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    FAO: Menaces sur la biodiversité

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5460 Le 25/02/2019 | Partager
    Si cruciale pour l’alimentation et l’agriculture
    Ce qui est perdu ne peut être récupéré
    Pollution, surexploitation et surpêche, urbanisation… les causes

    Une fois perdue la biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture (soit toutes les espèces qui sous-tendent les systèmes alimentaires et soutiennent les personnes qui cultivent et/ou produisent la nourriture) ne peut plus être récupérée. C’est ce que prévient un nouveau rapport(1) de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

    «Cette perte compromet notre capacité à alimenter et à nourrir une population mondiale en croissance constante. Cela réduit notre efficacité face aux défis croissants du changement climatique et limite notre capacité à cultiver sans nuire à l’environnement», a indiqué José Graziano da Silva, directeur général de la FAO. «Moins de biodiversité signifie que les plantes et les animaux sont plus vulnérables aux parasites et aux maladies…», ajoute-t-il.

    Le rapport qui cite plusieurs cas dont celui du Maroc, montre que l'urbanisation constitue l'une des menaces. Il note aussi que l'expansion rapide de la population dans des zones riches en biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture, l'élimination du sable et des roches de sites tels que les dunes côtières et les lits d'oueds destinés à la construction entraînent la perte d'habitats et des espèces qu'ils abritent. En Egypte, la hausse des températures entraînera des déplacements vers le nord des aires de répartition des espèces de poissons, avec des répercussions sur la production halieutique.

    La nouvelle étude souligne la réduction de la diversité végétale dans les champs des agriculteurs, l’augmentation du nombre de races d’élevage menacées de disparition et la hausse de la proportion de stocks de poissons surexploités. Sur quelque 6.000 espèces de plantes cultivées à des fins alimentaires, moins de 200 contribuent de manière substantielle à la production alimentaire mondiale et neuf d'entre elles seulement représentent 66% de la production agricole totale.

    La production animale mondiale repose sur environ 40 espèces animales, dont une poignée seulement fournit la grande majorité de la viande, du lait et des œufs. Sur les 7.745 races de bétail locales répertoriées par pays dans le monde, 26% sont menacées d'extinction.

    Près du tiers des stocks de poisson sont surexploités et plus de la moitié ont atteint leur limite de résistance.

    Les espèces alimentaires sauvages et de nombreuses espèces contribuant aux services écosystémiques essentiels à l'alimentation et à l'agriculture, notamment les pollinisateurs, les organismes du sol et les ennemis naturels des parasites, disparaissent rapidement.

    Par exemple, les pays signalent que 24% de quelque 4.000 espèces d'aliments sauvages (principalement des plantes, des poissons et des mammifères) diminuent fortement. Mais la proportion des aliments sauvages en déclin serait encore plus importante, car l'état véritable de plus de la moitié des espèces d'aliments sauvages signalées est inconnu.

    Le plus grand nombre d'espèces d'aliments sauvages en déclin est signalé dans des pays d'Amérique latine et des Caraïbes, suivis de pays situés en Asie-Pacifique et en Afrique. Cela s’expliquerait peut-être par le fait que les espèces d'aliments sauvages sont davantage étudiées et /ou font l'objet de plus de rapports dans ces pays que dans d'autres.

    De nombreuses espèces associées à la biodiversité sont également gravement menacées. Elles comprennent les oiseaux, les chauves-souris et les insectes qui contribuent à contrôler les parasites et les maladies, la biodiversité des sols et les pollinisateurs sauvages, tels que les papillons, les abeilles, les chauves-souris et les oiseaux.

    Les forêts, les pâturages, les mangroves, les herbiers marins, les récifs coralliens et les zones humides en général (des écosystèmes essentiels qui fournissent de nombreux services à l'alimentation et à l'agriculture et abritent d'innombrables espèces) connaissent également un déclin rapide.

    Les principaux facteurs de la perte de la biodiversité alimentaire et agricole, cités par la plupart des pays déclarants, sont les changements dans l'utilisation et la gestion des terres et de l’eau, suivis par la pollution, la surexploitation et la surpêche, le changement climatique, la croissance démographique et l'urbanisation.

    Dans le cas de la biodiversité associée, alors que toutes les régions signalent l'altération et la perte de l'habitat comme une menace majeure, les autres facteurs clés varient d'une région à l'autre. Ce sont la surexploitation, la chasse et le braconnage en Afrique; la déforestation, les changements dans l'utilisation des terres et l'intensification de l'agriculture en Europe et en Asie centrale; la surexploitation, les parasites, les maladies et les espèces envahissantes en Amérique latine et dans les Caraïbes. Outre la surexploitation au Proche-Orient et en Afrique du Nord et la déforestation en Asie.

    Des pratiques recommandées

    Le rapport cite quelques pratiques et approches respectueuses de la biodiversité. Plusieurs pays ont mis en place des cadres juridiques, politiques et institutionnels pour son utilisation durable et sa conservation… Mais ils sont souvent inadéquats ou insuffisants. Les possibilités de développer plus de marchés pour des produits respectueux de la biodiversité pourraient être explorées davantage. Les experts soulignent également le rôle que le grand public peut jouer dans la réduction des pressions sur cette biodiversité. Les consommateurs devraient être en mesure d’opter pour des produits cultivés de manière durable, d’acquérir directement sur les marchés des producteurs ou de boycotter les aliments considérés comme non durables. Dans plusieurs pays, les «citoyens scientifiques» jouent un rôle important dans la surveillance et à faire avancer la recherche. 

    Fatim-Zahra TOHRY

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    (1) Le rapport a été élaboré par la FAO sous la direction de la Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture. Il s’appuie sur les informations fournies spécifiquement pour son élaboration par 91 pays et sur l'analyse des dernières données mondiales.

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