×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    Les défis de l’après-Bouteflika

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5489 Le 05/04/2019 | Partager
    Les Algériens veulent rester mobilisés contre le «système»
    Le pays entre dans une phase critique

    La rue algérienne n'entend pas relâcher la pression sur le pouvoir, après le départ du président Abdelaziz Bouteflika. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a espéré que l'Algérie connaisse «une transition pacifique et démocratique». Quels sont les scénarios possibles de la transition?
    n Ce que prévoit la Constitution: Après la démission de Bouteflika qui a demandé pardon aux Algériens dans une lettre d'adieu, c'est Abdelkader Bensalah, le président du Conseil de la Nation qui est théoriquement chargé d'assurer l'intérim (voir aussi notre édition N°5487 du mercredi 3 avril 2019). Le Conseil constitutionnel a constaté la vacance du pouvoir et a informé le Parlement. Les deux Chambres sont censées se réunir, mais elles ne l'ont toujours pas fait. Le président par intérim a 90 jours maximum pour organiser une élection présidentielle, à deux tours, et remettre le pouvoir à celui qui sera élu, puisqu'il lui sera interdit de se présenter lui-même. Au vu de la très courte échéance, il va devoir convoquer l'élection rapidement, car la loi électorale prévoit un certain nombre de délais, pour certains incompressibles. Notamment une période de 45 jours pour le recueil des parrainages et le dépôt des dossiers de candidature, qui doivent ensuite être validés par le Conseil constitutionnel, l'organisation d'un 2e tour, 15 jours après la proclamation des résultats du 1er tour, etc.

    Le rôle de l’armée

     Les délais très courts: Outre le départ de Bouteflika, la rue réclame aussi celui de l'ensemble du «système». Hors de question que les hommes placés aux postes-clés par le président déchu gèrent le pays. Les appels se multiplient à chasser désormais les «3B»: Bensalah, Belaiz, Bedoui. Tayeb Belaiz préside le Conseil constitutionnel, institution chargée de veiller à la régularité du scrutin. Avant d'être nommé Premier ministre, le 11 mars, Noureddine Bedoui fut durant quatre ans ministre de l'Intérieur et à ce titre chargé d'organiser des élections que l'opposition estime frauduleuses. Par ailleurs, font remarquer les contestataires, les délais très courts rendent difficile de modifier le code électoral, favorable au pouvoir et aux partis installés.
    n D’autres pistes: Une démission, avant la réunion du Parlement, d'Abdelkader Bensalah, «doublure», depuis 2013 en Algérie ou à l'étranger, de Bouteflika, est évoquée, afin de nommer à sa place une autre personnalité. Une démission du Conseil constitutionnel pourrait être également envisagée, c’est le seul moyen de remplacer ses membres. Mais leur nomination incombe aux chefs de l'Etat et du gouvernement et aux institutions. Le chef de l'Etat par intérim n'a en revanche pas le pouvoir, constitutionnellement, de remanier le gouvernement.

    SI la contestation ne se calme pas, il sera difficile de poursuivre le processus à son terme. Mais l'arbitre devrait être l'armée, dont l'intervention aura été décisive dans le départ de Bouteflika. Or, tout en assurant qu'elle «soutiendra le peuple jusqu'à ce que ses revendications soient entièrement et totalement satisfaites», l'armée a clairement fait savoir qu'elle n'acceptait qu'un «processus garantissant la gestion des affaires de l'Etat dans le cadre de la légitimité constitutionnelle…».

    F. Z. T. avec AFP

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc