Edition spéciale 8 Mars

Jaylane Tmimi: Du crowdfunding pour booster les femmes rurales

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5469 Le 08/03/2019 | Partager
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Qu’elles soient femmes au foyer, femmes rurales, ou artisanes, elles travaillent très durement, cependant ce sont trop souvent les intermédiaires qui bénéficient du marché des produits. Jaylane Tmimi, 28 ans, chargée de communication et ressources humaines chez Travel Link, sensible au sort de ses consoeurs, veut mettre à profit son expérience dans le monde du travail pour les «désenclaver».

«Mon projet est de mettre à la disposition des femmes rurales mes compétences «modernes» afin de créer le maillon manquant dans leur système de distribution: en les mettant en relation avec des clients directs, distributeurs et dans un futur proche en créant un site internet». Pourtant, la femme rurale peut être un véritable vecteur de développement pour les zones enclavées. Il suffit de la soutenir et l’accompagner dans ses activités.

D’où la naissance de Assafou Association, en 2011, créée avec l’objectif  de monter des projets socio-éducatifs dans la région de Marrakech-Safi qui vont bénéficier aux femmes. Soutenue par l’agence de voyage Travel Link et ses partenaires étrangers, l’association intervient dans trois domaines différents mais complémentaires: l’éducation préscolaire et la formation (femmes, filles, éducateurs et acteurs sociaux) dans les zones rurales, l’environnement et protection du patrimoine local et la participation au développement du tourisme durable.

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Sur le terrain, Assafou a rapidement réalisé que la priorité est à l’éducation et à la professionnalisation des femmes dans le milieu rural. Pour plus de pragmatisme, Assafou fait appel à la générosité de ses partenaires pour une levée de fonds à destination des coopératives d’Agounsen et de Marigha. Les fonds collectés ont permis aux femmes de réparer le matériel, acheter des matières premières afin de relancer la production et améliorer leurs canaux de distribution.

Côté éducation,  l’association a financé de nombreux projets de développement dont 11 centres préscolaires dans la région d’El Haouz. Entre 2017 et 2018, les 11 centres ont scolarisé 144 garçons et 147 filles entre 3 et 5 ans. De leur côté, les femmes et jeunes filles des villages de la région ont bénéficié de formations d’alphabétisation  et d’un programme de formation de broderie ou de couture pour leur apprendre un métier.

Ainsi, les femmes vendent tapis et autres produits artisanaux, fruits de leur travail via les coopératives d’Agounsen et de Marigha. Les femmes ont adhéré à cette démarche d’émancipation: elles s’éduquent, apprennent un métier, et deviennent autonomes. Aussi leur rôle au sein du foyer devient prédominant et elles ont un impact positif sur l’éducation de leur enfant.

Aider la femme rurale a changé toute la dynamique économique et sociale du village.  Les prochains challenges à court terme sont l’accompagnement de ces femmes vers des canaux de distributions modernes: ventes directes, via des marques et plus prochainement sur internet.  Ce dernier point est primordial dans la mesure où il est compliqué dans ces régions éloignées de vendre et écouler le stock existant. En l’absence d’acheteur,  le projet de coopérative est voué à l’échec.

B.B.

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