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    Algérie: Des relents de printemps arabe

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5460 Le 25/02/2019 | Partager
    Des manifestations contre le 5e mandat de Bouteflika
    Une jeunesse qui promet une mobilisation continue
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    Principalement portées par les jeunes, les manifestations qui ont débuté vendredi dernier se poursuivent dans plusieurs villes du pays. A Alger la capitale, les rassemblements sont interdits depuis 2001 (Ph. Mouwatana)

    Serait-ce la goutte qui a fait déborder le vase? La mobilisation contre le 5e mandat brigué par le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, ne faiblit pas. De Annaba dans le nord-Est à Béjaïa et Tizzi-Ouzou en Kabylie, de Sétif à l'Est à Tiaret et Oran à l'Ouest, et enfin Alger,  la capitale: toutes les villes du pays  font l'objet de rassemblements d'ampleurs diverses depuis vendredi 22 février. 

    Des pancartes affichant un numéro «5» barré en rouge, des slogans visant à la fois le président sortant Bouteflika, son frère Saïd, souvent perçu comme son successeur potentiel, et le premier ministre Ahmed Ouyahia, donnent à ces localités des airs de «printemps arabe» A Alger, où les manifestations sont interdites depuis 2001, des heurts ont éclaté, entre les autorités et les manifestants.

    Tirs de gaz lacrymogènes contre  jets de projectiles et de pierres, un total de 41 personnes ont été arrêtées,  dont 38 à Alger, la veille du week-end. Un nombre relativement faible, selon les observateurs, qui laisserait penser que le pouvoir veut éviter une escalade. Celle-ci pourrait bien venir du tonitruant Rachid Nekkaz.

      L’homme d’affaires, natif de France,  qui a déclaré sa candidature à la présidence, suscite, en effet,  une stupéfiante adhésion. Amateur de buzz ou agitateur professionnel venu de Paris, selon les autorités, porteur d’espoir selon une jeunesse algérienne en quête de rupture,  le «phénomène Nekkaz» symbolise toute l’effervescence qui règne depuis le début de l’année en Algérie.

    Les autorités ont d’ailleurs sommé l’agitateur à quitter le territoire algérien après avoir été gardé pendant 24 heures en résidence surveillée. Alors que le mouvement «Mouwatana»  appelle à maintenir la pression continue, les réactions des partis politiques restent plutôt prudentes. Ali Ghediri, ancien général candidat à l’élection, écrit: «Il appartient aux autorités de se hisser au niveau de conscience politique dont le peuple a fait preuve».

    Réaction similaire au RCD, le parti d’opposition, qui appelle à un dialogue «piloté par une commission de sages». Mais du côté des autorités, rien ne change pour le moment. Au cours d’un meeting à Oran, Mouad Bouchareb, le leader du FLN, a affirmé d’une manière assez cynique: «Nous disons à ceux qui appellent au changement, faites de beaux rêves». V

    ictime en 2013 d'un accident vasculaire cérébral (AVC) qui l'a depuis cloué dans un fauteuil roulant, Abdelaziz Bouteflika, quant à lui, n'apparaît que rarement en public. Alors que le président est attendu à Genève, dimanche 24 février, «pour «effectuer ses contrôles médicaux périodiques», le pouvoir en place doit s’attendre à une longue confrontation.

    A en croire les animateurs des nombreuses associations à l'origine des appels à manifester diffusés sur les réseaux sociaux, le mouvement ne fait que commencer. «Cette mobilisation est extraordinaire et il faut désormais l'inscrire dans la durée», confie Abdelouahab Fersaoui, président du Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), dont le dernier rapport, publié en octobre 2018, indiquait que tous les ingrédients d'une «explosion sociale» étaient réunis.

    A.Bo

     

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