Culture

Théâtre: Le chômage mis en scène

Par Karim Agoumi | Edition N°:5458 Le 21/02/2019 | Partager
La comédie «Khedmouni» revient le 22 février prochain au Studio des Arts Vivants
L’auto-dérision et la réalité des entretiens d’embauche comme toile de fond
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Sensibiliser les jeunes sur la dure réalité du chômage à travers l’humour et la mise en scène. C’est le concept particulièrement original de la pièce «Khedmouni» qui sera jouée le 22 février prochain au Studio des Arts Vivants. Une comédie hilarante qui a déjà été jouée à deux reprises en l’espace de quelques semaines (Ph. EFE-Maroc)

Sensibiliser sur les difficultés des jeunes d’aujourd’hui à mettre la main sur un job et leur livrer les clés pour changer la donne par le biais de l’humour et de la mise en scène. C’est le concept particulièrement original et recherché de la comédie sociale «Khedmouni» qui sera jouée le 22 février prochain au Studio des arts vivants à Casablanca.

Une pièce inédite de la troupe 19H Théâtre et de la Fondation marocaine de l’éducation pour l’emploi (EFE-Maroc) qui en est déjà à sa troisième représentation en l’espace de quelques semaines.

Pitch: Azzedine est un jeune chômeur marocain perdu dans sa recherche d’emploi. Freiné par son manque d’expérience, son impatience, sa frustration et sa naïveté, il ne parvient pas à décrocher un poste et ne réalise pas ce qui ne fonctionne pas dans sa démarche. Une quête dans laquelle beaucoup se reconnaîtront et qui le placera dans des situations particulièrement hilarantes, pour le plus grand plaisir du public.

Une comédie jouée avant tout pour sensibiliser le spectateur sur la réalité du chômage actuel et sur le gouffre existant entre l’offre et la demande. Mais pas seulement. La pièce délivre subtilement aux jeunes des conseils avertis en matière de recherche d’emploi. Parmi ces derniers notamment, participer activement aux forums, évoquer ses réussites passées, mettre en avant ses talents ou encore soigner son CV.

Autre but visé et non des moindres, pousser les entreprises à élargir leur champ de vision et à accepter de nouveaux types de profils. «Les recruteurs se basent encore trop souvent sur des critères comme le diplôme ou le nom de famille alors que le talent revêt autrement plus d’importance aussi bien en termes de productivité que de créativité», souligne dans ce sens la directrice générale de l’EFE Jihane Lahbabi-Berrada.

Pour faire passer ces messages avec humour, l’auteur de la pièce Youssef Lahrichi n’a pas hésité à recourir à  l’auto-dérision, notamment pour illustrer l’utilisation abusive de la darija durant les entretiens d’embauche.

«La langue de Molière est aujourd’hui capitale sur le marché du travail. Les recruteurs y ont machinalement recours tandis que bon nombre des candidats ne la maîtrisent pas avec aisance», confie la responsable. Beaucoup de scènes sont également directement tirées d’histoires véridiques et de situations qui ont réellement été vécues, ce qui renforce l’identification du spectateur aux personnages.

Une pièce dont l’intégralité des fonds sera reversée à l’EFE-Maroc. L’association, qui fête ce mois-ci son dixième anniversaire, forme près de 12.500 jeunes chaque année à travers le Royaume. Ses programmes de formations et de mentoring ont atteint en 2018 un taux d’insertion professionnelle de près de 85%.

Karim AGOUMI

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