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    Economie

    Agriculture: Plus de 15 milliards de DH programmés pour 2019

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5459 Le 22/02/2019 | Partager
    Les filières de production et l’irrigation recevront la plus grosse partie
    104 milliards de DH injectés en 10 ans
    Passer d’une agriculture vivrière à un secteur productif à haute valeur ajoutée
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    En 10 ans du Plan Maroc Vert, pas moins de 104 milliards de DH ont été investis dans les différentes filières du secteur agricole tant par l’intermédiaire de l’Etat (40%) que par le privé (60%)

    Quelque10,76 milliards de DH seront consacrés au volet agricole sur les 19,33 milliards du budget destiné au département de l’Agriculture au titre de l’année en cours. Soit une augmentation de 7% par rapport à 2018. Ce sont les filières de production agricole et les investissements dans l’irrigation qui recevront la plus grosse part de ce budget avec respectivement 5,34 milliards de DH (+8%) et 4,36 milliards de DH (+7%).

    Globalement, une enveloppe budgétaire de 15,8 milliards de DH sera mobilisée pour les investissements. Ces derniers seront répartis entre les départements de l’Agriculture et du Développement rural (3,73 milliards de DH, en hausse de 3%) et des Eaux et Forêts (1,32 milliard de DH, en hausse de 7%).

    En 10 ans du Plan Maroc Vert, pas moins de 104 milliards de DH ont été investis dans les différentes filières du secteur agricole tant par l’intermédiaire de l’Etat (40%) que par le privé (60%).

    Arrivant à échéance en 2020, le Plan Maroc Vert voudrait conclure sur une touche positive à même de consacrer le Développement de l’agriculture en tant qu’objectif réalisé malgré les caprices de la météo et les contraintes qui se dressent encore. En d’autres termes, passer d’un statut d’agriculture vivrière à celui de secteur productif à haute valeur ajoutée.

    Chaque dirham alloué au titre de subvention génère 2,4 DH d’investissements

    Pour cela, le rôle de l’Etat reste aussi primordial que déterminant autant que celui du privé. La tâche est donc confiée au Fonds de développement agricole (FDA). A charge pour cet organisme de gérer au mieux les subventions destinées aux différents projets agricoles. Il dispose, au titre de l’année  2019, d’un budget global de 3,66 milliards de DH (+8%).

    Sur ce montant, 3,06 milliards de DH iront aux aides et subventions, en augmentation de 9% par rapport à l’année dernière. Selon un agronome-économiste, chaque dirham alloué au titre de subvention génère 2,4 DH d’investissements.

    Ce n’est donc pas un hasard si le budget 2019 du FDA soit essentiellement concentré sur la création de valeur ajoutée agricole: importantes hausses des investissements dans la production de semences sélectionnées (350 millions de DH, +50%), encouragement des exportations agricoles (170 millions de DH, +55%) et soutien aux unités de valorisation agricole (150 millions de DH, +58%). Cela, en plus des augmentations budgétaires destinées à l’appui des actions menées dans le cadre du contrat-programme de l’industrie agroalimentaire. Cette dernière a drainé, au cours du 1er semestre de l’année 2018, un investissement global de 840 millions de DH pour la réalisation de 50 projets.

    En outre, le FDA va consacrer, en 2019, une enveloppe budgétaire de l’ordre de 1,67 milliard de DH aux projets d’équipement en irrigation au goutte-à-goutte.

    Le département de tutelle veut ainsi consolider les acquis d’une décennie de Plan Vert tout en créant de nouvelles activités génératrices d’emplois et de revenus. Aussi, 10 années après sa mise en œuvre, ce plan a fait l’objet, durant les dernières semaines de 2018, d’un processus d’évaluation.

    Le but étant de définir la stratégie qui sera mise en place en 2019 et 2020 pour les dimensions régionale et territoriale de tout le plan. Une stratégie qui doit être réalisée selon une orientation définie au préalable.

    C’est pour cette raison que s’est imposée, de facto, une révision en profondeur de tout le système d’aide au secteur agricole. Cette révision devrait permettre d’apporter des améliorations au rôle initialement défini  de ce système dans l’encouragement des investissements dans l’ensemble des filières de production agricole.

    Aussi, de nouvelles aides ont été mises en place conformément aux dispositions des engagements pris par l’Etat dans le cadre des contrats-programmes signés avec les interprofessions représentant les principales filières de production. Du coup, les indicateurs du secteur agricole ont commencé, tant bien que mal, à s’afficher au vert.

    Les investissements publics dans les équipements agricoles, les infrastructures et autres programmes transverses ont atteint 75 milliards de DH à fin 2017. Première retombée économique: une croissance de 5,25%  en moyenne par an et un PIB agricole de 60% atteignant 125 milliards de DH sur les 10 dernières années.

    Mieux encore: les volumes à l’export ont doublé, enregistrant une valeur de 33 milliards de DH en 2017. Seule touche négative: la hausse cumulée de 117% des exportations n’a pas eu d’effets positifs sur la balance alimentaire restée déficitaire d’environ 20 milliards de DH à cause du poids des achats de céréales et d’autres produits alimentaires à forte valeur ajoutée.

    Autre effet positif de la stratégie agricole, un important impact sur la création d’emplois. «Le secteur agricole y a contribué à raison de 40% au niveau national. Il a procuré 250.000 postes de travail supplémentaires», est-il indiqué auprès du ministère de tutelle.

    D’autre part, la couverture des besoins en fruits et légumes est totalement assurée par la production locale. Idem pour les viandes rouges et blanches et le lait. Seuls les besoins en céréales et en sucre ne sont assurés qu’à raison de 50%.
    Le revenu annuel moyen des fellahs est passé de 5.400 DH par personne en 2008 à 9.500 DH en 2018.

    Les jeunes et la classe moyenne agricole

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    Les années 2019 et 2020, les deux dernières du Plan Maroc Vert, seront-elles prioritairement réservées aux jeunes ruraux? Le département de l’Agriculture veut œuvrer «à l’émergence d’une classe moyenne agricole» dont les jeunes ruraux seront au centre.
    Pas moins d’un million d’hectares de terres agricoles seront ainsi mobilisées au profit des jeunes agriculteurs. Les services du ministère ont déjà démarré l’opération d’identification de ces terres, en collaboration avec les départements ministériels concernés, selon une source du département de l’Agriculture. Et aussi à recenser les types de cultures à y pratiquer et à définir les mécanismes de financement et d’accompagnement des projets.

    Jamal Eddine HERRADI

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