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    Economie

    Mission du FMI au Maroc: Miser sur les PME pour résorber le chômage

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5488 Le 04/04/2019 | Partager
    L'urgence de relancer la dynamique de l'entrepreneuriat
    Le pays doit améliorer l'accès au financement et au système éducatif
    La réforme fiscale devrait rendre l’impôt plus favorable à la croissance
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    Pour Nicolas Blancher, chef de la mission du FMI au Maroc, «toutes les conditions sont réunies pour que le pays poursuive la réforme du régime de change de façon graduelle et ordonnée. Cela permettra de rendre l’économie mieux à même d’absorber les chocs extérieurs et préserver sa compétitivité» (Ph. Bziouat)

    L’économie marocaine est devenue plus résiliente. C’est l’une des principales conclusions de la mission du FMI au Maroc, qui s’est étalée sur la période allant du 19 mars au 3 avril dernier. Le chef de mission, Nicolas Blancher, a expliqué que cela est lié au fait de «la poursuite de politiques macroéconomiques prudentes et de réformes structurelles». Intervenant lors d’une conférence, tenue mardi dernier à Rabat, il a mis l’accent sur «l’amélioration de la gestion budgétaire et la diversification de l’économie marocaine». Cependant, le niveau de chômage reste préoccupant, particulièrement parmi les jeunes. D’où l’importance, selon le FMI, «de continuer à promouvoir une croissance plus élevée, durable et plus inclusive». La création d’un nombre plus important de nouveaux postes passe par la relance de la dynamique d’entrepreneuriat. «Partout dans le monde, la plupart des emplois sont créés par les PME», a expliqué Blancher. D’où la nécessité, selon lui, de créer un environnement où ces entreprises peuvent prospérer et créer des emplois. Cette dynamique doit faire face à certaines contraintes, déjà pointées par différentes études réalisées par le FMI. Elles concernent l’éducation et la préparation des ressources humaines, l’accès au financement, ainsi que l’environnement des affaires et la situation du marché de l’emploi. Le chef de la mission de cette institution de Bretton Woods a précisé que certaines réformes structurelles ont été déjà engagées. Aujourd’hui, l’essentiel est d’accélérer leur mise en œuvre. L’objectif est «d’accroître les gains de productivité, créer davantage d’emplois et rehausser le potentiel de croissance».
    Pour ce qui est des indicateurs macroéconomiques, le taux de croissance en 2018 a atteint 3%, au moment où l’inflation a augmenté pour atteindre 1,9%. Pour cette année, le taux de croissance devrait se stabiliser, notamment grâce à une reprise de l’activité non agricole. A moyen terme, elle devra atteindre 4,5%, avec la poursuite des réformes structurelles. Mais cette évolution reste menacée par des risques liés à la conjoncture dans les pays avancés et émergents, ainsi qu’aux prix des produits énergétiques et à la volatilité des marchés financiers mondiaux. De son côté, le déficit des échanges extérieurs courants est également en hausse en 2018, pour atteindre 5,4% du PIB. Sur ce point, Blancher a pointé l’impact d’une série de facteurs exogènes. C’est le cas notamment des fluctuations des prix du pétrole et la baisse des dons des pays du Golfe. Le déficit budgétaire, quant à lui, a été conforme à l’objectif révisé des pouvoirs publics, soit 3,7% du PIB en 2018. Pour cette année, le gouvernement ambitionne de maintenir le même niveau, hors recettes de privatisation.

    Filets sociaux

    Le FMI a envoyé des signaux positifs concernant les réflexions en cours pour la refonte du modèle de développement, à l’issue d’une mission d’une semaine au Maroc. Au-delà des aspects économiques, l’un des principaux piliers du modèle de croissance doit concerner le renforcement des filets sociaux. Pour Nicolas Blancher, «un meilleur ciblage des programmes sera essentiel pour en améliorer l’impact et réduire les inégalités». En matière de réforme de la compensation, l’essentiel a été fait avec la décompensation des hydrocarbures, a-t-il estimé. La poursuite de ce processus, notamment pour des produits comme le gaz butane ou le sucre, n’est pas un besoin urgent pour les équilibres macroéconomiques, selon les déclarations du chef de la mission du FMI au Maroc. La mise en œuvre de la phase suivante de cette réforme est conditionnée par une série de prérequis. En tête, «s’assurer que l’impact soit amorti par un meilleur ciblage, notamment par l’établissement d’un registre social unifié».

    La mission du FMI a également insisté sur l’importance de la réforme fiscale dont les contours seront tracés après les Assises prévues en mai prochain. Cela devrait «rendre l’impôt plus efficient, plus équitable et plus favorable à la croissance». La

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    décentralisation budgétaire a été également saluée par les membres de cette mission, qui ont souligné l’importance de garantir la bonne gouvernance et la transparence au niveau local.
    Pour ce qui est de la réforme du régime de change, Nicolas Blancher a expliqué que «tout est prêt pour passer à la 2e phase. Cela ne crée pas de risques supplémentaires pour l’économie marocaine». Il a précisé qu’il n’y a aucune divergence sur les fondamentaux. D’autant que le Maroc a entamé ce virage en position de force, sans subir de pression, a-t-il indiqué. «Nous considérons que toutes les conditions sont réunies pour que le pays poursuive cette réforme graduellement et de façon ordonnée», a-t-il ajouté. L’idée est de «rendre l’économie mieux à même d’absorber les chocs extérieurs et préserver sa compétitivité».

     

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