réseaux sociaux pour inciter parfois à commettre des délits, violer la vie privée, diffamer et porter atteinte à l’image d’autrui. Mais pour faire face aux défis posés par la transformation numérique, le ministère de la Justice a pris des initiatives juridiques et institutionnelles.

    Mieux encadrer les contenus

    Pour cette conférence, il était accompagné de son collègue en charge de la Communication et de la Culture. Selon Mohamed Laâraj, la presse indépendante et libre, basée sur le pluralisme, a permis d’augmenter le taux des familles qui ont recours à internet pour capter la télévision. Il est passé de 13% en 2015 à 19% en 2017.

    En outre, le pourcentage des familles disposant d’un ordinateur ou d’une tablette numérique atteint 58,4%, soit une hausse de 6% par rapport à 2016. Selon le ministre, le nombre d’utilisateurs de l’application «SNRT Live» a dépassé le million. De même, le nombre de téléspectateurs suivant 2M sur Youtube a atteint 1,5 million début 2018. Ceux qui suivent sa page sur facebook ont dépassé 4,7 millions. 

    Le ministère de la Communication se penche sur le développement de l’arsenal juridique de l’audiovisuel pour définir et encadrer les contenus de la toile. Il s’agit aussi de renforcer les volets de la protection  des mineurs et des jeunes vis-à-vis des messages qui appellent à la violence, la haine, ou touchant à la dignité humaine.

    En tout cas, cette conférence est suivie d’une formation de trois jours, destinée aux journalistes travaillant principalement dans le domaine de l’information numérique et encadrée par des experts internationaux (voir encadré).

    Pour ses promoteurs, il s’agit d’évaluer le rôle de ces nouveaux espaces d’information dans la construction démocratique et la défense des droits humains. L’un des experts est formel: «Nous avons pris conscience que les médias électroniques, y compris les réseaux sociaux, peuvent faire pression sur les décideurs, particulièrement dans le domaine des droits humains et de la production des contenus. Le but est de pousser l’opinion publique à prendre des positions à partir de fake news. Ils fabriquent des fausses nouvelles pour créer le buzz. Des dossiers imaginaires sont transformés en affaires d’influence.

    C’est pour ces raisons qu’il est impératif de discuter ces questions et d’attirer l’attention des journalistes sur ces dangers. Le centre Achourouk veut mettre à leur disposition les outils pour mieux s’approcher de ce domaine numérique pour défendre les droits humains et  donner de la crédibilité au journalisme et au métier  de journaliste qui est de plus en plus remis en question, souligne l’un des experts.

    L’idée est aussi de débattre du métier de journaliste à la lumière de l’information numérique, sous l’angle des droits humains. «Ces médias ont changé la notion de la presse. Ils l’ont exposée à des secousses professionnelles. Les journalistes sont pressés de sortir des informations sans prendre le temps de les vérifier», dit-il.

    Selon lui, les études ont montré que même les acteurs politiques sont devenus otages de ces nouvelles orientations et des «manipulations» de cette presse. La population est devant un flux incontrôlable d’informations dont elle ignore l’origine.

    Face à ces dérapages, Achorouk tire la sonnette d’alarme pour que ces médias exercent dans le respect de l’opinion publique, en assurant une crédibilité des informations et un respect des spécificités. Il s’agit d’opter pour tout ce qui est nouveau en matière technique, mais en privilégiant la véracité du contenu.

    Avides d’infos

    L’autre volet de l’initiative est de montrer que la formation continue des journalistes est un impératif primordial pour le renforcement de leurs capacités techniques. La thématique générique porte sur les défis de la presse numérique. Le menu est diversifié. Le cycle de formation porte notamment sur les critères de la qualité professionnelle et éthique dans la presse électronique, la garantie d’accès à l’information...
    L’idée des formateurs est de leur transmettre la meilleure approche pour traiter les flux d’informations dans les temps réels. Et ce, en améliorant leurs capacités de sélection et de vérification des données. Souvent, les journalistes sont face à des flux de news en provenance de sources dont les identités sont falsifiées et contradictoires. «Elles développent sur internet des pages dont une partie est bonne mais le reste est conçu pour jouer un rôle destructeur», souligne un autre expert. Pour lui, il s’agit d’attirer l’attention des jeunes journalistes sur leur rôle d’informer les citoyens et non de créer des informations. «Les citoyens comme les journalistes sont, par les temps qui courent, avides d’informations».

    M. C.

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