×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Régions

    CCIS-Fès-Meknès: Le parc des expositions peine à se concrétiser

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5488 Le 04/04/2019 | Partager
    Elalamy critique l’insolvabilité du conseil communal de Fès
    «Faites avec le budget dont vous disposez!», appelle le ministre
    alamy_fes_5488.jpg
     Pour Moulay Hafid Elalamy, «il ne faut pas suivre les architectes qui proposent des plans décoratifs qui coûtent énormément d’argent». «Le Maroc n’est pas le Japon… on doit financer juste le nécessaire. Les décors viendront après», ajoute le ministre de l’Industrie en visite au souk aux moutons de la route de Sefrou qui sera transformé en parc des expositions… si tous les partenaires sont solvables (Ph. YSA) 

    Le souk aux moutons de la route de Sefrou a encore de longues années devant lui avant qu’il ne soit transformé, un jour, en parc des expositions international. C’est ce qui ressort de la dernière rencontre de Moulay Hafid Elalamy avec les responsables de la Chambre de commerce d’industrie et de services (CCIS Fès-Meknès), tenue vendredi 29 mars, à Fès.  Surtout si l’on sait que le Conseil communal de Fès peine à débloquer sa participation (14 millions de DH). Nécessitant un investissement de l’ordre de 50,69 millions de DH, le projet devait être financé par la CCIS, le Conseil de la région Fès-Meknès, le ministère de l’Industrie, et par le Conseil communal de Fès. 
    Situé sur la route de Sefrou, le parc des expositions international de Fès devrait s’étaler sur un terrain de 4 ha, acquis par la CCIS. Dans ce projet, un hall d’exposition de 8.000m2 (250 à 300 stands), un espace des expositions permanentes de 900m2, une salle de conférences (340 places), 8 salles de réunion, des bureaux administratifs et un parking (350 places). Egalement prévus, un centre d’affaires, un incubateur, un espace coworking et une administration. Quant à l’aire de dédouanement prévue initialement, la Chambre a revu sa copie. «Ceci, suite au désintérêt des opérateurs constaté après le lancement d’un premier appel à manifestation d’intérêt…du coup, cet espace sera alloué à une aire d’exposition et une salle de conférences», précise Hamza Benabdallah, élu de la CCIS Fès-Meknès.  
    De son côté, Elalamy appelle à la concrétisation du projet du parc des expositions international de Fès dans les plus brefs délais. «Il ne faut plus attendre. Faites avec le budget dont vous disposez. Je ne vous rajouterai aucun centime!», martèle-t-il. Et de poursuivre: «évitez les décors qui font plaisir aux architectes et coûtent trop d’argent…J’en ai perdu beaucoup dans mes propres projets». 
    Et, puis, insiste-t-il, «notre pays n’est pas le Japon. Il faut faire avec les moyens du bord et ne construire que le nécessaire!». 
    Des propos qui ont irrité les professionnels, dont Jaouad El Marhoum, élu de la Chambre, au point d’interroger Elalamy: «Fès ne mériterait-elle pas aussi des projets d’envergure?». «Si vous voulez mon avis, un parc des expositions de 4 hectares, c’est peu pour Fès…», reconnaît le ministre. Néanmoins, son département a consacré 17 millions de DH à la réalisation de ce projet. 

    Les projets de la CCIS ont la peau dure

    Pour rappel, le parc des expositions international est à l’étude depuis plusieurs années. Après l’élection de Badr Tahiri (RNI), à la tête de la Chambre en août 2015, le projet devient une priorité dans le programme d’action destiné à améliorer le climat des affaires et à booster la compétitivité de la région. Un programme qui  porte, entre autres, sur l’achèvement des projets structurants initiés par la Chambre, dont le palais des expositions de Taza, la mise à niveau du quartier Bensouda à Fès et l’aménagement du parc industriel Aïn Chegag. Aux dernières nouvelles, le ministère de l’Intérieur s’est rétracté quant à la participation (30 millions de DH) dans la réalisation de ce parc. En outre, le plan d’actions de la CCIS concerne aussi la mise à niveau du quartier industriel Sidi Bouzekri à Meknès, l’informatisation de la carte économique de la région et la mise en œuvre du centre polydisciplinaire du quartier industriel Aïn Chkef. Mais, plus de 3 ans après, aucun projet n’est sorti de terre. En revanche, l’événementiel marche bien grâce aux voyages initiés en faveur des élus de la CCIS dans le cadre de la coopération décentralisée et le forum économique…sans suite.

    Le Conseil régional y participe à hauteur de 13,94 millions de DH et la CCIS mise près de 6 millions de DH. Ainsi, les différents partenaires auront cumulé un budget de 36 millions de DH (au lieu des 50,69 millions prévus initialement). En ce sens, la convention qui réunit les différentes parties prévoyait une participation du Conseil communal de Fès de l’ordre de 13,94 millions de DH. Ce montant devait être financé sous forme de prêt remboursable à la mairie. Or, cette dernière n’est pas habilitée d’accorder de l’argent à d’autres institutions. «D’où la réflexion autour d’un avenant à la convention initiale, qui devrait fixer la cotisation de la Commune sous une nouvelle forme», explique Hamza Benabdallah. En attendant, le site continuera à accueillir le souk aux moutons (à la veille de l’Aïd) et d’autres «animaux» errants. Affaire à suivre…


    Les aires de dédouanement ont failli 

    De l’avis de Hamza Benabdallah, l’expérience des aires de dédouanement ouvertes un peu partout au Maroc a failli. D’où l’annulation de cette composante dans le projet du parc des expositions de Fès. Pourtant, l’Administration des douanes et impôts indirects avait promis d’œuvrer, à Fès, à promouvoir les plateformes de dédouanement intégrées et à valeur ajoutée, de concert avec les opérateurs et les professionnels concernés. En tant qu’intervenant indispensable dans la chaîne du commerce extérieur, la Douane s’était engagée dans la modernisation des méthodes de travail en offrant aux opérateurs une plateforme de proximité pour leurs opérations de dédouanement. A travers une aire de dédouanement, le projet devrait permettre l’adaptation des procédures douanières à l’évolution du commerce mondial, au développement de la logistique des transports internationaux, et la nécessité impérieuse de décongestionner les ports et aéroports pour une meilleure fluidité et célérité dans le processus de dédouanement. L’objectif étant de favoriser et accompagner les entreprises créatrices de richesse et d’emplois, pour se développer, améliorer leur compétitivité et conquérir de nouveaux marchés… Mais rien n’est  fait.

     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc