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    Economie

    Siam: De belles perspectives pour l'oléiculture

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5498 Le 18/04/2019 | Partager
    Production, qualité, commercialisation… la clé du succès
    Une campagne exceptionnelle à mettre à l’actif des stratégies du PMV
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    «Le Maroc a fait un grand progrès dans l’amélioration de la qualité et le développement d’une personnalité de l’huile d’olive, en particulier celle issue de la variété Picholine marocaine (travaux de recherche à l’appui)», indique Noureddine Ouazzani, responsable de l’Agro-pôle Olivier ENA (Ph. YSA)  

    Le Siam est l’occasion de mettre le point sur les différentes filières agricoles ainsi que l’apport du Plan Maroc Vert (PMV). Un plan qui a tracé une belle perspective notamment pour le secteur oléicole marocain. Lequel se porte bien. C’est l’avis unanime des producteurs qui ont réalisé une production exceptionnelle. Conditions climatiques favorables, appui du PMV, et bonnes pratiques ont marqué la campagne 2018/2019. L’Economiste revient sur les principaux points d’une culture à succès. Décryptage.

    ■ Se placer en tête des filières stratégiques
    Depuis quelques années, la filière oléicole soulève un intérêt sans précédent. En couvrant plus de 50% de la superficie arboricole marocaine (soit 1.070.000 ha, pour une production moyenne de 120.000 à 140.000 tonnes d’huile) et en assurant une activité agricole intense (20 millions de journées de travail/an et 100.000 emplois permanents), l’oléiculture se place en tête des filières stratégiques au Maroc. Dès lors, de grandes manœuvres de restructuration et de modernisation du secteur oléicole national ont été adoptées dans le cadre des nouvelles orientations stratégiques du Plan Maroc Vert (PMV). Il s’agit particulièrement de l’intensification et de la réhabilitation du verger oléicole national, ainsi que l’adoption des nouvelles pratiques techniques et technologiques de production des olives et de l’huile d’olive de qualité, et organisation professionnelle (agrégation, GIE, etc.). Ceci s’est traduit en un accroissement important de la production et de l’exportation nationale d’huile d’olive de qualité. Cependant, la filière oléicole n’a pas encore atteint toutes les potentialités de production des plantations réalisées au cours des dernières années, dans le cadre de la stratégie du PMV. «D’ici 10 ans, le Maroc pourra atteindre son summum de production qui est estimé à 250.000-300.000 tonnes d’huile d’olive. Aussi, les opérateurs de la filière oléicole parlent du défi de 2 millions d’ha en 2030», estime Noureddine Ouazzani, responsable de l’Agro-pôle ENA de Meknès. «Grâce au PMV, plusieurs régions, dont celle de Fès-Meknès, disposent d’une production importante et un potentiel qualitatif fort intéressant, avec un savoir-faire et une capacité de trituration moderne importante», ajoute-t-il.

    ■ S’aligner sur les enjeux du marché méditerranéen… une nécessité
    La filière oléicole marocaine, avec une production actuelle en huile d’environ 160.000 tonnes, et un marché local demandeur, est encore loin des enjeux du marché méditerranéen de l’huile d’olive si on le compare à la production d’huile d’olive des principaux pays oléicoles (cas Espagne: 1,5 million de tonnes). En termes de superficie, l’Espagne reste largement en tête pour les surfaces oléicoles avec 2.585 millions d’hectares, devançant la Tunisie (1,84 million d’hectares), l’Italie (1,35 million d’hectares), la Grèce (1,16 million d’hectares) et le Maroc (1,02 million d’hectares). «On ne peut se comparer à certains pays comme l’Espagne où seule la région de Jaen (équivalent de la province d’El Hajeb) avec 600.000 ha produit 600.000 tonnes d’huiles, environ 5 fois la production d’huile d’olive marocaine. Cependant, si on maintient la cadence de développement, avec une meilleure organisation de la filière, on va y arriver dans les prochaines années», explique Ouazzani. 

