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    Economie

    Retenue à la source: Les réaménagements proposés par les experts-comptables

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5501 Le 23/04/2019 | Partager
    Elle devrait être supprimée sur les intérêts servis aux entreprises soumises à l’IS
    Le prélèvement devrait être réservé aux professions libérales
    La cotisation minimale, un non-sens

    A quelques jours des Assises fiscales, les propositions affluent. La CGEM tout autant que l’Ordre des experts-comptables ont dressé une série de recommandations alors même que leurs représentants sont parties prenantes  dans les comités de travail.

    Cela promet des débats intéressants le jour des Assises et soulève des craintes sur leurs objectifs, qui pourraient être détournés. Mohamed Berrada, ancien ministre des Finances et président du comité scientifique, avait craint «des Assises de lamentations».

    Les experts-comptables qui ont transmis leurs recommandations aux pouvoirs publics tiennent à la suppression de toutes les dispositions qui ne sont pas pertinentes et qui rendent le système complexe. C’est le cas par exemple de la retenue à la source de 20% sur les intérêts servis aux sociétés soumises à l’IS et de la cotisation minimale. 

    La retenue à la source sur intérêts servis aux sociétés soumises à l’IS ne se justifierait pas. Ces entreprises sont sous le système d’acomptes trimestriels et la restitution est souvent marquée par des difficultés et des retards. «A défaut de sa suppression dans un avenir très proche, il convient au minimum de prévoir l’option pour les contribuables concernés de pouvoir l’imputer sans limitation dans le temps jusqu’à restitution», soutient l’Ordre des experts-comptables.

    En revanche, il est favorable à une retenue à la source au taux de 30 ou 20% pour les professions libérales exercées à titre individuel (médecins, architectes, avocats, experts automobiles, experts immobiliers, autres experts, huissiers…). Pareil pour les prestations des indépendants rendues aux entreprises soumises à l’IS et à l’IR professionnel.

    «Cette retenue constituerait soit un impôt libératoire soit un acompte à faire valoir sur l’IR annuel lors de la déclaration», estiment les professionnels des chiffres. Cela faciliterait le contrôle et le recouvrement de l’impôt et allégerait la charge de gestion et de paiement.

    A cette mesure, qui ne manquerait pas de fâcher les professions libérales, pourrait s’ajouter un abattement forfaitaire plafonné. Il permettrait de compenser l’absence de déduction pour la couverture sociale et la retraite. Même si la loi sur la couverture médicale et retraite des travailleurs non salariés est publiée au Bulletin officiel, l’activation n’a pas encore démarré. Les forfaits sur la base desquels les cotisations seront appliquées font toujours l’objet de réunions.

    La cotisation minimale devrait être supprimée en l’absence de bénéfice imposable ou de profit foncier. Car il est jugé anormal qu’une entreprise ou un citoyen qui subit des pertes puisse supporter un impôt sur le bénéfice ou sur le profit. Cet impôt assimilé à un smig fiscal fait partie de la panoplie des prélèvements fiscaux qui pourraient être remis en cause lors des prochaines assises fiscales.

    Mohamed Berrada avait annoncé «qu’il est question de le supprimer dans un délai déterminé et de rétablir le principe de justice et d’équité. Nous devons faire la distinction entre les entreprises qui fraudent et celles qui sont réellement en difficulté». Pour la commission fiscale de l’Ordre des experts-comptables, «le maintien de la cotisation minimale, si nécessaire, doit être éventuellement limité de façon temporaire à certaines catégories d’activités».

    Autre proposition, la mise en place d’acomptes provisionnels pour l’IR professionnel. D’autant que le télépaiement est généralisé et cela pourrait aider les professionnels à mieux gérer leur trésorerie!

    L’impôt sur la fortune, une mauvaise idée

    UNE contribution de solidarité plutôt qu’un impôt sur la fortune. Car sa mise en œuvre est jugée difficile et il a un impact négatif sur l’investissement et pourrait être à l’origine de fuite des capitaux.  
    L’Ordre des experts-comptables est favorable à une contribution de solidarité sur le revenu global des personnes physiques (y compris les dividendes) dont le niveau dépasserait un seuil à fixer (2 millions de DH proposés). Son taux pourrait être progressif, entre 2 et 5%, pour rester supportable.  
    Il propose aussi un réajustement des niveaux d’imposition des revenus du travail sur 2 à 3 ans. Le seuil exonéré devrait augmenter à 36.000 DH par an et le plafond des frais professionnels à 60.000 DH. Un abattement de la base imposable pour le conjoint sans emploi est également recommandé. Pareil pour l’augmentation de la réduction pour enfants scolarisés à charge ou bien une déduction au titre des frais de scolarité. Il s’agit là d’une demande récurrente de la CGEM mais qui n’a jamais été retenue.
    Les experts-comptables sont pour le réaménagement du barème avec un réajustement des tranches intermédiaires et l’encadrement des exonérations pour lever toute ambiguïté.

                                                                               

    Taxation des gains

    L’Ordre des experts-comptables insiste sur «l’harmonisation du niveau de taxation des gains en capital pour le rendre cohérent avec la taxation des bénéfices d’entreprises pour les revenus de même nature». Pour cela, deux mesures au choix sont proposées. La première consiste dans une taxation du revenu global des personnes physiques qui regroupe l’ensemble des revenus et gains, selon le barème progressif avec éventuellement application d’abattements à fixer. La deuxième consiste dans la fixation des taux libératoires à des niveaux plus cohérents proches de 25% pour tous les revenus et gains en capital (sauf pour les dividendes où la taxation constitue un complément d’impôt).

    Khadija MASMOUDI

     

     

     

     

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