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    Economie

    Fintech: Les bons conseils du FMI aux émergents

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5474 Le 15/03/2019 | Partager
    L'usage des nouvelles technologies peut soutenir la croissance
    «La priorité aujourd’hui est de créer un environnement qui favorise l’innovation»
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    Tobias Adrian, conseiller financier et directeur du département des Marchés monétaires et de capitaux au FMI (Ph. Bziouat)

    - L'Economiste: Quels sont les principaux objectifs que vous vous êtes assignés avec le Programme Fintech de Bali?

    - Tobias Adrian: La volonté du Fonds monétaire international est de pousser les gouvernements à s’intéresser au secteur des fintechs et à prendre des décisions politiques bien mûries. Nous n’avons pas de prescriptions à leur donner parce que le sujet est nouveau et complexe. Mais, nous voulons leur offrir toutes les informations à prendre en considération lorsqu'ils établiront leur cadre de politique.

    - En quoi la révolution numérique peut-elle être une aubaine pour les économies de la région?
    - C’est tout l’espoir que nous portons. Dans certains pays, nous avons vu que les nouvelles technologies peuvent avoir un effet positif sur la croissance parce que les services financiers et le crédit sont plus accessibles à un grand nombre. Est-ce en mesure d'influer sur la courbe du chômage? C’est possible, mais nous n’avons aucune certitude. Ce que nous savons, c’est qu’il faut plus d’investissement, d’efficacité dans les politiques publiques et plus de demande agrégée pour stimuler la croissance. L’usage des nouvelles technologies dans le secteur de la finance peut aider à atteindre ces objectifs.

    - Sur quels leviers les économies doivent-elles agir pour tirer meilleur profit de ces technologies?
    - Je pense que la priorité aujourd’hui est de créer un environnement qui favorise l’innovation. L’on ne peut bénéficier des nouvelles technologies que si le cadre légal et réglementaire est favorable. Avoir une approche qui tient compte des particularités des fintechs est importante. Les banquiers centraux cherchent à comprendre comment fonctionnent ces acteurs. C’est déjà une bonne nouvelle.

    -  L’essor des fintechs requiert l'existence d'un bassin de compétences. Or, l’inefficience du système éducatif et de formation est souvent blâmé...
    - Le niveau d’éducation est très important pour soutenir la croissance. Il est en même temps essentiel de créer un environnement qui aide les PME à se développer et encourage les initiatives individuelles. Il faut toute une combinaison de facteurs pour créer une dynamique porteuse. Aux Etats Unis et en Asie par exemple, le capital risque est très développé. Ce sont souvent des entrepreneurs qui ont eu du succès qui réinvestissent dans les startups et qui aident les jeunes entrepreneurs à développer leurs projets. Il n’y a pas un seul facteur de succès.

    - Quel regard porte le Fonds sur l’exploitation des données?
    - Les pays ont des approches différentes sur les données personnelles. En Europe, les fintechs peuvent accéder aux données bancaires des clients qui les y autorisent et les banques sont tenues de les partager. Ce n’est pas le cas dans des pays comme les Etats Unis et la Chine. Les firmes technologiques chinoises octroient des crédits ce qui n’est pas possible pour leurs homologues américaines. Il y a une très grande hétérogénéité entre les modèles et il est trop tôt pour savoir lesquels sont les plus efficaces. Nous sommes encore dans une phase d’expérimentation.

    Propos recueillis par Franck FAGNON

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