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    International

    Les balbutiements des introductions en bourse

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5500 Le 22/04/2019 | Partager
    Au 1er trimestre 2019, les levées de fonds ont chuté
    La zone Europe, Moyen-Orient et Afrique à la traîne
    La tendance pourrait s’inverser tout au long de l’année

    Après les prévisions du cabinet EY (ex-Ernst & Young) sur les introductions en bourse (cf. notre édition N° 5479 du 22/03/2019), c’est au tour de PwC de publier ces ambitions pour le marché. Au premier trimestre 2019, les fonds levés par les introductions en bourse (Initial Public Offering, IPO) dans le monde ont chuté de 64%, de même que leur nombre, en baisse de 41%, par rapport à la période correspondante de 2018.

    Au total, 173 IPO ont permis de lever 19,1 milliards de dollars, contre 291 pour 52,3 milliards de dollars et 339 pour 37,9 milliards de dollars aux mêmes périodes en 2018 et 2017, respectivement. Le marché des levées secondaires n’a également pas été épargné en termes de valeur (-34 %) et de volume (-29 %).

    Au total, 602 levées secondaires (Further Offerings, FO) ont permis de lever 94,7 milliards de dollars au premier trimestre 2019. Et ce, contre 845 pour 143,3 milliards de dollars et 921 pour 168,3 milliards de dollars aux mêmes périodes en 2018 et 2017, respectivement.

    Pour ce qui est de la répartition géographique, le continent américain occupe la première place en termes de valeur (51% des fonds levés, soit 9,8 milliards de dollars et 24% des opérations, soit 42). Tandis que l’Asie-Pacifique se taille la part du lion en termes de volume (43% des fonds levés, soit 8,3 milliards de dollars et 66% des opérations, soit 115).

    L’activité du marché des levées secondaires est, quant à elle, essentiellement concentrée dans les Amériques. Le continent compte pour 52% des fonds levés (49,5 milliards de dollars) et 46% du volume des FO (275 opérations). Il est suivi, en termes de valeur, par la zone dite EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique): 24%, soit 23,2 milliards de dollars et par l’Asie-Pacifique: 23%, soit 22,1 milliards de dollars.

    En termes de volume, à l’inverse, l’Asie-Pacifique se classe deuxième (29% avec 173 opérations) suivie par l’EMEA (26% avec 155 opérations). Dans cette région, la baisse de l’activité des IPO a été encore plus marquée. La région représente seulement 5% des fonds levés (933 millions de dollars) et 9% du volume des IPO (16 opérations).

    Les fonds levés ont chuté de 95% tandis que le volume d’opérations a diminué de 74% par rapport au premier trimestre 2018. En d’autres termes, 16 IPO ont permis de lever 933 millions de dollars, contre 61 pour 17,4 milliards de dollars et 60 pour 6,5 milliards de dollars aux premiers trimestres 2017 et 2018 respectivement.

    Au premier trimestre 2019, une seule IPO soutenue par des sociétés de capital-risque a eu lieu dans la région EMEA, à savoir le prestataire de services de solutions pour machines industrielles Arcure sur Euronext Growth à Paris. Elle a représenté 1% (9 millions de dollars) des levées de fonds régionales et 6% du volume des IPO dans la région. Les facteurs à l’origine de la volatilité accrue à la fin de 2018 et de la prudence persistante en 2019 n’ont pas disparu.

    Les investisseurs resteront donc plus sélectifs. Toutefois, il existe différentes perspectives pouvant générer un regain d’optimisme. En particulier Uber et Pinterest qui ont déjà effectué leurs démarches, et Airbnb, GE Healthcare et O2 qui ont manifesté leur intérêt à entrer en bourse (pour n’en nommer que quelques-uns).

    Après un vent de défiance pour les grosses introductions technologiques en Bourse avec les débuts chaotiques de Lyft (la plateforme américaine de réservation de voitures avec chauffeur) à Wall Street, les marchés semblent rassurés. Ceci après que l’application de partage de photos Pinterest et l’entreprise Zoom, spécialisée dans les services de vidéo-conférence, se sont envolées la semaine dernière pour leurs débuts dans la plus grande des bourses mondiales.

    Aussi, le groupe américain Uber envisage un niveau de valorisation proche des 100 milliards de dollars pour ses débuts boursiers attendus en mai prochain, selon la presse étrangère.

    Le géant japonais de l’automobile Toyota, associé à l’équipementier Denso, ainsi que son compatriote SoftBank Group, via le fonds SoftBank Vision Fund (SVF), ont annoncé un investissement de 1 milliard de dollars dans Uber, afin d’accélérer le développement de services de conduite autonome. Une transaction qui sera effective au troisième trimestre 2019.

    Des fondements solides

    L’ensemble des économies régionales affichant encore des fondements relativement solides, c’est l’effet des incertitudes géopolitiques qui déterminera les évolutions. «Les performances sur le continent américain devraient demeurer élevées. L’économie des Etats-Unis monte en puissance et de nombreuses entreprises s’apprêtent à faire leur entrée en bourse en 2019. Au Brésil, une vague de privatisations devrait soutenir les marchés», indique Philippe Kubisa, Associé spécialiste des marchés de capitaux, PwC France. «L’activité en Asie-Pacifique est affectée par l’impact continu du durcissement de la surveillance réglementaire et du désendettement financier en Chine. Néanmoins, la fin de la guerre commerciale pourrait propulser les performances à de nouveaux sommets», ajoute-t-il. Enfin, le facteur de risque le plus important pour l’activité de l’EMEA restera l’instabilité géopolitique persistante. Les fondements économiques montrent déjà des signes d’affaiblissement et les incertitudes liées au Brexit ne favorisent pas le redémarrage.

    F. Z. T.

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