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    Economie

    Bio-pesticides et bio-stimulants: Le marché accélère sa croissance

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5500 Le 22/04/2019 | Partager
    86,6 millions de DH de chiffre d’affaires prévus en 2021
    Des opérateurs de plus en plus sensibilisés à l’impact écologique
    Une alternative intéressante pour les sols malmenés par l’utilisation massive d’engrais chimiques

    Le marché des bio-pesticides et bio-stimulants est-il en phase de s’installer au Maroc? Ce marché, peu développé il y a encore quelques années, prend de plus en plus d’ampleur. Il devrait atteindre 86,6 millions de DH en 2021, selon une étude menée par le cabinet d’analyse Micro Market Monitor.

    La croissance de ce marché est la résultante d’un ensemble de facteurs tels la sensibilisation des autorités compétentes aux propriétés fonctionnelles des biopesticides, leur impact écologique, ainsi que leur utilisation dans la lutte intégrée et l’augmentation de la production de cultures biologiques.

    «La position géographique du Maroc, qui en fait un des principaux exportateurs, notamment de légumes, vers l’Europe ainsi que la sensibilisation des consommateurs nationaux aux produits biologiques font que les bio-pesticides et les bio-stimulants représentent une alternative intéressante pour les producteurs agricoles», explique Mohammed Tounassi, directeur général de Cofagri et importateur exclusif des bio-stimulants du leader italien Grena Italy.

    Présent à la 14e édition du Salon international de l’agriculture du Maroc (SIAM), le staff de l’entreprise enchaîne les présentations de ses produits aux agriculteurs. Ces derniers montrent, d’ailleurs, un intérêt non dissimulé pour ces produits.

    «Les biostimulants ont un rôle crucial dans la nutrition des plantes et dans l’activation de leurs défenses naturelles. Les bio-stimulants issus de l’hydrolyse thermique THP que la société Grena Italy utilise pour fabriquer ses produits sont riches en matière organique», ajoute Tounassi.

    L’hydrolyse thermique permet d’extraire des produits riches en acide humique et fulvique, lesquels jouent un rôle prépondérant dans le bien être des plantes. Les engrais organiques permettent aux sols pauvres en minéraux de retrouver leur vigueur grâce à la matière organique, est-il expliqué. De plus en plus d’agriculteurs y ont recours au Maroc sachant que les sols dans plusieurs régions du pays sont malmenés par l’utilisation d’engrais chimiques à outrance.

    Un projet intitulé «Elimination des pesticides obsolètes et mise en œuvre du programme de gestion intégrée des ravageurs et des pesticides au Maroc» a été lancé par le ministère de l’Agriculture pour promouvoir ce type d’intrants agricoles. Cette initiative prévoit entre autres l’élimination dans des unités spécialisées à l’étranger de pesticides dits «obsolètes», dont la présence est évaluée à ce jour à plus de 630 tonnes au Maroc.

    «L’utilisation des pesticides a, certes, bien contribué à l’amélioration de la productivité agricole, mais en même temps, elle a été abusive et a induit de graves problèmes de santé publique et de l’environnement», indique à L’Economiste, un ingénieur agronome. Elle est donc une arme à double tranchant.

    Cela ne fait aucun doute que de nombreux scientifiques qui préconisaient une utilisation intensive et extensive des pesticides étaient motivés par l’élimination de la faim et de la malnutrition et, en général, par l’amélioration de la qualité de la vie des populations. Seulement, cela entraîne inéluctablement une perte de biodiversité génétique, de la pureté de l’eau et des aliments. 

    Mais, les prises de conscience et les préoccupations croissantes du grand public concernant la santé et l’environnement l’ont amené à se demander si les avantages des pesticides, valaient bien le coût de la pollution de l’environnement, des maladies humaines, de la faune et de la flore et d’autres destructions de la nature biotique.

    De ce fait, de nombreuses questions d’éthique liées à l’utilisation des pesticides sont formulées de plus en plus en tenant compte des risques ainsi que des avantages des pesticides. Ainsi et pour réduire la dépendance des pesticides, de nouvelles technologies non chimiques et éprouvées pour la protection des cultures ainsi que des technologies réduisant l’utilisation de pesticides doivent être mises en œuvre.

    C’est pour cela, qu’aujourd’hui, le recours aux bio-pesticides et bio-stimulants s’avère indispensable et relève d’une grande prise de conscience du monde agricole en faveur de la santé de la nature et des hommes.

    Précaution

    Promouvoir une agriculture à moindre coût, ne doit pas être synonyme d’une utilisation irrationnelle, intensive et extensive des pesticides. Il faut plutôt penser à une agriculture durable et saine, favorisant l’utilisation de bio-pesticides et la réduction des normes d’exportation et d’importation des pesticides. De plus, une introduction à grande échelle de pesticides dans notre écosystème ne devrait pas se faire  sans études rigoureuses au préalable de leurs effets sur le sol, l’eau, la faune, ainsi que sur l’homme lui-même.

    Pesticides chimiques: Chaque année, 4,6 millions de tonnes
    pulvérisées dans le monde

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    Près de 115 millions de tonnes d’engrais minéraux azotés sont appliqués chaque année sur les cultures dans le monde. Près de 20% de ces apports en azote finissent par s’accumuler dans les sols et la biomasse, là où 35% d’entre eux pénètrent dans les océans.
    ■ Dans le monde, chaque année, 4,6 millions de tonnes de pesticides chimiques sont pulvérisées dans l’environnement. Les pays en développement représentent 25% de l’utilisation mondiale des pesticides dans l’agriculture, mais dans ces pays sont pourtant enregistrés 99% des décès dus aux pesticides.
    ■  L’appauvrissement en oxygène (l’hypoxie), phénomène d’origine humaine qui trouve son origine dans la surabondance de nutriments, affecte une zone équivalente à 240.000 km² à l’échelle mondiale. Cette zone est constituée de 70.000 km² d’eaux intérieures et de 170.000 km² de zones côtières.
    ■ Actuellement, plus de 700 polluants émergents, leurs métabolites et les produits de transformation sont listés comme étant présents dans l’environnement aquatique européen.
    Source: FAO

     

     

    J.E. HERRADI

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