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    Economie

    Le prix du poulet repart à la hausse

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5473 Le 14/03/2019 | Partager
    Il se négocie entre 10,50 et 11 DH contre 9 DH la semaine dernière
    La filière reste plombée par la surcapacité
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    Les éleveurs de poulet commencent à respirer. Après une période de baisse, les prix ont repris depuis lundi 11 mars. Le poulet vif départ ferme se vend entre 10,50 et 11 DH contre 9 DH depuis quelques mois. Mais les producteurs sont encore loin du seuil de rentabilité qui est de 12 DH. Les cours vont-ils continuer d’augmenter? Personne ne peut parier sur cette hypothèse.

    «Les professionnels sont habitués à ce genre de remontée des prix. Celle-ci intervient chaque fois que la surproduction est absorbée», explique Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa). Il s’agit plutôt d’une correction technique. Difficile donc de se prononcer sur les tendances du marché à court terme.

    «Depuis quelque temps, les éleveurs produisent à perte. Mais puisqu’ils ont réalisé des investissements, ils ne peuvent se retirer. Les prix ne pourront remonter qu’avec le retour de la demande», déclare Karim Noureddine, consultant en nutrition animale et ex-président de l’Association des fabricants d’aliments composés (AFAC). Certains professionnels ne sont pas optimistes car ils redoutent la sécheresse qui pourrait freiner la reprise.

    En tout cas, le secteur continue de pâtir de la suroffre qui tire toujours les prix vers le bas. Les consommateurs qui évitaient les viandes rouges au pic de la récente crise de la fièvre aphteuse ne se sont pas déportés vers celle du poulet. Rien dans l’évolution des prix ne le laisse supposer.

    Par ailleurs, la baisse des prix a poussé certains producteurs à retarder la vente de leur production. Ce qui a entraîné l’engraissement du poulet autour de 3 kg contre les 2 kg recommandés par la Fédération et donc l’arrivée sur le marché d’une plus grosse quantité de viande blanche. Cette surabondance exerce une pression sur les cours du poulet à la baisse.

    De l’avis des professionnels, la consommation moyenne de viande blanche au Maroc reste tout de même soutenue. Elle est estimée à 20 kg par habitant et par an, contre une trentaine de kilos en moyenne dans les pays industrialisés et autour de 2 kg à peine en Afrique. Avec 22% de la population mondiale, les pays avancés consomment autour de 50% de la production de volaille estimée à 70 millions de tonnes, dont 85% de poulet. L’Afrique n’en accapare que 9%.

    L’étroitesse du marché marocain a poussé des opérateurs à prospecter en Afrique subsaharienne. Depuis cinq ans, le Maroc y exporte des œufs à couver, des poussins ainsi que des produits de charcuterie. Trois opérateurs marocains se sont même délocalisés pour produire des poussins. Il s’agit des sociétés Eddik (Mauritanie et Mali) et de Zalagh (Sénégal et Côte d’Ivoire). Quant au groupe Okkaha, il s’est installé en Mauritanie.

    En 2018, la Fédération a effectué une caravane commerciale au Ghana, au Bénin et au Togo à la tête d’une cinquantaine d’opérateurs. D’autres missions commerciales ont été réalisées au Rwanda, en Ethiopie et au Burkina Faso. Pour favoriser les exportations en Afrique subsaharienne, des milliers de techniciens africains bénéficient chaque année d’une formation dispensée par le centre de formation au niveau du zoopole de Casablanca.

    Une structure dont la création a nécessité un budget de 60 millions de DH et gérée par l’Amazo, un groupement de trois associations professionnelles spécialisées dans la production de viande rouge, de lait et l’aviculture. Entre 2015, date d’ouverture du centre, et 2018, 10.000 techniciens marocains et subsahariens de diverses filières ont été formés.

    Une mise à niveau bloquée par l’Intérieur

    Il y a quelques mois, les ministères de l’Industrie et de l’Intérieur avaient ouvert le chantier de mise à niveau des «riachas». Un travail qui a débouché sur l’élaboration du cahier des charges des abattoirs de proximité. Le programme consiste à soutenir 15.000 «riachas» pour le réaménagement de leurs locaux, leur branchement à l’eau courante. Le dispositif prévoit également des visites médicales périodiques obligatoires. Un budget de 30.000 DH par personne a été fixé. Le dossier a été transmis à l’Intérieur il y a environ 8 mois. Depuis, c’est le silence radio.

    Hassan EL ARIF

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