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    La R&D pour améliorer l’assainissement liquide

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5466 Le 05/03/2019 | Partager
    Le chantier majeur des collectivités locales pour les prochaines années
    La pollution cause 16% des décès prématurés dans le monde
    500.000 m3 d’eaux usées par jour générées par les communes rurales marocaines
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    D’ici 2025, selon l’OMS, plus de la moitié de la population mondiale vivra dans des régions soumises au stress hydrique. Aujourd’hui encore, 844 millions de personnes ne disposent pas d’un service de base d’alimentation en eau potable

    Près de 2,6 milliards de personnes dans le monde boivent de l’eau provenant d’une source contaminée par les eaux usées. Les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mettent en évidence le problème de l’accès à l’eau potable dans beaucoup de pays en voie de développement. Résultat, selon la même source, plus de 800 enfants meurent chaque jour pour des raisons liées à un mauvais assainissement et à la mauvaise qualité de l’eau qui en résulte.

    Un fait responsable de la propagation de maladies comme la diarrhée, le choléra et la dysenterie. Le scientifique Gabriel Filippelli du Centre de santé urbaine de l’Université de l’Indiana et de l’Université Purdue d’Indianapolis a d’ailleurs déclaré à la National Science Foundation que «la pollution cause 16% des décès prématurés dans le monde, une statistique qui révèle notre incapacité à affronter les causes de la maladie.

    Au lieu de ça, nous avons tendance à nous concentrer sur les symptômes. La situation est aggravée par le fait que 92% de ces décès liés à la pollution se produisent dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire».

    Le plus rageant est que, toujours selon l’OMS, le retour sur chaque dollar US investi dans les services de l’eau et de l’assainissement serait de 4,3 dollars, estimant également que le PIB mondial augmenterait de 1,5%. Des bénéfices tirés de la baisse des dépenses sur la santé pour les personnes et la société, de l’augmentation de la productivité et d’une meilleure implication au travail des personnes grâce à un accès aux installations améliorées.

    En zoomant sur le Maroc, ces chiffres se constatent sur le terrain. En effet, le secteur d’assainissement rural a longtemps souffert d’insuffisances de collecte et de dépollution des eaux usées, pénalisant aujourd’hui le développement économique et social du pays. La population rurale marocaine pèse plus de 15 millions de personnes réparties dans 32.000 villages et sites décentralisés.

    Selon le HCP, l’assainissement dans ces localités est seulement de 11%, en tenant compte simplement des systèmes améliorés (fosses septiques et latrines). Le gros des eaux usées domestiques finit donc directement dans la nature sans aucun traitement préalable.

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    La population rurale marocaine pèse plus de 15 millions de personnes réparties dans 32.000 villages et sites décentralisés. Selon le HCP, l’assainissement dans ces localités est seulement de 11%, en tenant compte simplement des systèmes améliorés (fosses septiques et latrines)

    «Elles contiennent de nombreuses toxines, comme les produits chimiques et les bactéries, ou même les salmonelles et le choléra. Elles ont une forte teneur en azote et en phosphore et polluent les nappes souterraines. Les moustiques prolifèrent dans les flaques d’eaux usées et transmettent des maladies aux humains», explique l’innovant chercheur, Lahbib Latrach. Alors l’assainissement liquide est devenu un des chantiers majeurs des collectivités locales pour les prochaines années.

    «D’autant que le Programme national d’assainissement liquide et d’épuration des eaux usées dispose d’une belle enveloppe à cet effet», continue le chercheur. Un budget à disposition des communes rurales qui génèrent un rejet d’eaux usées estimé à 500.000 m3 par jour, ainsi que des quantités importantes de boues provenant des fosses septiques.

    L’absence du réseau public, le manque de stations d’épuration, l’absence de contrôle et de sensibilisation à l’environnement contribuent à la propagation des maladies hydriques, à la dégradation du paysage et à la contamination des eaux superficielles et souterraines causées par le rejet direct des eaux usées brutes dans le milieu naturel.

    Pourtant, la loi est là mais l’analyse du cadre juridique de l’assainissement autonome souligne la grande dispersion des textes. Toute la règlementation, dans cette matière, est à rechercher dans des dispositions fragmentaires qui sont intégrées, soit à des législations régissant l’hygiène publique, le régime des eaux, l’urbanisme et les établissements classés, soit à des règlements de voiries locaux. Mettre en vigueur les décrets d’application de la loi reste un défi.

    J.A.

     

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