    ■ Une production record pour la campagne 2018/2019
    Cette année, l’on parle d’une campagne oléicole exceptionnelle du point de vue «olive». En effet, la campagne 2018-2019 s’est démarquée par un nouveau record de production qui est de l’ordre de 2 millions de tonnes d’olives, soit une hausse de 42% par rapport à la moyenne de production des olives des cinq dernières années. En détail, une grande production a été enregistrée dans les oliveraies non irriguées. Laquelle a atteint dans certains bassins une moyenne de 6 à 8 tonnes/ha. En revanche, un retard de maturité et de teneurs est observé, soit 12,5 à 14% (à la trituration) vers le 20 décembre, et 18 à 20% une année auparavant. «Ce n’est que vers la fin de décembre-début janvier qu’on a commencé à atteindre un rendement normal en huile pour la variété Picholine», souligne le responsable de l’Agro-pôle. «Ce rendement a affecté la production d’huile qui devrait s’établir à 170-180.000 tonnes au lieu des 200.000 tonnes prévues», renchérit-il.

    ■ Le consommateur bien servi à prix raisonnable
    Par ailleurs, le litre d’huile d’olive se négocie en détail, au niveau des moulins à huile, entre 25 à 30 DH/litre (moins 11 à 22 DH/litre par rapport à 2017-2018), ce qui a augmenté la part destinée au marché local. Cependant, depuis un mois, on assiste à une baisse du prix de l’huile extra-vierge entre 25 à 26 DH/litre sur le marché du gros en vrac. Cette baisse de prix s’explique par l’importance de la production nationale et internationale. Ce prix est en dessous ou à la limite du prix de revient chez la majorité des producteurs non intégrés. Par ailleurs, l’absence de précipitation, depuis le lancement de la campagne de récolte, et l’absence d’attaques de la mouche ont eu un impact favorable sur la qualité de l’huile d’olive produite. En revanche, les producteurs s’accordent à dire que «les performances de production de cette année sont la résultante du PMV». Lequel a favorisé l’augmentation de la superficie destinée à cette culture. De même, le secteur a été modernisé et la qualité du produit ainsi que son positionnement pour l'exportation se sont améliorés, en particulier celles destinées aux marchés américain et européen.

    ■ La baisse de production en Grèce et en Italie… une opportunité pour le Maroc
    Le prix international actuel de l’huile d’olive n’a pas permis aux producteurs marocains de mettre à profit les opportunités offertes par la baisse de production enregistrée en Italie et en Grèce. En effet, les opérateurs marocains ont les yeux rivés sur le marché local ainsi que le marché américain, considéré comme un client fidèle. A côté de ces marchés, les partenariats signés avec des opérateurs espagnols favorisent les exportations. S’agissant du marché local, un effort de promotion et de sensibilisation sur les valeurs nutritionnelles et les normes de qualité de l’huile d’olive extra-vierge serait d’un grand apport. Aussi, la production d’une huile d’olive de qualité et la promotion de la consommation constituent des aspects incontournables pour dynamiser la filière. D’autant plus que le Maroc a tous les atouts et les conditions pour produire des huiles d’olive de très haute qualité pratiquement au même niveau ou supérieures aux huiles européennes. «La qualité est la clé de la commercialisation», conseille Ouazzani. «De nombreux pays reconnaissent la qualité de l’huile produite au Maroc. Et ce n’est pas d’ailleurs fortuit si nos huiles sont primées au niveau international», félicite le patron de l’Agro-pôle olivier ENA-Meknès.

    Comment exporter?

    L’enjeu commercial de l’huile d’olive est de vendre à un prix intéressant et compétitif. A ce titre, plusieurs marques arrivent à acheminer une quantité sur le marché international, en particulier l’Europe, le Canada et les Etats-Unis d’Amérique. Ceci étant, il s’agit d’exportation en petites quantités. Toutefois, tout le défi est de disposer de grandes quantités de qualité (entre 30.000 et 50.000 tonnes) pour répondre aux demandes des grands groupes de commercialisation d’huile d’olive au niveau du marché international. Notons que lorsque le prix de l’huile d’olive est intéressant au niveau du marché international, certains grands groupes nationaux arrivent à placer un volume de 10.000 à 20.000 tonnes. En revanche, c’est le marché local qui absorbe la majeure partie de la production, et parfois à des tarifs d’environ 60 DH/litre (cas de l’année dernière). A signaler que la consommation nationale ne dépasse guère 3 kg/habitant/an. Enfin, l’exportation de l’huile n’est bénéfique que lorsque le prix atteint 3,5 à 5 euros/kg.

    Youness SAAD ALAMI

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